lundi 30 avril 2012

Doux refrains de notre enfance N°1


Doux refrains de notre enfance  N°1
(Pour Julia)
Ahhh! l’enfance moment béni !  Âge de l’innocence, des bobos sur les coudes et du stade phallique ! Moment magique où  les plus faibles sont broyés par la masse baveuse et décérébrée des caïds darwiniens de cour d’école !  Mais l’enfance ne serait pas l’enfance sans toutes ces merveilleuses comptines que nos grand-mères chantonnaient et qui ont sans doute dû former des générations de pervers polymorphes. 
Oui car soyons honnêtes,  dans le monde de la chanson pour enfant tout n’est que sexe, violence et rimes en « ette » ! Entre « Pirouette, cacahuète » qui raconte l’histoire d’un homme vivant dans un bidonville  ( sa maison est en carton) et  Jeanneton prend sa faucille qui vante les bienfaits du viol collectif, j’avoue que je reste dubitative.
 Cependant dans l’époque troublée qui est la notre,  n’est-il pas nécessaire d’endurcir un peu nos rejetons ? Marre de ces parents irresponsables qui laissent leur progéniture se farcir la tête de dessins animés japonais ! Revenons aux sources !  Quoi de mieux que ces bons refrains d’antan pour bercer nos futurs petits Dupont-Aignan !
A partir d’aujourd’hui, je m’engage solennellement à vous faire redécouvrir tout ces chefs d’œuvres du bon vieux temps que vous pourrez écouter  comme moi, en famille, après la messe,  autour d’un portrait du maréchal Pétain…

Je m’y mets tout de suite !

Le chat, le pédophile et la tueuse en série. 
surtout regardez bien la vidéo avant de lire !
Celle ci est ma préférée. Déjà parce que je la soupçonne d’avoir été écrite par le Marquis de Sade ou un de ses admirateurs. Ensuite parce qu' on fait difficilement plus amoral.
Resumé : Une bergère décide de faire du fromage avec le lait de ses moutons,  jusque là rien d’anormal.  Une fois l’ouvrage terminé,  elle jette violement le dit fromage dans l’herbe…Bon pourquoi pas, n’étant pas fromagère de formation je ne me risque pas à critiquer des méthodes peut-être ancestrales de fabrication.  Son chaton qui passait par là, commence à tourner autour. La bergère, qui compte sans doute sur la vente de ce fromage pour payer ses études et fuir loin de son bled sordide plein de consanguins et d’électeurs du front national ; prévient le chat :
« Si tu y mets la patte tu auras du bâton »
Phrase à la fois explicite et naïve qui aurait sans doute arraché quelques frissons d’extase  à notre vieux Jean Jacques Rousseau,  grand spécialiste des châtiments corporels avec ou sans bâton. Mais c’est une autre histoire.  Le félin plein d’une fourberie Bessonienne, garde ses pattes où elles sont et  fourre directement la tête dans le fromage.
Mauvaise idée, la bergère  qui avait dû sans doute passer une journée de merde , le tabasse à mort.
( Normalement c’est à ce moment là de la chanson  que le chérubin dont vous avez la charge commence à pleurer et à appeler sa mère.  Si il crie trop fort expliquez lui qu’il pourrait bien finir comme le chat généralement l’effet est immédiat) 
La bergère  « après bien des larmes » comme dit le poète, décide d’aller à confesse.  Après avoir raconté son histoire, digne d’un épisode de Dexter, elle reste là tremblante dans l’attente de son châtiment ( sans mauvais jeux de mots).
 Le prêtre très au fait des différentes techniques de rédemption lui explique que pour sauver son âme elle devra l’embrasser. ( Paaaardon ?)   La gamine  très pieuse comme souvent les filles de ferme lui répond texto  « La peine étant si douce nous recommencerons. »...Comme quoi on ne s’ennuie pas tant que ça à la campagne !
Ce qu’il y a de bien avec cette comptine c’est qu’en 3 minutes on passe de Zola à Marc Dorcel, avec un soupçon de Stephen King pour le moment où elle éclate le chat dans la grange.
Morale de cette histoire :
·si tu n’arrives pas à vendre ton fromage tu peux toujours coucher avec le curé.
·Oui, tabasser un chat à coup de bâton peut entraîner sa mort
·Jean Jaques Rousseau avait une sexualité très trouble
NB : Dans certaines régions  le « ron et ron petit patapon » est remplacé par  « et vlan et vlan prends ça dans les dents »  mais cette version reste tout de même assez rare.
 Brünnhilde

