jeudi 3 décembre 2009

Chronique d'une haine peu ordinaire n°12


Arrêtez, s’il vous plait, stop…
Je ne supporte vraiment plus les sourires goguenards qui s’affichent mollement sur les visages blanchâtres des élèves de prépa socialement inadaptés, lorsque j’avoue naïvement être à la fac ! Non ! Non ! Non ! Je me révolte ! J’accuse !
( arg quelle horreur !! je viens de faire une référence à Zola…je me flagellerai un peu, après cet article )
Hum hum bref , oui aujourd’hui je vais donc briser un cliché, la fac n’est pas une sorte d’endroit béni dans lequel des centaines d’étudiants androgynes évoluent à leur gré, euphoriques et à moitié nus.
Non!….ce n’est pas QUE ça. La fac peut aussi être un enfer !
Déjà il faut y parvenir ! C’est un bien périlleux voyage que celui qui mène à la faculté ! D’abord il faut prendre le bus, supporter les parfums immondes et bon marché des lolitas boutonneuses vautrées nonchalamment contre les vitres. Faire fi des visages rougeauds et transpirants des mémères décaties dont la seule vision ferai renoncer n’importe quel mâle normal à l’hétérosexualité.
Puis vient le métro où une horde de boeufs s’entasse joyeusement dans un tube en métal aux lumières vacillantes . Parlerai-je des trajets à pied où l’on slalome prudemment entre les clochards , les journaux gratuits et les déjections canines…
Néanmoins si le voyage est inquiétant, la destination l’est parfois tout autant .
Je m’en vais donc briser un second cliché, non les profs en faculté ne sont pas tous des dieux…
A part un certain prof d’histoire moderne pour qui je prendrais le métro jusqu’en Chine voire plus loin ( it is the Chiron effect !)
Oui en effet, la fac saint Charles regorge d’enseignants tous plus étranges les uns que les autres. Ainsi si vous n’êtes pas prudent vous pourrez accidentellement vous retrouver en face d’une prof de méthodo cherchant à mettre en exergue le burlesque chez Pascal , dans les griffes d’un prof de littérature, spécialiste des allusions sexuelles en tout genre. Ou pire prisonnier d’un cours de PHONOLOGIE arggggg damnation !!!!
Quoi ? Vous ne savez pas ce qu’est la phonologie…veinard va ! La phonologie c’est le degré zéro de l’enseignement, c’est le cauchemar de l’élève de lettres modernes !!!! C’est trois heures de vie perdues, en face d’un enseignant pré pubère qui vous explique avec passion que le FFFFF est une Frrricative et le BBB une occlusive. 180 minutes passées à étudier le SHWA ! Oui le shwa ! Vous ne savez pas ce qu’est le schwa ? Et bien tant mieux pour vous car cette information est à peu prés aussi utile que le vaccin contre la grippe H1N1.
Comment garder son calme ou son sérieux en face d’un prof qui vous postillonne dessus et vous parle de votre palais mou ( le velum pour ceux que ça intéresse).
Qu’est vraiment la phonologie, une matière pour les fétichistes du palais, une secte ? A moins que ce ne soit une façon de punir les élèves de lettres…une manière de leur dire « aha ! tu as délaissé une prépa d’éco pour venir te branler les méninges en littérature hein ? Et bien souffre maintenant, sale oisif bibliophile ! ».
Enfin…que vous dire de plus…la prochaine fois qu’à bord de votre voiture vous apercevrez le beau visage mélancolique d’un élève de lettres modernes, pensez qu’il se dirige peut être vers un cours de phonologie et écrasez-le .

Brünnhilde

samedi 21 novembre 2009

Le ruban blanc - Haneke


Difficile de faire la critique d’un film qui a reçu la Palme d’Or quelques moi auparavant…

Néanmoins, ça me semblait important, justement parce que je ne partage pas forcément l'avis général de la presse.





Réalisation superbe : une photographie très soignée, toujours équilibrée, extrêmement esthétique (ah, la poésie du noir et blanc !) - tout cela me semble indéniable. Il suffit de regarder cette affiche, magnifiquement composée, avec le regard profond de ce jeune garçon qui vous glace en pleine rue et jusque dans les couloirs du métro.

Oui, c’est là l’autre point fort du film : sa distribution. Tous les acteurs, y compris - et surtout - les enfants, sont d’une justesse folle. Poignants et sombres, ils portent véritablement toute l’histoire. Et c’est là où le bât blesse. Servi par des tâcherons aux regards moins troublants, à l’allemand moins délicieux, le film tomberait complètement à plat.

Le scénario pourtant est bien construit, mêmes les rares dialogues sont assez réussis… mais les thématiques du secret dans les petits villages, de la cruauté des enfants, de la rudesse de l’éducation dans les milieux très croyants au début du siècle, tout ça me semble usé jusqu’à la corde. Souvenez-vous du film dont nous vous avons parlé ici même, avec Brünnhilde, il y plus d’un an, Dorothy, dont l’histoire était basée à peu de choses près sur les mêmes éléments.


Rien de neuf, donc, et finalement une intrigue qu’on voit venir de très loin, rarement surprenante. Soit, Haneke ne veut sans doute pas faire dans le polar. Mais alors on aurait espéré un sujet traité avec un peu plus de profondeur, de symbolique… La poésie est là, la lenteur du rythme est bien réussi, mais on a l’impression qu’Haneke ne va pas au fond de son propos, l’exploite superficiellement.
Les psychologies ne sont pas superficielles, bien entendu, mais le mystère, le doute, n’est pas suffisamment déployé, on garde tous nos repères et l’on en sort moins retourné que ce qu’il ne "faudrait".
Sans parler de la fin qui, sur fond de contexte (prétexte) historique, frustre plus qu’elle n’ouvre de porte, plus qu’elle n’interroge profondément.


On aurait pu espérer un film certes peu original mais à la réalisation parfaite qui aurait éclipsé tous ses fades prédécesseur. Ce n'est malheureusement pas le cas.
Tout ce que je livre ici n’est évidemment qu’un ressenti, et l’on pourrait argumenter de façon tout à fait opposée. Seulement, la prédominance de l’esthétique sur l’efficacité se fait ici trop sentir et effleure l’exigeant spectateur , gavé de scenarii ineptes tournant à vide, qui se met à rêver d’un peu plus de fond dans un peu plus de forme.


samedi 24 octobre 2009

1894 - Lorin Maazel

Plus d'un an après l'article de cette chère Brünnhilde sur le roman 1984 de George Orwell, voici son pendant opératique composé par... Lorin Maazel !


Un opéra sur un sujet pareil peut surprendre.
Le livre semble si
proche de nous, si actuel, que sa confrontation avec les clichés de l'opéra (le ténor qui pousse la chansonnette, le chœur de villageois stupides, la madame avec son casque à cornes acclamé pour son contre-ut) dérange quelque peu.
Et pourtant, ce 1984 est une vraie réussite, non seulement par l'adaptation très fidèle et condensée du livret, mais aussi par la qualité de la musique de Maazel et l'interprétation incroyable qui a pu être capturée en DVD - lors de sa création mondiale à Londres en 2005.

Tout d'abord, cet opéra est extrêmement accessible. N'y voyez pas là quelque pédanterie hypocrite, non, je ne pense vraiment pas qu'il soit nécessaire d'être habitué à l'opéra contemporain ou de se lever tous les matins avec le Requiem de Ligeti pour écouter ça.
En réalité, ça se regarde comme un film (certes un peu long, 2h30, mais ce n'est pas non plus excessif).
C'est sa densité et son langage très direct qui le rapproche du cinéma, mais avec quelque chose d'encore plus marquant : la conjugaison de la musique, de la mise en scène et de la performance des acteurs est bouleversante.

La musique de Maazel n'est d'ailleurs pas d'une modernité farouche ; assez frappante au début, peut être un peu rebutante, on s'y habitue très vite tout en restant saisi par ses nombreux effets. Outre son efficacité dramatique (on ne s'ennuie pas une seule seconde !) on remarque des motifs très parlants - Big Broooooother -, des fulgurances, et tout simplement des passages magnifiques, grandes envolées lyriques, comme le duo d'amour au deuxième acte, la séance de stretching ou la toute dernière scène du troisème acte.
L'insertion de chants "populaires" bien tonals au milieu d'une musique torturée (il faut bien que ça colle au sujet...) augmente aussi ce contraste et la puissance de certaines pages, tout en permettant de souffler quelques instants et de créer des ambiances très particulières.

Robert Lepage signe également une mise en scène parfaite, qui colle complètement au livret et en accentue toutes les situations. Les dispositifs scéniques sont en plus assez originaux, avec ces bâtiments pivotants à plusieurs étages, et surtout la conception de la salle 101, tellement évocatrice. En ajoutant que le côté esthétique n'est pas non plus oublié, loin s'en faut, on a du mal à s'en détacher !

