Une Saison en enfer.
Ces derniers jours, le temps se fait plus frais et la mauvaise humeur, amie inséparable d’une rentrée réussie, refait surface. Le coeur gros, on renvoie les merdeux à l’école, on range les serviettes de plage dans le placard et on sort grand-mère de la cave… à moins qu’elle ne se soit échappée, dans ce cas là, un tour à la SPA s’impose. ( mais pas de panique avec un peu de chance ils l’auront déjà piquée)
Bref, alors que l’automne commence à pointer le bout de son nez, j’en entends pas mal se plaindre de voir l’été toucher à sa fin.
Si il y a bien une chose que je suis incapable de comprendre c’est cette étrange mélancolie qui frappe certains de mes contemporains quand enfin les souffrances estivales s’achèvent.
Sérieusement, depuis ma plus tendre enfance les vacances d’été ont toujours éveillé en moi de féroces envies de génocide.
Comment peut-on s’enthousiasmer à l’idée de voir les plages du monde entier envahies et massacrées par une horde d’êtres blafards aussi huileux que non pensants.
Quelle joie peut-on éprouver lorsque Kevin et sa copine, en plus de puer la transpiration , étalent sans aucune vergogne leur gras et leurs serviettes juste sur vos pieds…
Par quel miracle Est-ce que la notion même de plaisir peut-elle être évoquée quand trois gamins bruyants et dégénérés vous ensablent devant le regard vide de leurs géniteurs.
Chaque été, les virées au bord de mer sont l’occasion de se rappeler avec horreur que la seule chose vraiment commune à tous les hommes, est sans aucun doute la bêtise.
Je vous sens perplexe? Non, je ne dis pas seulement cela parce que ça me fait du bien ou parce que je suis une gamine hâve et malveillante.
C’est vrai ! Et je vais même vous le prouver. Que celui qui n’a jamais croisé un des spécimens cités ci-dessous me jette la première pierre.
1 : la famille italienne.
Le gros problème des familles italiennes ce n’est pas que se sont de grandes familles, non, grande c’est un euphémisme. Ce sont de très très très très vraiment très grandes familles, on peut même dire des clans. Le genre de tribu qui vous rappelle que les enfants c’est bien mais que l’IVG c’est mieux. Le plus gênant avec nos amis italiens ,outre leur marmaille surexcitée et leur technique de drague plus que discutable, ce sont les décibels. En effet l’italien ne parle pas, non, l’italien hurle. Ainsi quand Guido est pris de l’envie soudaine de dire à Arnaldo que l’eau est bonne, toute la plage est mise au courant. On ne peut pas lire à proximité des italiens, on ne peut pas dormir, on ne peut même pas penser. La seule possibilité restante pour oublier son malheur est d’observer d’un œil moqueur les Mamas bourrées de pasta, vautrées sur leurs fauteuils de plage dont la toile tendue menace de péter à tout instant.
2: les gens du Nord.
Alors soyons clair, je n’ai rien contre nos amis chtis. Mais si ils ont vraiment dans le coeur le soleil qu’ils n’ont pas dehors, pourquoi s’obstinent ils à venir squatter le notre?
Il existe de nombreux moyens de repérer ces hommes venus du froid. Premièrement ils n’y a qu’eux pour se sentir obligés,comme ils sont dans le sud, de jouer à la pétanque sur la plage. Il n’existe pas de pire endroit au monde pour s’essayer à ce noble sport, mais l’homme du nord s’obstine! Il veux s’intégrer! Il a payé sa location atrocement cher, il est dans le sud ! Alors quoi qu’il arrive personne ne l’empêchera de jouer à la pétanque sur le sable et de se brûler atrocement la couenne au soleil !
Autre trait particulièrement déplaisant chez ces braves gens, leur amour des créatures marines.
En effet, pour l’homme du nord tout ce qui vit dans la mer ou ses environs est sacré. Qu’on prenne en pitié les baleines ou les dauphins n‘a rien d‘anormal .
Néanmoins j’apprécie assez peu que ces sales parasites rougeauds me regardent comme une criminelle à chaque fois que je mange un oursin. Là on est en plein délire.
Qu’ils viennent tous autant qu’ils sont me taper sur l’épaule ou me regarder de haut, je me fous que l‘oursin souffre ou soit vexé . Je ne ressens aucune pitié envers les coquillages ! Oui je le dis sans honte ! J’aimes les huîtres, les oursins , les palourdes et si elles étaient moins dures à décrocher de leur rocher, je boufferais même les arapèdes.
Et si encore il n’y avait que le problème des coquillages, mais même la méduse trouve grâce à leur yeux!
Après l’avoir attrapée et observée pendant des heures ( « oh regardez comme elle est belle et pleine de grâce ! ») nos amis chtis n’ont pas la bonne idée de la foutre sur un rocher pour qu’elle fonde au soleil…Non … Ils la relâchent! Afin qu’elle puisse, toujours avec grâce et beauté, venir s’écraser sur ma cuisse .Rien de tel qu’une brûlure de 7 cm de diamètre sur la jambe pour emballer en boite .
3 : le hollandais.
Parmi tous les dangers présents sur nos plages, il en est un dont on ne parle jamais,c’est le hollandais. Il n’existe pourtant pas de vacancier plus abject, plus veule que le hollandais (saloperie !).
Les hollandais ne se déplacent pas en meute comme les italiens ou en couple comme des cons, non…le hollandais vient seul…il utilise un schéma d’attaque coordonné ( comme les raptors !) .
Isolé sur la plage avec son moule-burnes et son thermos plein de café au lait, il à l’air inoffensif. Néanmoins détail troublant, il porte sur l’épaule une trentaine de serviettes qu’il commence à étaler méthodiquement non loin de vous … et c’est alors que l’attaque survient ! Elle ne vient pas de face, mais sur les côtés, une quinzaine de hollandais blafards vous encerclent alors!Damnation, l‘homme au moule-burnes était en fait un éclaireur! Vous venez de comprendre mais il est trop tard , ils sont déjà installés…Si prés en plus que vous pouvez nettement apercevoir qu’en hollande l’épilation à la cire n’est pas chose courante.
Bref ! Je pourrais encore trouver bien d’autres exemples ! En effet les êtres barbares et répugnants sont légions sur nos plages.
Ne soyez pas de mauvaise foi ! Vous ne pouvez fermer les yeux face à la réalité ! Et puis il faut bien que l’été se termine, sinon comment pourrions nous oublier ses désavantages et le désirer à nouveau ?
Brünnhilde