samedi 14 janvier 2012

Chronique d'une haine peu ordinaire n°19

C’est dur d’être aimée par Le Pen

Hier j’ai eu la curiosité de taper le prénom « Jeanne » sur Google. Cette opération m’a permis de constater que dans les options proposées pour ce patronyme, la pucelle d’Orléans arrive juste après Jeane Manson et juste avant Jeanne Moreau. Un entourage qui ne lui va pas si mal quand on réfléchit bien. Il faut dire que la vierge guerrière est un peu une star à sa manière ! Surtout ces dernier temps...

Bon d’accord, elle n’a jamais entonné le célèbre « avant de nous dire adieu » qui aurait sûrement mis à mal sa réputation. Elle n’a pas non plus donné la réplique à Gabin dans « Gas-oil », je vous l’accorde… mais sans doute que l’acteur de « quai des brumes » l’aurait faite s’enflammer d’une manière bien plus compromettante que celle choisie par l'évêque de Beauvais, Monseigneur Cauchon.(Qui, quoi qu’on ait dit sur lui, avait tout de même un nom fort seyant pour un homme d’église)

Mais ce qu’on ne peut certes pas lui enlever, c’est qu'elle s'est retrouvée au centre des préoccupations de nos hommes politique. En effet Jeanne venant tout juste de fêter ses 600 ans , Nicolas Sarkozy a cru bon de se rendre dans les Vosges afin d’honorer sa mémoire…Histoire de marquer le coup... mauvaise idée(encore) … Jean Marie le Pen qui en a un peu marre que l’UMP lui vole ses jouets est monté au créneau. Bon d’accord depuis la fin des années 70, le FN participe au défilé organisé à la base par l'Action française. Ok chaque année, Jean Marie a un petit mot pour Jeanne. Mais bon… à moins que la pucelle d’Orléans ne soit revenue d’entre les morts pour signer un contrat d’exclusivité avec le FN, se réclamer d’un personnage historique ne nous donne aucun droit sur lui. De plus, pas sûr que notre symbole national ait forcément envie de se remettre à la politique, il faut dire que fréquenter les puissants ne lui a pas vraiment réussi par le passé.

En ce moment il est de bon ton de tourner autour des tombes, François Hollande était à Jarnac sur celle de Mitterrand, Dimanche. Car Tonton bien qu’il n’eut jamais entendu des voix avait au moins le mérite d’en gagner.
Mitterrand, Jeanne D’arc, De Gaulle … Nos hommes politiques ne savent plus quel cadavre brandir pour se donner une légitimité. Cependant, au lieu de fouiller dans les caveaux, peut-être feraient-ils mieux de tourner leurs regards humides vers les vivants. Car les français ont de plus en plus l’impression que c’est eux qu’on met en bière.


Brünnhilde.

lundi 25 avril 2011

Chronique d'une haine peu ordinaire n°18

«  Hors du couple point de salut ! »

« l'amour, c'est l'infini mis à la portée des caniches »
Céline ( pas Dion , l'autre, celui qui savait écrire)

Je dédie modestement ( mot très nouveau pour moi ) cette petite diatribe haineuse à toutes les filles suffisamment mures émotionnellement pour ne pas, quand elles sont en couple, se sentir obligées de jouer les agences matrimoniales. Merci à vous les filles !

Bon, après l' émotion place aux insanités.