Mais c'est du côté des chanteurs que c'est réellement époustouflant : j'ai très rarement vu, aussi bien au théâtre qu'au cinéma (et je pèse mes mots), une prestation aussi engagée que celle de Simon Keenlyside. A ce niveau là ce n'est même plus de l'interprétation, il EST Wilson et l'exprime avec tout son corps sans la moindre retenue. Mais le plus fort, c'est qu'il doit chanter en même temps ! Et là, c'est, comme toujours chez lui, magnifique et brûlant... Une performance qui ne peut pas laisser indifférent
.
Dans le rôle de Julia, on a une Nancy Gustafson un peu plus en retrait, mais bien incarnée elle aussi, sa dernière scène est par exemple vraiment poignante.
Outre ses qualités vocales (le timbre est magnifique, et semble très aisé) Richard Margison est un excellent O'Brien, qui ne tombe jamais dans la caricature du gros méchant, au contraire presque doux, ça ne le rend que plus impressionnant...
Diana Damrau joue deux petits rôles : celui de la prof de gym et de la prostituée, mais qui sont très virtuoses et dans lesquels on sent qu'elle s'éclate complètement. Quelle maîtrise vocale ! Dans le même genre, Brownlee est impressionnant en Syme, les aigus sont magnifiques, même si le jeu reste au second plan.


Bref, un très bon moyen de rentrer dans l'opéra, et plus particulièrement du XXe siècle - puisque malgré sa date de création, il est plutôt stylistiquement encré dans la deuxième moité de celui-ci. Et surtout l'occasion de voir un spectacle incroyable, dont on garde un souvenir très fort, faites-moi confiance...

Wotan

vendredi 16 octobre 2009

La consternation


La Proposition


Parfois il m’arrive d’aller au cinéma à reculons et pas seulement pour mon goût immodéré du risque. Il y a certains films que je vais voir sans envie, simplement pour le plaisir d’aller me blottir seule dans une salle obscure ( c’est une façon comme une autre de disparaître quelques heures ). Cependant parfois, quand on se précipite au guichet sans prendre le temps de regarder les séances, on se retrouve avec un panel de choix assez peut ragoûtant.
C’est ainsi qu’un beau dimanche après midi d’octobre je me suis retrouvée devant « la proposition »

Bon, plantons un peu le décor. Une femme d’affaire aux dents longues dont le passe- temps favori est de traumatiser son assistant, se voit annoncer un beau matin que l’immigration a décidé de la renvoyer par charter au Canada le plus tôt possible.
(Voilà un film sponsorisé par le ministère de l’identité nationale )
N’étant pas vraiment prête à quitter les Etats-Unis, elle décide de faire croire à l’immigration qu’elle est à deux doigts d’épouser un homme dont elle est éperdument amoureuse. Bien entendu elle jette son dévolu sur Andrew, son assistant à qui elle fait miroiter une possible promotion. Pour faire plus vrai, le petit couple ( qui se déteste cordialement) se retrouve dans la famille d’Andrew en plein coeur de l’Alaska…et là les choses se gâtent.
Alors bien entendu le film est plein de faiblesses, l’histoire est un peu bateau ( au début, je t’aime pas mais à la fin oui) , les scènes s’enchaînent sans surprise et tout se déroule de façon assez prévisible . C’est le genre de comédie romantique dont on connaît la fin rien qu’en regardant l’affiche et la plupart du temps c’est assez frustrant de voir à quel point les scénaristes nous gavent de clichés navrants sans le moindre scrupule.

Du côté du casting là aussi c’est pas non plus « l’éclate de la mort » comme dit si bien mon petit voisin du dessus . En effet Sandra Bullock ( contre qui je n’ai rien) flirte un peu trop dangereusement avec la caricature à grand coup de grimaces et de mimiques. Quand au grand dadais qui l’accompagne (Ryan Reynolds )son charisme n’a d’égal que celui d’une brosse à dent. Et c’est là que le bât blesse, on ne peut pas vraiment se permettre de se lancer dans un film aussi prévisible, si derrière, les acteurs ne sont pas là pour rattraper la sauce.
Je pense que c’est ce qui manque cruellement aujourd’hui aux comédies romantiques, des acteurs capables des les porter ( mais où est Julia roberts? ) .

Néanmoins ne soyons pas non plus trop durs, certains moments sont drôles et l’idée de la différence d’âge entre les deux personnages peut être vue comme audacieuse ( Sandra Bullock approche maintenant des 45 ans ). Dans tous les cas, cela reste une comédie légère qui vous distraira sûrement si vous avez des envies pressantes de coup de foudre ou de happy end.


Brünnhilde

samedi 26 septembre 2009

L'heure est grave !

Eh oui, comme d’habitude les Sociopathes vont aborder un sujet d’actualité dérangeant, dont les médias, frileux, ne nous rebattent pas les oreilles depuis des semaines : la grippe porcine !
Car vos humbles serviteurs ne rechignent pas à aller chercher les scoops pour annoncer tout haut ce que nous sommes les seuls à penser tout bas…

Devant l’imminence de la catastrophe pandémique prévue, nous tenons à mettre en exergue certaines habitudes qu’il va nous falloir abandonner rapidement afin d’éviter une mort lente, douloureuse et médiatisée :

- Ne sucez plus les poignées de portes.

- Arrêtez de cracher sur vos amis.

- Réprimer toutes vos pulsions sexuelles envers nos amis les porcs.

- N’hésitez pas à vous essuyer les mains sur les enfants.

- Préférez tousser dans les coudes des handicapés à portée de mains.

- Brûlez chaque objet ou personne sur lequel vous auriez éternué.

- Évitez tout contact avec la populace (prolétaires, immigrés, juifs, coiffeurs) dont l'hygiène quasi-inexistante représente un danger majeur.

- Un numéro vert a été mis à votre disposition, ayez le bon réflexe : dénoncez les malades.



Si vous présentez déjà des symptômes grippaux, rassurez-vous, les contaminés seront généreusement pris en charge par l’état. Après avoir été recensés, informés et tondus, vous bénéficierez de soins spéciaux dans des centres prévus à cet effet, entouré d’un personnel compétent et déterminé.
Pour plus de précision, consultez notre site : www.gardetesmiasmes.gouv.fr


Brünnhilde et Wotan

jeudi 17 septembre 2009

Chronique d'une haine peu ordinaire n°11


Une Saison en enfer.


Ces derniers jours, le temps se fait plus frais et la mauvaise humeur, amie inséparable d’une rentrée réussie, refait surface. Le coeur gros, on renvoie les merdeux à l’école, on range les serviettes de plage dans le placard et on sort grand-mère de la cave… à moins qu’elle ne se soit échappée, dans ce cas là, un tour à la SPA s’impose. ( mais pas de panique avec un peu de chance ils l’auront déjà piquée)

Bref, alors que l’automne commence à pointer le bout de son nez, j’en entends pas mal se plaindre de voir l’été toucher à sa fin.
Si il y a bien une chose que je suis incapable de comprendre c’est cette étrange mélancolie qui frappe certains de mes contemporains quand enfin les souffrances estivales s’achèvent.
Sérieusement, depuis ma plus tendre enfance les vacances d’été ont toujours éveillé en moi de féroces envies de génocide.
Comment peut-on s’enthousiasmer à l’idée de voir les plages du monde entier envahies et massacrées par une horde d’êtres blafards aussi huileux que non pensants.
Quelle joie peut-on éprouver lorsque Kevin et sa copine, en plus de puer la transpiration , étalent sans aucune vergogne leur gras et leurs serviettes juste sur vos pieds…
Par quel miracle Est-ce que la notion même de plaisir peut-elle être évoquée quand trois gamins bruyants et dégénérés vous ensablent devant le regard vide de leurs géniteurs.

Chaque été, les virées au bord de mer sont l’occasion de se rappeler avec horreur que la seule chose vraiment commune à tous les hommes, est sans aucun doute la bêtise.

Je vous sens perplexe? Non, je ne dis pas seulement cela parce que ça me fait du bien ou parce que je suis une gamine hâve et malveillante.
C’est vrai ! Et je vais même vous le prouver. Que celui qui n’a jamais croisé un des spécimens cités ci-dessous me jette la première pierre.

1 : la famille italienne.
Le gros problème des familles italiennes ce n’est pas que se sont de grandes familles, non, grande c’est un euphémisme. Ce sont de très très très très vraiment très grandes familles, on peut même dire des clans. Le genre de tribu qui vous rappelle que les enfants c’est bien mais que l’IVG c’est mieux. Le plus gênant avec nos amis italiens ,outre leur marmaille surexcitée et leur technique de drague plus que discutable, ce sont les décibels. En effet l’italien ne parle pas, non, l’italien hurle. Ainsi quand Guido est pris de l’envie soudaine de dire à Arnaldo que l’eau est bonne, toute la plage est mise au courant. On ne peut pas lire à proximité des italiens, on ne peut pas dormir, on ne peut même pas penser. La seule possibilité restante pour oublier son malheur est d’observer d’un œil moqueur les Mamas bourrées de pasta, vautrées sur leurs fauteuils de plage dont la toile tendue menace de péter à tout instant.

