Doux refrains de
notre enfance N°1
(Pour Julia)
Ahhh! l’enfance
moment béni ! Âge de l’innocence, des
bobos sur les coudes et du stade phallique ! Moment magique où les plus faibles sont broyés par la masse
baveuse et décérébrée des caïds darwiniens de cour d’école ! Mais l’enfance ne serait pas l’enfance sans
toutes ces merveilleuses comptines que nos grand-mères chantonnaient et qui ont
sans doute dû former des générations de pervers polymorphes.
Oui car soyons honnêtes, dans le
monde de la chanson pour enfant tout n’est que sexe, violence et rimes en
« ette » ! Entre « Pirouette, cacahuète » qui raconte
l’histoire d’un homme vivant dans un bidonville
( sa maison est en carton) et
Jeanneton prend sa faucille qui vante les bienfaits du viol collectif,
j’avoue que je reste dubitative.
Cependant dans l’époque troublée
qui est la notre, n’est-il pas
nécessaire d’endurcir un peu nos rejetons ? Marre de ces parents
irresponsables qui laissent leur progéniture se farcir la tête de dessins
animés japonais ! Revenons aux sources ! Quoi de mieux que ces bons refrains d’antan
pour bercer nos futurs petits Dupont-Aignan !
A partir d’aujourd’hui, je m’engage solennellement à vous faire
redécouvrir tout ces chefs d’œuvres du bon vieux temps que vous pourrez
écouter comme moi, en famille, après la
messe, autour d’un portrait du maréchal
Pétain…
Je m’y mets tout de suite !
Le chat, le pédophile et la tueuse en
série.
surtout regardez bien la vidéo avant de lire !
Celle ci est ma préférée. Déjà parce que je la soupçonne d’avoir été
écrite par le Marquis de Sade ou un de ses admirateurs. Ensuite parce qu' on
fait difficilement plus amoral.
Resumé : Une bergère décide de faire du fromage avec le lait de ses
moutons, jusque là rien d’anormal. Une fois l’ouvrage terminé, elle jette violement le dit fromage dans
l’herbe…Bon pourquoi pas, n’étant pas fromagère de formation je ne me risque
pas à critiquer des méthodes peut-être ancestrales de fabrication. Son chaton qui passait par là, commence à
tourner autour. La bergère, qui compte sans doute sur la vente de ce fromage
pour payer ses études et fuir loin de son bled sordide plein de consanguins et
d’électeurs du front national ; prévient le chat :
« Si tu y mets la patte tu auras du bâton »
Phrase à la fois
explicite et naïve qui aurait sans doute arraché quelques frissons
d’extase à notre vieux Jean Jacques
Rousseau, grand spécialiste des
châtiments corporels avec ou sans bâton. Mais c’est une autre histoire. Le félin plein d’une fourberie Bessonienne,
garde ses pattes où elles sont et fourre
directement la tête dans le fromage.
Mauvaise idée, la
bergère qui avait dû sans doute passer
une journée de merde , le tabasse à mort.
( Normalement
c’est à ce moment là de la chanson que
le chérubin dont vous avez la charge commence à pleurer et à appeler sa
mère. Si il crie trop fort expliquez lui
qu’il pourrait bien finir comme le chat généralement l’effet est immédiat)
La bergère « après bien des larmes » comme dit
le poète, décide d’aller à confesse.
Après avoir raconté son histoire, digne d’un épisode de Dexter, elle
reste là tremblante dans l’attente de son châtiment ( sans mauvais jeux de
mots).
Le prêtre très au fait des différentes
techniques de rédemption lui explique que pour sauver son âme elle devra
l’embrasser. ( Paaaardon ?) La gamine très pieuse comme souvent les filles de ferme lui répond texto « La peine étant si douce nous
recommencerons. »...Comme quoi on ne
s’ennuie pas tant que ça à la campagne !
Ce qu’il y a de
bien avec cette comptine c’est qu’en 3 minutes on passe de Zola à Marc Dorcel,
avec un soupçon de Stephen King pour le moment où elle éclate le chat dans la
grange.
Morale de cette histoire :
·si tu n’arrives pas à vendre ton fromage tu
peux toujours coucher avec le curé.
·Oui, tabasser un chat à coup de bâton peut
entraîner sa mort
·Jean Jaques Rousseau avait une sexualité très
trouble
NB : Dans
certaines régions le « ron et ron
petit patapon » est remplacé par
« et vlan et vlan prends ça dans les dents » mais cette version reste tout de même assez
rare.