Le spécimen que je vais décrire aujourd'hui est connu de tout bon célibataire qui se respecte. En effet qui ne compte pas parmi ses amis ou sa famille une personne qui ressent le besoin viscéral de vous caser à tout prix et ce même, contre votre volonté. Cette créature pleine de bonnes intentions, est persuadée qu'en restant seule, vous vous condamnez à une vie d’errance et de malheur et que malgré votre air épanoui, au fond de vous, la solitude vous ronge aussi sûrement que la gangrène ou la nourriture indienne bon marché.

Il faut dire que dans son petit monde rose bonbon plein de licornes et de poneys à la con, l'idée qu'une femme puisse être heureuse sans un grand couillon à son bras lui est insupportable. N'essayez jamais de lui faire intégrer une telle notion sinon c'est l'AVC assuré !
Elle ne peut en aucun cas comprendre que le célibat soit un choix, vu que pour cette intégriste de la vie à deux, il est par essence un fléau.
Pour sa défense rappelons que la brave fille en question n'a souvent pas les capacités d'exister en dehors de l’Entité « couple ». Sitôt privée d'une épaule masculine, la jeune cruche se rue sur son canapé, enfile son pyjama Hello Kitty , se goinfre de saloperies bon marché et pleure tel un veau devant grey's anatomy.

Mais heureusement ( ou malheureusement) cette période dure rarement plus de quelques jours. En effet il ne faut pas plus d'une semaine à notre jeune amie pour retrouver un mâle à la mèche grasse et à l'allure virile, qu'elle gratifiera, huit secondes après leur premier rendez vous, des surnoms les plus navrants.
voici quelques exemples, les plus courants.

-mon cœur ( normal )
-mon chéri ( pas de soucis )
-mon ange ( ça, c'est déjà plus risqué )
-bébé ( très apprécié chez les jeunes hommes ayant raté leur œdipe )
-chouchou ( qui reste un mystère à mes yeux)
-mon astre / mon soleil ( sorte de petit copain extrêmement rare qui permet de rester bronzée à l'année...Attention aux insolations.)
-Poupoune ( je vous jure que cela existe ! Je l'ai entendu!)
-ma vie ( autant je peux comprendre mon vit autant ma vie, j'avoue que cela m'échappe...)

Alors vous allez me dire, comment reconnaître ces êtres étranges chez qui l'amour engendre automatiquement une dégénérescence fulgurante des cellules du cerveau ?
Eh bien, rien de plus facile !
Si il vous arrive un jour de bavarder avec une de ces créatures niaises et malfaisantes, dans un bar par exemple ou un restaurant. Voilà le genre de conversation que vous risquez de subir :

-Hé ça va ?
-Ça va.
-Tu fais quoi de beau dans la vie sinon  ?
-Ben en fait, je fais du théâtre mais je...
-T'as un mec ?
-Pardon ?
-Tu fréquentes ?
-Qui ?
-T'es en couple ?
-Euh...Non.
-Pourquoi ?
-C'est comme ça.
-T'es lesbienne  ?
-Non.
-T'as une maladie incurable ?
-Non.
-On a abusé de toi dans ton enfance ?
-Non.
-T'es bonne sœur ?
-Non.
-Tu es une lesbienne avec une maladie incurable qui s'est faite violer par une bonne sœur ?
-Pardon ?

Petit moment de silence.

-Ahhh d'accord, ouais j'ai compris.
-Quoi donc ?
-Putain c'est la loose *.
-Hein ?
-Tu veux qu'on en parle ?
-Non pas spécialement.
-Ohh ça va, joue pas les braves, je sais ce que tu ressens.
-J'espère pas.
-Tu souffres, ça se voit, tu passes ta vie à lire dans ton coin comme une malheureuse!
-Mais j'aime bien ça moi, lire dans mon coin.
-Ouais, c'est normal , c'est un plaisir de frustrée, c'est comme écrire sur ton blog, ça rend ton existence moins vide mais la douleur est bien là .
-Mais je la trouve chouette mon existence, je souffre pas... A part en ce moment.
-Moi aussi j'ai été une refoulée fut un temps ! Je peux t'aider si tu veux, y'a un type qui bosse avec mon mec, il...
-Bon je vais y aller.
-Tu peux tout me dire.
-ouais,ouais.
-Tu peux pleurer si tu veux.
-Ça va merci.
-Allez ça va te faire du bien.
-Bof tu sais...
-Pleure.
-Laisse moi partir.
-BON TU VAS PLEURER OUI OU MERDE !