2: les gens du Nord.
Alors soyons clair, je n’ai rien contre nos amis chtis. Mais si ils ont vraiment dans le coeur le soleil qu’ils n’ont pas dehors, pourquoi s’obstinent ils à venir squatter le notre?
Il existe de nombreux moyens de repérer ces hommes venus du froid. Premièrement ils n’y a qu’eux pour se sentir obligés,comme ils sont dans le sud, de jouer à la pétanque sur la plage. Il n’existe pas de pire endroit au monde pour s’essayer à ce noble sport, mais l’homme du nord s’obstine! Il veux s’intégrer! Il a payé sa location atrocement cher, il est dans le sud ! Alors quoi qu’il arrive personne ne l’empêchera de jouer à la pétanque sur le sable et de se brûler atrocement la couenne au soleil !
Autre trait particulièrement déplaisant chez ces braves gens, leur amour des créatures marines.
En effet, pour l’homme du nord tout ce qui vit dans la mer ou ses environs est sacré. Qu’on prenne en pitié les baleines ou les dauphins n‘a rien d‘anormal .
Néanmoins j’apprécie assez peu que ces sales parasites rougeauds me regardent comme une criminelle à chaque fois que je mange un oursin. Là on est en plein délire.
Qu’ils viennent tous autant qu’ils sont me taper sur l’épaule ou me regarder de haut, je me fous que l‘oursin souffre ou soit vexé . Je ne ressens aucune pitié envers les coquillages ! Oui je le dis sans honte ! J’aimes les huîtres, les oursins , les palourdes et si elles étaient moins dures à décrocher de leur rocher, je boufferais même les arapèdes.
Et si encore il n’y avait que le problème des coquillages, mais même la méduse trouve grâce à leur yeux!
Après l’avoir attrapée et observée pendant des heures ( « oh regardez comme elle est belle et pleine de grâce ! ») nos amis chtis n’ont pas la bonne idée de la foutre sur un rocher pour qu’elle fonde au soleil…Non … Ils la relâchent! Afin qu’elle puisse, toujours avec grâce et beauté, venir s’écraser sur ma cuisse .Rien de tel qu’une brûlure de 7 cm de diamètre sur la jambe pour emballer en boite .

3 : le hollandais.
Parmi tous les dangers présents sur nos plages, il en est un dont on ne parle jamais,c’est le hollandais. Il n’existe pourtant pas de vacancier plus abject, plus veule que le hollandais (saloperie !).
Les hollandais ne se déplacent pas en meute comme les italiens ou en couple comme des cons, non…le hollandais vient seul…il utilise un schéma d’attaque coordonné ( comme les raptors !) .
Isolé sur la plage avec son moule-burnes et son thermos plein de café au lait, il à l’air inoffensif. Néanmoins détail troublant, il porte sur l’épaule une trentaine de serviettes qu’il commence à étaler méthodiquement non loin de vous … et c’est alors que l’attaque survient ! Elle ne vient pas de face, mais sur les côtés, une quinzaine de hollandais blafards vous encerclent alors!Damnation, l‘homme au moule-burnes était en fait un éclaireur! Vous venez de comprendre mais il est trop tard , ils sont déjà installés…Si prés en plus que vous pouvez nettement apercevoir qu’en hollande l’épilation à la cire n’est pas chose courante.

Bref ! Je pourrais encore trouver bien d’autres exemples ! En effet les êtres barbares et répugnants sont légions sur nos plages.
Ne soyez pas de mauvaise foi ! Vous ne pouvez fermer les yeux face à la réalité ! Et puis il faut bien que l’été se termine, sinon comment pourrions nous oublier ses désavantages et le désirer à nouveau ?

Découvrez la playlist été avec Brigitte Bardot

Brünnhilde

mercredi 2 septembre 2009

Whatever Works






Quand Woody Allen retourne traîner son spleen dans les rues de New-York, il faut vraiment un self-control hors du commun pour ne pas se ruer dans les salles obscures…heureusement comme chacun le sait je n’ai aucune volonté , c’est pourquoi plusieurs mois après sa sortie, voilà quelques lignes sur ce qui est à n’en pas douter du grand Woody Allen ( non je ne dis pas ça à chacun de ses films ! Non c’est faux !
Hum hum bref.)

( Wotan pardon pour le retard, ne me voue pas aux gémonies, le mois d’Août m’a rendue paresseuse )
Si ce long métrage a des airs de Manhattan ou d’Annie Hall ce n’est pas vraiment une coïncidence, puisqu’il est en fait tiré d’un scénario écrit à peu près à la même période.
Allen avait à l’époque décidé de confier le rôle principal à Zero Mostel mais suite au décès de celui-ci, il abandonne le projet. Heureusement pour nous trente ans après son écriture, « Whatever Works » sort des cartons et grâce à quelques mises à jour nécessaires arrive sur nos écrans.

Après quelques notes de jazz le spectateur fait la connaissance de Boris, une sorte de misanthrope, aigri ,cynique et un brin mégalo qui n‘a de cesse de vomir l’humanité tout entière. Comme il le dit lui-même dés le départ « je ne suis pas un gars sympa » et on s’en rend assez vite compte en écoutant le long monologue à travers lequel il nous raconte son histoire . Dans ce tête à tête avec le spectateur il aborde avec humour et talent les sujets de prédilection de Woody Allen , l’amour, la recherche du bonheur , la mort. Le film tout entier est ponctué de ces petits apartés jouissifs et atrocement méchants .

Enfin revenons en à l’essentiel . La petite vie bien réglée de Boris , cours d’échecs où il insulte ses élèves et crises d’angoisse à répétition, va se voir bouleversée par l’arrivée de la jolie petite Mélody Saint Anne, une fille du sud plutôt gourde.
En effet un soir en rentrant chez lui il tombe sur la blondinette en fugue qui le supplie de lui donner de quoi manger et un toit pour la nuit. Boris finit par accepter et c’est là que les choses sérieuses ( ou plutôt drôles ) commencent.
Mélody est en fait l’archétype de la fille de la campagne pur produit de l’Amérique puritaine que Boris conchie avec délectation.
Leur cohabitation est le symbole de la rencontre de deux mondes, le type de la ville cynique et cultivé et la nana des champs à peu prés aussi conne que blonde.
Ce cocktail de choc donne des scènes assez hilarantes portées par des dialogues incisifs dont seul le réalisateur New-yorkais a le secret. Bien que leur histoire semble vouée à l’échec ils arrivent tout de même à donner à l’autre ce qui lui manque. Boris perd un peu de son mépris et Mélodie apprend à se servir de sa cervelle.

D’autres histoires viennent se greffer a celle-ci toutes plus inattendues les unes que les autres ( notamment quand les parents de la petite Mélody débarquent.)
Sinon pour faire vraiment court je dirais que comme dans la plupart des Woody Allen tout est dans le titre , « Whatever Works » . Sous entendu, mes frères humains peu importe avec qui vous trouvez le bonheur, jeune, vieux, gay, hétéro ,physicien ou pom pom girl , ça n‘a pas d‘importance ,pourvu que ça marche.

Avant de vous laisser, un petit coup d’œil au casting s’impose .
Trop vieux pour incarner son personnage, Woody Allen cède sa place à un autre comique juif new yorkais , Larry David , assez peu connu en France, il s’est fait repérer en Amérique par le biais d ‘une émission appelée « Larry et son nombril ». Pour le rôle féminin exit Scarlett Johansson , bonjour Evan Rachel Wood dont vous avez peu être pu apercevoir la bouille dans « les bienfaits de la colères » ou dans le déjanté « King of california » .
On notera au second plan des acteurs comme Ed Begley Jr ou l’excellente Patricia Clarkson .

Au final ce retour aux sources était, il me semble, nécessaire et positif, après son escale Européenne Woody Allen renoue enfin avec son second degré légendaire et sa ville de prédilection . Ça fait longtemps que je ne m’étais pas autant marré ce film est une petite merveille qui semble prouver que l’humour Woody Allénien à encore de beaux jours devant lui !



Brünnhilde


samedi 27 juin 2009

Lars von Trier - Antichrist


Le dernier film de Lars von Trier a beaucoup fait parler de lui il y a quelques semaines, essentiellement en mal, il n'en fallait pas plus pour me mettre l'eau à la bouche...

Le film débute par un Prologue pour nous planter le décor : un couple perd son petit garçon dans un bête accident. Jusque là rien d'extraordinaire. Filmé au ralenti, en noir et blanc, sur fond de la musique de Haendel (le célèbre
Lascia ch'io pianga dont j'ai mis la très belle interprétation de Cecilia Bartoli en fin d'article pour que vous puissiez l'écouter durant la lecture, si le coeur vous en dit) certains trouveront ça nunuche mais c'est assez émouvant, loin de tout pathétique larmoyant.

L'histoire débute donc avec cette jeune mère, Charlotte Gainsbourg, qui vivra très mal son deuil, sans cesse prise de vertiges voire de crises assez violentes. Son mari, évidemment psy, finira par essayer d'analyser l'origine de son trouble en plongeant dans ses souvenirs et ses peurs. Peu à peu, certains détails et son attitude vont lui sembler de plus en plus étranges, jusqu'à... vous verrez par vous même.

Pour moi, c'est d'abord la dimension symbolique et surtout psychanalytique, qui est vraiment passionnante. Peu de films s'avanturent si loin dans ce que peut renfermer un esprit, avec toute sa perversité. Ici, on entre littéralement dans l'esprit ET le corps de cette femme, pour s'en éloigner au fur et à mesure et adopter le point de vue de son mari, spectateur de quelque chose qui le dépasse totalement.
Il y a une tension incroyable, qu'on sent grandir, tandis qu'on se sent perdu avec des éléments de surnaturel qui viennent peu à peu se fondre avec la réalité, sans jamais de limite très distincte. Ça peut sembler décevant ou maladroit, en tout cas c'est volontairement déstabil
isant. Toutes les questions restent ouvertes à la fin, et personnellement j'ai été un peu frustré d'en manquer concernant la psychologie de la mère... ou en tout cas insatisfait des réponses qu'on semble nous donner. Je ne veux pas trop en dire mais d'ailleurs je ne trouve pas le titre très pertinent, c'est pour moi un élément au second plan et qui me décevrait s'il en constituait une "explication".


