
réalisé par Francis Ford Coppola en 1984
La ville semble déserte, rien ne bouge si ce n’est les nuages au dessus des immeubles néanmoins, un peu partout dans les rues on a marqué sur les murs le nom de : « Motorcycle Boy » .
Il est vrai qu’ici c’est une légende pourtant cela fait deux mois qu’il a disparu.
Partout son ombre semble rôder silencieusement mais c’est surtout dans l’esprit de son jeune frère Rusty James que Motorcycle Boy est le plus présent .
« un jour je serai comme lui » répète-t- il sans cesse au grand désespoir de ses amis.
Alors bien sûr inutile d’expliquer pourquoi le jeune homme tombe des nues quand son aîné revient en ville dans le seul but de lui éviter de marcher sur ses traces
Coppola nous fait avancer dans l’histoire à travers le regard de Motorcycle Boy .
Ainsi comme celui-ci est daltonien nous déambulons dans un paysage noir et blanc brumeux et un peu lointain .
La seule touche de couleur se résume aux quelques poissons venus du Siam dans la boutique animalière, les poissons combattants que Motorcycle Boy passe ses journées à regarder se cogner contre les parois de leurs bocaux .

Motorcycle Boy est un personnage tourmenté et prisonnier d’une image dont il n’arrive pas à se défaire ( comme un poisson dans un bocal), pour les flics c’est un voyou, pour les jeunes une légende et la plupart des gens le croient fou. Il revient en ville dans le seul but d’empêcher son frère de se fourvoyer, car le temps passe vite et il est stupide de le gâcher dans la recherche d’une gloire illusoire et au final source d’aliénation . Après tout le monde est vaste et Rusty James n’a jamais vu l’océan.
A voir absolument !absolument! absolument ! Quand on voit ça on comprend pourquoi il est légitime de considérer le cinéma comme un art, car s’est sur ce point que je veux clore ma critique . Ce film est d’une rare beauté, chaque image est soignée, la fumée, la lumière, les mouvements de caméra nous embarquent dans un monde onirique ou chaque image est lourde de sens.
Le casting aussi a de quoi faire rêver, un Matt Dillon à peine sorti de l’adolescence, l’immense Denis Hopper qui est un des acteurs les plus talentueux de sa génération. Et bien sûr un Mickey Rourke bouleversant et charismatique au sommet de sa carrière qui incarne certainement ici un de ses plus grands rôles.
(À noter aussi Tom Waits en barman philosophe .)
Brünnhilde

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