Dans ce cas là pas la peine de jouer les héros, il faut mentir, elle en a fait tomber de plus valeureuses que vous. Ne tentez pas de lui expliquer vos motivations, son esprit est plus impénétrable que la doyenne des sœurs d’Afrique.
Elle finira par avoir ce qu'elle cherche ! quoi que cela lui coûte, si elle veut des larmes elle les obtiendra ! Et tant pis si pour cela elle doit vous frotter les yeux avec un kilo d’oignons, vous foutre du bambou sous les ongles ou vous lire du Marc Levy ! Résignez vous, lâcheté est mère de sûreté, le courage en plus d'être singulièrement désuet, n’attire que des emmerdes !
Prenez un air faussement dépité et partez discrètement le museau bas, avant qu'elle ne décide de vous jeter dans les bras du serveur, pourtant ouvertement homosexuel.


*La loose : expression tribale utilisée par les collégiens ou les petits branchouillards adulescents qui pleurent mollement sur leur jeunesse agonisante, un verre de mojito tiède à la main.

Brünnhilde.

mercredi 9 mars 2011

Chronique d'une haine peu ordinaire n°17

Comme un arbre dans la bile.

Je ne ressens aucune haine envers les écologistes bien au contraire et au risque de briser un mythe, j’avoue ne jamais avoir volontairement blessé ou agressé l’un d’entre eux ! Et ce, pour la simple raison que si je devais abattre tout les êtres avec qui j’ai des désaccords ce serait un véritable génocide…Pour aller plus loin je dirais même qu’avec l’esprit tordu et contradictoire qui est le mien, cette politique pourrait bien me conduire au suicide. Et je ne peux certes pas m’y résoudre, bien que cela en réjouirait plus d’un.
Enfin bref passons.
Revenons à notre sujet ! Pour être vraiment sincère avec vous, l’écologie, comme dit souvent un bon ami à moi « je m’en rabote l’alouette » (vous pouvez le voir, je fréquente des poètes).
Cela a toujours été pour moi une sorte de nouveau catéchisme et bien que je n’ai jamais aimé les bigots, ce n’est pas pour ça que je brûle les églises. (Oh ! comme je te l’ai filée, la métaphore !)
Néanmoins donc, malgré nos points de vue plus que divergents, il ne me viendrait jamais à l’idée de molester un écolo, comme ça, juste pour le plaisir de casser du vert sous le regard obscène des êtres veules et réactionnaires qui me gratifient du nom d’amie.

Bien que je n’ai donc jamais cherché à nuire aux adorateurs du papier recyclé, j’ai été il y a peu soumise au courroux de l’un d’entre eux, laissez-moi vous compter cette magnifique histoire

Dernièrement, un ami à moi, un charment garçon névropathe aux tendances dépressives, a cru bon de s’envoyer dans un moment de désespoir profond une jeune étudiante en Sociologie répondant au doux nom de Sylvie… prénom charmant très en vogue dans les années soixante mais qui rime, je l’appris à mes dépends, avec hérésie, voire même dans certains cas avec dysenterie ou embolie ( l’un n’empêchant pas l’autre) .