On a beaucoup glosé autour du gore dans ce film, je crois que c'est passer à côté du plus important. Il n'y a vraiment qu'une scène qui m'a fait me sentir très mal pendant une dizaine de minutes, et même hésité à sortir prendre l'air. C'est peut être plus du "gore psychologique", de l'empathie pour la personne qu'on imagine souffrir terriblement, en tout cas pas du gore "boyaux qui giclent dans tous les sens et du sang partout". D'autres petites choses pas très ragoutantes mais en général c'est plutôt supportable.

Il faut aussi que je parle des acteurs, avec d'abord Charlotte Gainsbourg qui est véritablement incroyable. Le nom ne me disait rien qui vaille, mais elle a amplement mérité son Prix d'interprétation féminine, parfaite dans toutes les facettes de cette femme si mystérieuse. William Dafoe parvient moins à tirer son épingle du jeu, son personnage reste sobre, mais c'est excellent tout de même.
J'ai beaucoup aimé l'esthétique générale du film, avec une image toujours très soignée et efficace à la fois, une ambiance et une tension parfaitement amenées.

Bon, ceci dit, on en ressort pas franchement enthousiasmé, plutôt complètement hagard et déconfit... Si jamais vous ne vous sentez pas très bien ces temps-ci, un peu paumé, que vous avez raté votre bac à cause de cette foutue épreuve de philo, je vous le déconseille vivement, ce serait dommage de vous jeter sous un bus dix minutes plus tard...


lundi 22 juin 2009

Chronique D'un Bac ordinaire : Bac d'anglais 2009

Le week-end fut assez irréel, en fait entre deux cahiers d’économies j’ai appris que mon chien avait des mycoses aux pattes et que c’est à moi que revenait l’honneur de shampouiner les papattes mutilées avec un antifongique…je passerai aussi sur la discussion plus qu’inutile que j’ai du avoir avec une caissière lobotomisée .

- vous avez la carte FNAC ?
- Non .
- vous la voulez ?
- Non.
- mais pourquoi ?
- j’en ai pas besoin.
- parce que vous en avez déjà une ?
- de quoi ?
- de carte FNAC.
- non je l’ai pas .
- ah …vous voulez en faire faire une…de carte FNAC ?
- non j’en veux pas !
- vous êtes sûre ?
- oui !
- vous avez pris que ce CD ?
- oui.
- vous savez que vous pouvez avoir une réduction dessus .
- ah Bon ?
-Oui , avec la carte FNAC.
-…

Bref si je m’étends sur mon week-end c’est qu’il n’y a pas grand-chose à dire sur l’épreuve d’anglais. En effet rien de bien transcendant nous avons eu droit à un texte traitant de la vie de trois londoniennes un peu connes dont le passe-temps favori est de s’extasier sur la profession de leurs maris ( c’est les chiennes de garde qui vont être contentes!) . Il me vient donc l’envie de poser trois questions qui me semblent cruciales, répondra qui voudra ( et qui pourra ).

To begin : ceux qui élaborent les sujets font-ils exprès de choisir des textes à ce point plats et assommants ?
Secondly : si c’est le cas il y a-t-il un concours pour choisir l’extrait le plus dénué d’intérêt ?
Thirdly : Est-ce que quelque un en ce bas monde connaît la signification du mot «Aghast » ?

Après ce questionnement intense, je vais faire ce qu’on appelle en méthodologie une transition, c’est à dire que je vais faire un lien entre l’épreuve d’anglais et celle d’économie ! Alors je sais ce que vous vous dites ( « oh mais comment vas-tu procéder ? Quelle idée brillante vient à cet instant de germer dans les méandres de ton esprit dérangé ?) ! Hé hé c’est tout simple ! Je m’en vais vous poster un sonnet de Shakespeare ( lien anglais ) ayant pour sujet…la mort ( lien avec l’économie ).
Pourquoi Shakespeare me direz vous et bien par ce que je suis une petite merdeuse pédante et mégalomane , voilà !

Sonnet 71

No longer mourn for me when I am dead
Then you shall hear the surly sullen bell
Give warning to the world that I am fled
From this vile world, with vilest worms to dwell:
Nay, if you read this line, remember not
The hand that writ it; for I love you so
That I in your sweet thoughts would be forgot
If thinking on me then should make you woe.
O, if, I say, you look upon this verse
When I perhaps compounded am with clay,
Do not so much as my poor name rehearse.
But let your love even with my life decay,
Lest the wise world should look into your moan
And mock you with me after I am gone.






TRADUCTION Pierre Jean Jouve :
Ne me pleurez pas plus longtemps, quand je serai mort, que vous n’entendrez la lente lugubre cloche, donnant avis au monde que j’ai fui, du monde vil pour habiter aux vers encor plus vils.
Non, ne rappelez pas, si vous lisez ma ligne, la main qui l’a écrite; tellement je vous aime, que dans vos doux pensers voudrais être oublié, si de penser sur moi vous ferait lamenter.
Oh, je dis, si vous regardez ce poème, alors que je serai confondu à la glaise, n’allez point jusqu’à redire mon pauvre nom, mais laissez votre amour avec ma vie périr;
De peur que le bon monde ait regard sur vos peines, et vous raille de moi quand je serai parti.






Brünnhilde

vendredi 19 juin 2009

Chronique D'un Bac ordinaire : Bac de math 2009

Ahhhh les maths…que dire , par où commencer ? Dire que j’éprouve certaines difficultés dans cette matière est un euphémisme des plus audacieux . Mes connaissances en mathématiques sont proches du néant, pour quelles raisons ? Oh c’est une longue histoire ! Disons que j’allie un lourd atavisme familial ( merci papa ) à une absence de travail assez révoltante ( j’espère vraiment que ma prof de maths ne lira jamais ça ).

S’ennuyer, combien de fois pourrais-je décliner ce verbe pendant une heure de mathématiques. J’ai tout essayé pour m’y intéresser, j’ai pris des cours, j’ai lu des bouquins, je me suis même tournée vers la religion ( c’est vous dire)mais rien n’y fait…
l’ouvrier sans papiers qui s’occupe du fonctionnement de mon cerveau, Gomez , ( oui je l’ai appelé comme ça), et bien Gomez trouve bon de couper la machine pour aller boire une bière à la seconde ou je mets le pied dans une classe d’algèbre.
Résultat, je plafonne à sept de moyenne , dix les jours de fête et je me lamente sur mon sort …c’est ainsi , Gomez, lui, l’a bien compris, je ne serai jamais Thomas Bradwardine.
Bon revenons au bac, aujourd’hui peu de sommeil mais pas de stress. Et oui ! L’avantage quand on est vraiment mauvais c’est que l’échec ne vous effraie plus ! Il devient un ami, une présence familière.
Je ne pense pas que l’épreuve de maths soit si stressante au fond , dans ce genre d’examen les élèves forment deux groupes bien distincts, les matheux et…les autres…des rebus, des faquins, des va-nu-pieds et parfois même des littéraires !!!!!

Ainsi comme je le disais; nous avons gagné nos classes sans trop d’angoisse, on nous a refilé les sujets et nous nous sommes lancés à corps perdu dans l’algèbre ( quelle belle image !).
Férocement cramponnée à ma calculette j’ai tout donné !
Oui car je nourris un amour sans limite pour ma calculette. Certains parlent de béquille technologique mais à mon stade, vu mes lacunes , ce n’est plus une béquille qu’il me faut mais carrément un lit médicalisé .

Néanmoins plus j’y pense, plus je suis en mesure d’affirmer ne m’en être pas si mal sortie ! Sans vouloir me vanter je pense avoir au moins entre 8 et 10, ce qui est pour moi une note plus qu’honorable quand on connaît mon absence totale de travail et d’intérêt dans cette matière.
N’ayant pas appris la plus grande partie de mes formules; je me suis lancée à plusieurs reprises dans des improvisations plus que navrantes, qui je l’espère , ne découragerons pas trop mon correcteur.
Résultat j’ai torché le dit devoir en environ 2h ( proba , stats et un peu de ln) et j’ai passé le reste du temps à recopier les paroles de « Come As You are » sur mon brouillon
Sans vouloir paraître pessimiste je ne pense pas que c’est ici que je gagnerai le plus de points.

Brünnhilde

jeudi 18 juin 2009

Chronique D'un Bac ordinaire : Bac de philosophie 2009

Premier jour du bac Arg !

Je me lève vers six heures, en tout je dois avoir à peu près dormi 3h , c’est pas énorme et je peine vraiment à m’extraire du lit . Je rampe misérablement entre les papiers ,les livres et les fiches de révision, on se croirait à Beyrouth , j’arrive à la cuisine il est 6h30.
Alors je tenais à dire à tous les nutritionnistes de mes deux qui nous conseillent un petit déjeuner copieux d’aller passer le bac . Car une heure avant la première épreuve c’est déjà un miracle si on arrive à avaler une biscotte . Je m’habille en catastrophe ,me douche mais laisse tomber le maquillage de toute façon c’est peine perdue .
Arrivée devant Pagnol je retrouve mes compagnons d’infortune, les réactions sont diverses :

- Vous avez ceux qui tirent une tête de dix pieds de long du genre « pitié achevez moi tout de suite .»

- ceux que le stress rend hystériques et qui ne peuvent pas s’empêcher de rire bêtement au grand plaisir de leurs camarades .

- ceux qui tentent de se rassurer « bah! au fond on va pas en mourir , on a révisé…puis bon on peut pas tomber sur trois sujets pourris, c’est pas possible, au pire il y a l’analyse de texte . »

- les léthargiques pas vraiment concernés « oh tu sais le bac bof , moi tu sais oh bof ouais mais bon, bof quoi la philo , ouais bof. »

- les gros angoissés qui se rongent les ongles en jetant des regards désespérés autour d’eux « putain je sais rien ! Ah je vais tout oublier ! Pourvu que ça tombe pas sur l’état , ni sur le langage, ni sur la religion…ni sur le travail ! Merde ! »

- et il y en a même qui ne sont pas là « eh ? Il est où *machin* quelqu’un l’a vu ? Tu crois qu’il s’est perdu , ou alors il a oublié le con …il vient à pied ? Peut être qu’il s’est fait écraser ? »

Enfin les portes s’ouvrent ( ahhhhhh suspense) les élèves se jettent sur les panneaux d’affichage telle la vérole sur le bas clergé . Ce qui n’empêche pas la moitié d’entre eux de se perdre , dont moi ( oui je sais ce que vous vous dites.) merci à Lucile qui une fois encore a joué les boussoles .
Une fois les derniers détails en place,( trouver son bureau , sortir la convocation, la bouteille d’eau , la trousse etc .) Vissé sur sa chaise on attend que la sentence tombe .
Je suis morte de trouille comme à chaque fois que je passe un examen, ne me semble évident que ce que j’ignore . Pourtant j’ai tout ce qu’il faut, stylos, cerveau …ma mère m’a même bassinée pendant une heure pour que je prenne des biscuits,initiative totalement inutile puisque je sais bien que je n’avalerai rien durant l’examen sous peine de le régurgiter aussi sec sur ma copie.Et quoi qu’on en dise le vomi sur la copie ça n’incite pas les examinateurs à l’indulgence.
( c’est dégueulasse ce que je vous raconte quand même )

Les sujets arrivent enfin, j’ouvre le mien d’une main fébrile et moite :
« non mais c’est quoi ces sujets de merde ? »

1er sujet « que gagne-t-on à échanger ? »

2éme sujet « le développement technique transforme-t-il les hommes ?»



Mais c‘est pas vrai! c‘est mon prof d‘éco qui a fait les sujets cette année ou quoi ?
Je déteste quand la philosophie s’en va forniquer avec l’économie je trouve ça très désobligeant…
Je suis totalement perdue, je jette des regards désespérés autour de moi,
TOUT EST FINI !!!!! Et comme un bonheur n’arrive jamais seul,le type qui nous surveille porte des sandales immondes!!!
Oh pitié! Donnez moi une corde ! Filez lui des tongs !
J’ai de la buée sur mes lunettes et ma jambe s’agite de façon compulsive… A cet instant précis j’ai tout de rain-man( oh oh ) …

Bon après un petit quart d’heure de stress j’ai finalement retrouvé ma raison. J’ai choisi le sujet 1 et fait un plan en trois parties ( la sainte trinité, Amen) .
Je ne sais pas la note que j’aurai ( évitons tout optimisme ) mais je pense quand même avoir sauvé les meubles, puis quand même, merde! me planter en philo ça me ferait mal c’est ma meilleure matière…par contre demain on passe les maths et j’ai pas besoin d’être voyante pour savoir comment ça va ( mal) se passer .

Terminale ES, courage! plus que cinq épreuves!

Brünnhilde


lundi 15 juin 2009

Rumble Fish



réalisé par Francis Ford Coppola en 1984

La ville semble déserte, rien ne bouge si ce n’est les nuages au dessus des immeubles néanmoins, un peu partout dans les rues on a marqué sur les murs le nom de : « Motorcycle Boy » .

Il est vrai qu’ici c’est une légende pourtant cela fait deux mois qu’il a disparu.
Partout son ombre semble rôder silencieusement mais c’est surtout dans l’esprit de son jeune frère Rusty James que Motorcycle Boy est le plus présent .

« un jour je serai comme lui » répète-t- il sans cesse au grand désespoir de ses amis.

Alors bien sûr inutile d’expliquer pourquoi le jeune homme tombe des nues quand son aîné revient en ville dans le seul but de lui éviter de marcher sur ses traces

Coppola nous fait avancer dans l’histoire à travers le regard de Motorcycle Boy .
Ainsi comme celui-ci est daltonien nous déambulons dans un paysage noir et blanc brumeux et un peu lointain .
La seule touche de couleur se résume aux quelques poissons venus du Siam dans la boutique animalière, les poissons combattants que Motorcycle Boy passe ses journées à regarder se cogner contre les parois de leurs bocaux .
Motorcycle Boy est un personnage tourmenté et prisonnier d’une image dont il n’arrive pas à se défaire ( comme un poisson dans un bocal), pour les flics c’est un voyou, pour les jeunes une légende et la plupart des gens le croient fou. Il revient en ville dans le seul but d’empêcher son frère de se fourvoyer, car le temps passe vite et il est stupide de le gâcher dans la recherche d’une gloire illusoire et au final source d’aliénation . Après tout le monde est vaste et Rusty James n’a jamais vu l’océan.


A voir absolument !absolument! absolument ! Quand on voit ça on comprend pourquoi il est légitime de considérer le cinéma comme un art, car s’est sur ce point que je veux clore ma critique . Ce film est d’une rare beauté, chaque image est soignée, la fumée, la lumière, les mouvements de caméra nous embarquent dans un monde onirique ou chaque image est lourde de sens.

Le casting aussi a de quoi faire rêver, un Matt Dillon à peine sorti de l’adolescence, l’immense Denis Hopper qui est un des acteurs les plus talentueux de sa génération. Et bien sûr un Mickey Rourke bouleversant et charismatique au sommet de sa carrière qui incarne certainement ici un de ses plus grands rôles.
(À noter aussi Tom Waits en barman philosophe .)



Brünnhilde

mardi 12 mai 2009

Chronique d'une haine peu ordinaire n°10

Vieillesse : période de notre existence pendant laquelle nous composons avec les vices que nous chérissons encore, en vitupérant ceux que nous n'avons plus la hardiesse de pratiquer. 
- Ambrose Bierce- 

Le soleil commence à taper, les corps se dénudent ,les plages se remplissent, les filles mettent des jupes et mon voisin met ses tongs !( à moins que ce ne soit le contraire …) Les magazines féminins nous bassinent avec les régimes de l’été (du genre comment perdre 20 kilos  en trois jours en suçant des glaçons ) . Bref, les beaux jours sont là et les salles de classe se vident aussi vite  qu’une anorexique en pleine crise après une soirée  raclette.
Tout pourrait être parfait mais il y a pourtant une ombre au tableau, en effet à l’approche des vacances d’été une question est sur toutes les lèvres : 

«  qu’allons nous faire du vieux ?! »

La solution la plus simple semble le placement du boulet sénile dans le premier mouroir venu. Néanmoins cette solution est un peu lâche  et ce n’est qu’une façon de plus, de repousser le problème à plus tard .
Non soyons clairs,  le vieux , passé un certain âge devient un poids. Il perd la vue,radote, devient agressif  et je ne parle même pas des problèmes de propreté (surtout si vous possédez une moquette.)
Oui je sais c’est dur , alors que faire ? Eh bien la réponse est pourtant toute simple, si le vieux persiste à s’accrocher à la vie ( ce qui témoigne  tout de même d’un sans gêne assez ahurissant passé 75 ans ) il vous faudra l’aider à lâcher prise un peu plus rapidement que prévu…oui bon, plus clairement il faut tuer le vieux.
Oh ! Ne prenez pas cet air horrifié ! Il faut bien qu’il  parte un jour  et si ça pouvait être avant la première quinzaine de juillet, cela arrangerait tout le monde.
Bon maintenant que vous avez  fait semblant de vous soucier de vos ancêtres, passons aux questions pratiques. 

Comment procéder:
Beaucoup de spécialistes suggèrent une euthanasie classique, une petite piqûre rapide et sans douleur, moins salissante qu‘une pelle ou qu‘un couteau. Néanmoins le prix d’une injection peut aller chercher jusque dans les 50 euros. Est-ce bien raisonnable  en ces temps de crise de dépenser son argent de la sorte , alors que jusqu’aux dernières nouvelles, les coup de pelle sont gratuits.( dixit un philosophe québécois)

Si le vieux se rebiffe :
Parfois  comble  de l’égoïsme le vieux refuse de rendre à sa famille aimante ce dernier service. Dans ces cas là n’hésitez pas à employer la manière forte. En cas de morsure les spécialistes  conseillent fortement la confiscation immédiate du dentier ( c’est que c’est méchant ces bêtes là.)

Les petits plus du vieux mort:
Une fois votre besogne accomplie, n’oubliez pas de tirer profit de la situation. Vendez  ce que vous pouvez vendre ( maison, vêtements, bijoux, etc…) En effet voilà un petit apport au budget vacances, qui je pense ne sera pas de trop. A évitez par contre la vente des organes, en effet ils ont généralement déjà bien servi, pas besoin de vous fatiguer inutilement à les extraire. 

Que faire si je me suis attaché au vieux:
…ah bon… et bien si c’est le cas j’ai le regret de vous dire que c’est foutu, en effet dans ces cas là, pas d’issue, il vous faudra continuer à traiter le vieux comme un être humain. Désolé on ne gagne pas à tous les coups. 


Brünnhilde

mardi 28 avril 2009

du côté de chez Fante


"Les compagnons de la grappe" de John Fante

John Fante le retour ! après avoir lu « mon chien stupide »  je me disais qu’il serait bon de retourner faire un tour du côté de chez  Fante ( et non de chez Swan comme le chantait une jolie blonde un peu poilue ) . Après mure réflexion  j’ai finalement jeté mon dévolu sur « les compagnons de la grappe ».

Le décor est  le suivant ,   une famille américano-italienne  dont le narrateur, Henry un écrivain quinquagénaire, fait bien malgré lui partie.  
Le père, Nick Molise, un poseur de briques de talent,  accumule tout les pires défauts du macho italien , alcoolique, joueur, infidèle, égoïste, brutal, en effet à 73 ans il trouve encore la force de rouer sa femme de coups. C’est justement un peu à cause de ça que l’histoire commence.

« un soir de septembre dernier mon frère m’a téléphoné de San Elmo pour m’annoncer que papa et maman voulaient une fois encore divorcer.

- tu n’as rien de plus original à me raconter ? 
- cette fois c’est pour de vrai, a dit Mario. »

Henry se retrouve donc obligé de faire un retour aux sources,en plus des retrouvailles plus ou moins froides avec ses frères et sœurs , une fois là bas son père réussit à l’entraîner dans ce qui sera sa dernière construction.

Un livre assez bien foutu, parfois un peu plat mais jamais languissant, de plus Fante aborde des sujets assez universels. Les relations que l’on peut entretenir avec ses parents ,  cette impuissance qui fait que peu importe notre âge, un père reste un père  et que sa présence aussi pesante soit-elle est un repère indispensable .je pense à un passage particulièrement poignant  ou le narrateur décrit les sentiments qui se bousculent en lui lorsqu il voit son père pleurer : colère , tristesse ,dégoût.
Henry semble déchiré entre ses origines et ce qu’il a toujours voulu être, entre son père et Dostoïevski.   

Les personnages à la fois attachants et détestables semblent être la marque de fabrique de Fante. Nick est une  représentation vibrante des excès à l’italienne, trop de vin , trop de femmes, trop de bruit, qu’on l’aime ou qu’on le déteste on ne peut pas le juger,  c’est un être farouchement attaché a la vie , il est tout d’un bloc  aussi dur  que les briques qu’il pose depuis toujours. 

En résumé le livre n’a rien de vraiment transcendent ( pas de quoi molester un canard) mais il est plaisant, sincère  et ponctué par cet humour un peu grinçant qui m’avait déjà séduite dans "mon chien stupide ".  


Brünnhilde

vendredi 10 avril 2009

Muddy Waters

Muddy Waters ( 4 avril 1915 - 30 avril 1983)

Une guitare, une fine moustache, une voix et une présence uniques : Muddy Waters






J’ai un article de musique sous le coude en ce moment mais ça m’aurait un peu emmerdée de caser un chanteur de cette trempe entre Sliimy et Hugh Coltman.

Comment expliquer l’influence que Muddy Waters a eu sur la musique blues mais même sur la musique en général ( folk, rock , jazz) n’oublions pas que c’est tout de même lui qui a mis le pied l’étrier à chuck Berry et que les Rolling stone choisirent leur nom en hommage à une de ses chansons .

Le blues est une musique qui de par ses origines fait appel ( il me semble ) à des choses assez primaires en nous. D’abord une sorte de douleur fondamentale sans laquelle rien ne peut être , mais aussi des joies , des plaisirs simples et brutaux qui font toute la couleur et l’intérêt de la vie. C’est une musique qui vient du sud des états unis et ça se sent .


La voix de Muddy Waters a quelque chose qui m’a toujours profondément touchée
La première fois que j’ai entendu une de ses chansons, c’était « Gypsy woman », je devais avoirs 15 ans ( oui c’est pas si vieux ) j’ai tout de suite compris que je n’arrêterai jamais de l’écouter.
Pourtant j’ai par la suite découvert d’autres grands chanteurs de blues qui m’ont à leur tour profondément troublée ( John Lee Hooker par exemple) , je suis allée voir les origines de cette musique à l’époque où l’on croyait que Robert Leroy Johnson avait vendu son âme au diable pour acquérir une parfaite maîtrise du blues et c’est vrai que quand on écoute Johnson y’a de quoi avoir des doutes .


Je suis allée fouiner du côté du delta blues ( né dans le delta du Mississippi) où l’on croise des chanteurs comme Son House, mais malgré tout, pour moi aucun ne peut dépasser Waters.
Pourquoi ? Allez savoir, il a été le premier bluesman que j’ai entendu, peut-être que je lie sa voix à la découverte du genre…ou bien c’est peut-être juste quelque chose de physique qui repose sur le ressenti…Parce que quand il lâche un « I’m a man » déchirant dans son micro, ça a une consonance bien particulière, ça raisonne en vous, l‘âme et le corps vibrent de concert , ça veux dire quelque chose.



En tout cas depuis 3 ans, il fait partie des chanteurs que j’emporte toujours avec moi, en vacances, en ville sous la pluie , dans la voiture , dans les couloirs entre deux cours. Quand les choses vont vraiment mal ( grosse période d’insomnie ) le simple fait de l’écouter me redonne du courage et me fait me sentir moins seule ( pas que je sois mal entourée mais à quatre heures du mat’ on est toujours un peu abandonné ).

Voilà pourquoi je fais cet article, pour que peut-être quelqu’un le découvre et à son tour ne soit plus seul, pour ceux qui le connaissent déjà et bien vous pouvez toujours le réécouter ou m’envoyer des mots d’insultes si vous trouvez mon article incomplet (éviter d’être trop méchant car à partir d’un certain point ça m’excite…hum hum, bref…)

On peut ne pas accrocher totalement au blues ( moi-même je suis très loin d’être une spécialiste ) mais il est difficile de nier que cette musique parle de ce qui est commun à tous les hommes, notre simple condition de mortel .












Découvrez Muddy Waters!




Brünnhilde

samedi 4 avril 2009

Bad dreams in the night...




La nuit du chasseur

réalisé par Charles Laughton en 1955

Ahhhhh Robert Mitchum, je ne veux pas insister mais quand même ahhhh ROBERT MITCHUM … je me souviendrai toute ma vie de cette scène dans « River of no return. » où il frictionne Marilyn Monroe avec une couverture, un des grands fantasmes de mon début d’adolescence. Desproges avait dit de lui qu’il faisait « vibrer les femmes amoureuses de l’amour » qu’ajouter de plus ?




Bon pour en revenir au film un petit résumé . Harry Powell un homme charmant , Prêcheur et tueur psychopathe à ses heures perdues, sillonne le pays à la recherche de riches veuves à dépouiller et à charcuter … oui bon,c’est un film noir .
Un jour notre brave Harry se fait arrêter pour un vol de voiture, après avoir été jugé il va purger sa peine en prison. En taule il fait la connaissance d’un condamné à mort qui aurait apparemment caché le butin d’un braquage dans sa ferme. Bien décidé à mettre la main sur cet argent une fois dehors, Harry met le cap sur la ferme de son défunt compagnon de cellule.



La veuve, qui est une jeune femme bien sous tout rapport mais qui n’a néanmoins pas inventé la machine à cintrer les bananes tombe bien entendu sous le charme du prêtre itinérant et l‘épouse ( bon en même temps on la comprend, personnellement Robert Mitchum en soutane moi ça ne m’évoque que le viol et la dépravation ) . Et c’est à ce moment là que les choses se gâtent…tan tan tan .

J’ai pris un réel plaisir à voir ce film, je crois pouvoir dire sans trop m’avancer qu’il n’a pas mal vieilli.
Bien sûr Mitchum est impressionnant et pas seulement de par sa stature, son regard presque transparent a quelque chose qui vous glace , il est malsain et dérangeant, une incarnation du mal endormant les gens naïfs par des discours faussement vertueux.
Et si le personnage d’Harry résume le monde à l’amour et à la haine, comme en témoignent les tatouages sur chacune de ses mains, le film lui est tout en nuances.

Ce qu’il y a aussi de vraiment séduisant dans ce long-métrage c’est son esthétisme, le noir et blanc y est pour beaucoup mais l’utilisation de la lumière et la mise en scène sont ,on le sent bien, réglées au millimètre.
Notamment un passage dans la chambre à coucher entre Harry et la veuve qui est vraiment magnifique . Le jeu de lumière dans la pièce et sur le visage de Mitchum donne à la scène quelque chose d’irréel, un moment suspendu quelque part entre le beau et l’effroyable .



« le beau n'est rien que le premier degré du terrible » s’empresserait de souligner mon prof de philo.




Alors je vous l’accorde le film est peut être moins effrayant qu’au jour de sa sortie,c’est un fait. Mais l’angoisse est pourtant bien présente quand nous assistons impuissants au spectacle de cette jeune femme crédule qui laisse le grand méchant loup s’engouffrer sous son toit.
Alors que les enfants s’endorment, comme le chasseur tapis dans l’ombre , il attend.



« Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous, sous des vêtements de brebis; mais au-dedans, ce sont des loups rapaces. »







Brünnhilde

mercredi 18 mars 2009

Chronique d'une haine peu ordinaire n°9

Vous êtes jeune, beau, intelligent, fauché, mauvais cuisinier et affamé ? Une seule solution s’offre à vous : le Restaurant Universitaire (ou Resto U pour les intimes) !

Partons pour vous à la découverte de ce lieu insolite…

Tout d’abord, vous devez vous munir de votre Carte d’Etudiant, de Chômeur ou de Glandeur invétéré (mais vous pouvez aussi, comme moi, cumuler les trois) afin de la présenter au surveillant dont le sourire bienveillant est assorti à la chaleur du hall carrelé de gris façon pierre tombale. Vous apercevez alors la queue qui fait deux fois le tour de la pièce avant pénétrer dans la cafétéria et maudissez tous ces imbéciles qui n’ont décidément rien de mieux à foutre que d’aller manger pendant les heures de repas, franchement, quelle idée…
Et ce n’est rien comparé aux jours « spéciaux » pour lesquels s’ameutent les badauds venus de toute la ville. Vous pouvez en contempler les menus sur les superbes affiches vous invitant à « Bruncher » le dimanche ou à la « Spaghetti Party entre amis du samedi midi »… la fantaisie du chef n’a pas de limites !

C’est donc une demi-heure plus tard que, plateau en mains, vous découvrez le menu du jour, établi par des nutritionnistes venus de toute l’Europe pour vous offrir les mets les plus raffinés et équilibrés possibles. Lundi : pâtes, brocolis, poisson - Mardi : pâtes, saucisses - Mercredi : frites, haricots, poulet - Jeudi : pâtes, haricots de la veille, wings (si quelqu’un connait la composition de ces machins, merci de me contacter) - Vendredi : patates, frites, brocolis - Samedi : pâtes, frites, cassoulet, choucroute, hachis-parmentier - Dimanche : pain, eau.
Sachant que tous les jours de la semaine vous avez aussi l’alternative d’une pizza aux ingrédients aussi inattendus que thon, kebab ou tartiflette…
Vous sont même proposés des desserts « gourmands » (hahaha) tels que des yaourts, diverses crèmes aux parfums non-identifiés, de vieilles salades de fruits en cours de lyophilisation ou des tartes aux surprenantes framboises de la taille de mon poing.
Avec tout votre petit repas composé, salivant d’avance, vous vous approchez inexorablement de la caisse. Vous ne pouvez éviter la confrontation avec le Grand Inquisiteur qui condamne votre existence sur cette planète d’un coup d’œil assassin, saisit le billet que vous lui tendez vaguement puis vous lapide de pièces jaunes avant d’achever vos tympans d’un « Au suivant » à faire se retourner Marat dans sa baignoire.

La salle est bondée, tout le monde vous observe, le bruit de vos semelles vous indique que les femmes de ménage se sont encore amusées à nettoyer le sol avec du sirop d’érable, vous êtes exaspéré et honteux d’entendre trois fois de suite un abruti vomissant son « y a quelqu’un » en désignant la personne qui ne se trouve pas en face de lui... Puis, soudain, vous repérez une place libre dans un petit coin bien tranquille. Personne autour, pas trop de miettes, le broc est presque plein...
Mais le repos est de courte durée. S’il y a un taré dans le self, c’est systématiquement en face de vous qu’il viendra s’asseoir. Vous ne savez pas, votre tête leur revient… Tout y passe, du couple de boliviens hystériques qui hurlent « yé té yourrre ké yé vé te lancé lé plat dans la téte » et vous arrose de riz aux petit-pois, jusqu’au tétraplégique dont les bruits buccaux vous rappellent vos plus beaux concours de pets en colo, en passant par le pauvre type qui a l’air de porter toute la misère humaine sur son dos, patouillant dans son assiette avec désespoir et pour qui chaque bouchée est un supplice insurmontable. Vous aimeriez presque abréger ses souffrances en l’étouffant dans sa macédoine prémâchée et prédigérée…

Avec tout ça, inutile de vous dire que vous avalez votre repas en quatrième vitesse et sortez avec cette impression de d’échapper à une longue séquestration dont les séquelles barbotent mollement dans votre estomac engourdi par les substances insanes. Mais après tout, est-ce si grave ? Cela nourrit, c’est l’essentiel…
De toute façon, vous le savez bien, vous reviendrez demain…


Wotan

samedi 28 février 2009

James et les blaireaux

C’est parti pour la petite bande son des vacances, sachez avant tout que je reviens à peine de la capitale où Wotan m’a gentiment servi de guide ( depuis on n’a plus de nouvelles de lui, certains disent qu’il a attenté à sa vie mais on en n’a aucunes preuves)


James Hunter


Je vais vous faire une confidence je suis amoureuse de James Hunter… si vous aimez la musique noire ou que vous regrettez le bon vieux swing des années 60 alors attention le bel anglais de 46 ans risque aussi de vous faire chavirer .
Par contre ne vous étonnez pas si son nom ne vous dit rien , James Hunter n’est pas friand des grosses promos et il ne cherche pas à vendre à tout prix , il se contente de faire sa musique et ses chansons sans se soucier une seconde du succès ou de ce qui se trouve être en vogue .La soul est un style qui m’a toujours parlé, bien que je ne sois pas une spécialiste, je reste une vrai adepte de chanteurs comme Ray Charles, Marvin Gaye ou The Temptations .
Du coup bien sûr la première fois que j’ai entendu la belle voix chaude du soul man britannique ( que je pensais être celle d’un afro américain ) j’ai littéralement fondu sur place . Je me suis donc précipitée sur Internet pour savoir qui était à l’origine de mon trouble, après avoir glané quelques infos plus ou moins bien traduites par mes soins ( yès of course Aïe spike inglish ) j’ai fait des pieds et des mains pour me procurer un de ses albums.
J’ai finalement mis le grappin sur « The hard way » pas le meilleur de ses disques selon les puristes ( le top du top étant « People Gonna Talk» ) mais peu importe j’adore cet album . Oui je suis totalement accro et quand personne ne fait attention à moi je fredonne « Strange But True » ou « Jacqueline ». Pour moi qui suis une angoissée de la pire espèce cet album est un petit moment de paix entre deux brûlures d’estomac.
Alors certains dirons ( je ne citerai aucun nom ) que c’est trop old school mais peu importe ! A mes yeux James hunter reste le plus envoûtant des anachronismes et si nous étions en 1960 je graverai mes initiales sur son 45 tours ! Na!






Découvrez James Hunter!


Les Blaireaux





Passons du côté de la chanson française, contrairement à ce que pensent pas mal de mes congénères, je ne me suis pas arrêtée à Brassens ou à Brel , non , la nouvelle scène française a elle aussi toute mon attention surtout quand elle me permet de découvrir des groupes comme « les blaireaux » . Joli nom n’Est-ce pas ? La première chanson que j’ai entendue d’eux « des moustaches a la nietzsche»m’a tellement plu que je n’ai cessé de l’écouter en boucle ou même pire de la chanter ( aha et oui !) toute la semaine !!!
Une bonne musique ( qui vous reste dans la tête environ 3 jours ) des paroles originales et drôles, j’étais curieuse de voir si ils étaient capables de tenir la distance sur tout un album…et bien oui , ils y arrivent sans problèmes, avec des chansons toutes plus délirantes et décalées les une que les autres ! Ils savent jouer de tout ce qui fait les beaux jours de la nouvelle scène française.

Ça a des airs de Benabar chaque texte est un peu comme un mini scénario, alors bien sûr si ce genre de musique vous laisse froid passez votre chemin .Le groupe s’est d’abord fait remarquer en faisant des reprises, puis est passé un peu plus tard au compos personnelles, leur présence scénique et ce côté déjanté ont eu vite fait de leur forger une solide réputation de « groupe de scène ». Alors que vous dire, allez les voir en concert ou achetez leur dernier album , mais surtout écoutez donc leurs conseils et faites comme eux pour vivre heureux, vivez perché !




Découvrez Les Blaireaux!

Brünnhilde

dimanche 15 février 2009

Glass, Les Enfants terribles

Pour changer, je vais parler de musique, mais de musique que tout le monde connaît ! Si, si : Philipp Glass !

Quoi ? Vous ne connaissez pas ? Tout de même, je suis sûr qu'une petite génération bercée par La Belle et la Bête (de Cocteau, pas le honteux Walt Disney) a tressailli en voyant ce nom (mais je ne dirai pas s'il s'agit d'un tressaillement de plaisir ou d'effroi). Même aujourd'hui il y a une vague de glassiens incontrôlables qui revient (mais je ne dirai pas non plus le pourcetage d'entre eux qui est sous Prozac)...


Bref, vous l'avez compris, je ne voue pas un culte aux minimalistes répétitifs, Glass le premier. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce style, il s'agit la plupart du temps, toute mauvaise foi mise à part, bien entendu, de jolis arpèges d'accords parfaits qui s'enchaînent les uns aux autres avec une obstination forçant le respect et créant ainsi une élégante atmosphère qui rappellent les plus beaux voyages en ascenceur.




C'est ainsi que, après avoir entendu quelques oeuvres du cher Philipp mais ne voulant pas me résoudre à porter un jugement définitif, j'ai remarqué que son opéra Les Enfants terribles était donné au petit Théâtre de l'Athénée avec des place au prix dérisoire. Il n'en fallait pas moins pour éveiller mes penchants masochistes (qui ne dormaient déjà pas beaucoup) et me voir accourir quelques jours plus tard.
Seulement, je suis très naïf, je croyais enfin pouvoir me faire un avis figé bien confortable sur Glass, mais je crois que je vais être obligé d'en réécouter...
Je sais que Les Enfants Terribles n'est pas son chef d'oeuvre (même des amateurs de Glass m'ont avoué trouver ça ennuyeux), j'essaierai sans doute d'écouter le fameux Akhnaten dont on dit tant de bien.

En jetant un coup d'oreille aux post précédents sur Schreker ou Wagner, vous comprendrez aisément que j'aime les musiques un peu consistantes, et ici la présence de trois pianos a sans doute fait passer un peu la chose, ça m'a semblé moins vide que ce que je connaissais déjà. Le "prélude" et quelques passages uniquement instrumentaux étaient pas mal, pas si simple que ça et avec une écriture pianistique qui m'a semblé assez intéressante, mais dès qu'il s'agissait d'accompagner les voix, ça devenait mortel. La musique reste très illustrative, voire décorative, impossible de se concentrer sur cet élégant fond sonore sans s'ennuyer ; alors on écoute le chant... Mais encore, hormis quelques passages, c'est d'une platitude rare, Glass sacrifie la courbe vocale pour une prosodie proche de la voix parlée ; alors on écoute ce qu'ils disent... Et là, ça dépend du goût de chacun, j'ai bien aimé La Machine infernale, mais il faudra m'indiquer l'intérêt de cette pièce de Cocteau (encore et toujours). Je n'ai peut être pas tout perçu mais avec cette intrigue fade enrobée d'une poésie qui se regarde le nombril, je me pose des questions...
Ceci dit, je continue à trouver qu'il y a des qualités dans la musique : de la poésie parfois, dans les passages instrumentaux, le final aussi assez efficace même si on aurait pu attendre quelque chose d'un peu plus torturé (mais il y a déjà des dissonnances, il faut pas trop en demander). Bref, ça reste ponctuel, la plupart du temps ça se cantonne à une jolie ambiance superficielle, mais je ne désespère pas de Glass !

Quelques mots sur la représentation tout de même, où il faut signaler la performance des chanteurs, qui sont d'ailleurs plus acteurs que chanteurs à en juger par leur technique, mais une diction irréprochable et un jeu plutôt convainquant. Mise en scène avec de jolis effets visuels mais pas passionnante non plus, ça s'accordait finalement bien avec la musique et le livret...


Bref, je sais que le début de l'article (un peu le milieu et la fin aussi) laissent penser que je déteste Glass plus que tout mais en fait ce concert m'a donné un peu d'espoir, m'a laissé entrevoir des bribes d'intérêt diluées dans une heure et demie d'ambiaces surannées.

Wotan

mardi 10 février 2009

Schreker, Die Gezeichneten


Aujourd’hui, pour les amateurs de classique qui traîneraient dans le coin, présentation d’un compositeur relativement méconnu et d’un DVD.

Méconnu n’est sans doute pas le terme, son nom est familier de la plupart des mélomanes un peu curieux, il est joué de temps à autre au concert et a été gravé plus d’une fois… Mais force est de constater que lorsqu’on prononce le nom de Schreker, ça évoque plutôt un ogre vert ou bien quelque personnage d
e Star Trek.
Je ne vais pas tenter ici de réhabiliter la réputation d’un compositeur génial longtemps dénigré, d’autres l’on déjà fait bien mieux que moi, mais c’est assez édifiant de lire dans Histoire de la Musique Occidentale des Massin, au milieu d’un paragraphe d’une dizaine de lignes dans ce pavé de 1300 pages, « il était un compositeur de médiocre envergure (il ne sut jamais trouver de style personnel) ». Inutile de dire que c’est on ne peut plus faux, lorsqu’on le côtoie un peu un reconnaît très vite sont style très dense, aux harmonies miroitantes, fourmillant de phrases musicales et en même temps sensible aux textures orchestrales. Je sais que tout le monde n’est pas d’accord avec moi, mais si je devais le comparer à un auteur, ce serait certainement Huysmans. Un Huysmans un peu sage, moins venimeux, mais dans ce style à la fois très fluide et granuleux, extrêmement coloré et avec des sommets incroyables comme chez Wagner. La comparaison n’est pas innocente, il s’agit bien de deux décadents. Je ne vais pas m’aventurer dans des définitions stylistiques qui me dépassent mais le décadentisme est, en gros, un mouvement artistique du début du XXe dans lequel on peut trouver, par exemple, Richard Strauss (le compositeur d’Elektra, pas Johann l’aimable auteur de valses viennoises). Il e
n est le plus connu, mais il en existe bien d’autres qui se sont beaucoup inspiré de lui, poussant le plus possible son esthétique postromantique aux harmonies torturées, son raffinement extrême en même temps que son épanchement presque incontrôlable et sa complexité.
Bref, son chef d’œuvre, Die Gezeichneten (qu’on peut traduire par Les Stigmatisés ou Les Réprouvés) est l’opéra de la décadence, de par son style mais aussi son sujet : on plonge l’Italie du début du XVIe où un homme très laid, bossu, a utilisé sa fortune pour créer une île paradisiaque aux architectures rutilantes et aux jardins somptueux, peuplée de faunes dansant nuit et jour. Mais Alviano n’ose y aller, de peur de profaner un tel lieu de sa laideur, alors ses amis issus d’une noblesse un peu dégénérée en profite pour y organiser des orgies en enlevant les filles des aristocrates de la ville. Je ne vais pas tout vous raconter, mais il y a ensuite une histoire d’amour un peu étrange entre Alviano et la jeune fille d’un aristocrate, Carlotta, qui donne un duo psychanalytique magnifique au deuxième acte sans jamais tomber dans la mièvrerie. S’en suivent évidemment des rebondissements et intrigues un peu glauques, propres à tout bon opéra…

Bon, j’ai déjà fait une jolie tartine, je pense que je peux commencer ma critique du seul DVD des Gezeichneten existant : celui dirigé par Kent Nagano et mis en scène par Nikolaus Lehnhoff.

Tout d’abord la direction de Nagano est très soignée, poétique, attentive aux t
extures et couleurs mais parfois un peu trop sage et ne rend pas bien compte des audaces ou de la modernité de la partition.
C'est un peu la vision qu'offre aussi la mise en scène de Lehnhoff, esthétisante avec ce grand décor symbolique et tous ces éclairages (d‘ailleurs superbes). L'aspect décadent est bien mis en valeur par cette immense statue effondrée qui prend toute la scène, dans une matière qui rappellerait une pierre décrépie, et ces arcades qui l'entourent, on sent comme une grandeur qui s'étiole. Et puis les costumes sont plutôt réussis, des espèces d'influences de costumes aristocratiques des siècles précédents ou même d'armures de chevaliers dans des matières modernes, le tout dans un noir très sobre mais élégant. Par contre les chanteurs ont l'air de
crever de chaud là dedans, ils transpirent comme des bœufs.
L'idée de transformer Alviano en un espèce de travesti est plutôt intéressante puisque ça ne tombe jamais dans la caricature et ce n'est pas non plus énoncé de manière trop évidente ni vulgaire.
Brubaker, qui interprète Alviano, est déjà laid, mais sa voix aussi (sans être mauvais non plus) donc ça reste cohérent… C’est un peu étrange car vocalement il est engagé mais théâtralement il y a des hauts et des bas : pendant son deuxième duo avec Carlotta, tandis qu'il n'a que peu de répliques, c'est tout à fait convainquant, mais le troisième acte où il change totalement de jeu (d'ailleurs le changement de costume n'est pas des plus subtils) sa panique sonne faux, son délire face à Carlotta à la fin encore plus.
Il faut dire que ce dernier acte m'a semblé particulièrement mal réalisé, sans urgence, la mise en scène offre une peinture trop sobre de cette île qui est censé être exubérante, orgiaque, mais ici on ne voit que des faunes à demi nus marchant le plus lentement possible, on reste trop dans la même esthétique que les deux premiers actes.
D'ailleurs la Carlotta de Schwanewilms m'a beaucoup plu, mais on est ici beaucoup plus face à une femme très séduisante et jouant avec cela (comme lorsqu'elle met littéralement Salviano à nu pendant leur duo du deusièpme acte) qu'à la jeune fille un peu froide et mystérieuse du livret. Ca reste très intéressant, et c'est surtout interprété magnifiquement, mais ça perd de sa force lors du changement d'état d'esprit du III.
J'aime décidément beaucoup Michael Volle, très impliqué scéniquement et vocalement, mordant dans tous les mots, il est impressionnant en Vitelozzo, le gros méchant de l‘histoire….
Et puis l‘un des gros soucis se sont les coupures dans la partitions : l‘opéras est censé durer une bonne demi-heure de plus ! Des scènes ont été entièrement supprimées, donc certains personnages secondaires, et le début du troisième acte qui peint superbement l‘île a été amputé d‘une bonne partie…
La mise en scène se centre sur l'action entre Carlotta et Alviano, en rajoute un peu en montrant les nobles décadents venus faires leurs orgies comme des pédophiles, pour créer un malaise supplémentaire, mais ce n’est vraiment pas pertinent.


Je crois avoir fait à peu près le tour, donc une mise en scène très belle, avec ses défauts mais globalement efficace, et malgré les coupures ce serait dommage de se passer d'une œuvre aussi incroyable et aussi bien servie. Véritablement à connaître !


Je vous offre au passage un petit extrait : il s’agit du Prélude du premier acte, qui expose le thème de l’opéra dans cette espèce de demi-teinte superbe.




Wotan