La dite Sylvie, qui est une sorte de molle endive boboteuse, dont la sirupeuse bien-pensance reflète à merveille la sordide dégénérescence de notre espèce, ne m’avait jusqu'à présent jamais dérangée.
Sauf qu’il y a peu, cette créature estampillée commerce équitable, a appris avec horreur que je ne recyclais pas.
Après m’avoir gratifiée d’un regard qui aurait pu laisser penser que je venais de dépecer un bébé phoque à mains nues pour m’en faire une chapka, cette cruelle découverte lui inspira une remarque d’une assez rare éloquence :

« Mais attends, c’est pas bien quoi ! Et la planète ? »

Ajoutez à cette réplique, un dodelinement de tête particulièrement agaçant et vous aurez une petite idée du degré de connerie ahurissant qu’elle réussit à atteindre en environ 3 secondes.

« C’est-pas-bien-quoi. Et-la-planète ? »

Cette phrase résume à elle seule tout le drame de notre époque. Car si avant la valeur d’un homme se mesurait à son courage ou à son intelligence, aujourd’hui c’est le sort que vous réservez à vos ordures qui vous détermine socialement. Le monde se divise à présent en deux parties, les gens responsables, ceux qui mangent bio et roulent en vélo et LES AUTRES…la lie de la société, ceux qui laissent couler l’eau en se brossant les dents !

Il faut arrêter cinq minutes le délire…D’accord je ne trie pas mes ordures, je l’avoue, mais il ne faut pas exagérer, je ne les mélange pas non plus !
De nos jours, quiconque ne verse pas sa petite larmichette sur le sort des ours polaires, passe aux yeux du monde pour une sorte de monstre immoral ! De plus c’est tout juste si les disciples de Nicolas Hulot, pris d’une rage aussi violente que ridicule, ne vous lapident pas à coup de bouteille de lait de soja quand votre état d’hérétique est dévoilé au grand jour !!!

Que faut-il faire pour être absout aux yeux de ces nouveaux curetons ? Devrais-je, après mon bain, me fouetter chaque soir avec un bouquet d’orties? Je m’y refuse ! J’ignore où trouver de telles plantes ! De plus, tous les spécialistes vous le diront, pour la flagellation rien ne vaut un bon vieux martinet ! Car bien que tombé en désuétude, cet instrument particulièrement efficace sur peau nue, fait fureur aujourd’hui chez les amoureux du vintage.
Rappelons aussi que le martinet dépasse rarement les 25 cm, un format pratique à emporter en voyage pour jouer à plusieurs ou en famille ! Surtout si vous aimez l’odeur du cuir…Mais c’est un autre débat…

Au final que les verts se rassurent, si la non-écologie est un pêché si grave, Dieu qui a toujours un peu de temps devant lui, me punira. Peut-être même que, poussé par un syndicat d’anges décroissants, il créera un nouveau cercle dans son enfer pour accueillir les créatures de mon espèce...J’imagine assez bien la chose…

10 ème cercle : Pollueurs et irresponsables : crucifiés sur des éoliennes la tête recouverte de panneaux solaires, ils sont condamnés à regarder Avatar en boucle fouettés jusqu’au sang par Eva jolie et Cécile Duflof .


Ça promet…


Brünnhilde

lundi 29 novembre 2010

Chronique d'une haine peu ordinaire n°16

Tu seras un prof ma fille



Je tiens à m’excuser d’avance auprès de nos amis collégiens et lycéens, qui pourraient par inadvertance tomber sur ce petit billet haineux, que m’a dicté mon ego hypertrophié de théâtreuse pédante et sexuellement frustrée. Sachez mes jeunes amis que je n’ai strictement rien contre les 13-18 ans, je ne suis point atteinte d'éphébophobie, en fait je trouve l’être humain abject et ce, à chaque période de sa vie.

Dans mes connaissances, il y a un garçon assez particulier; qui entre deux cuites et deux soirées étudiantes ( pléonasme ) s’amuse à jouer les madame Soleil avec tous ceux qu’il croise.

C’est ainsi qu’un beau matin ce grand couillon à l’oeil vitreux se tourna enfin vers moi pour déclarer non sans une certaine nonchalance :

- Toi, tu vas finir prof !

Je m’y attendais, c’était prévisible, les gens me voient bien devant un tableau noir. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est ainsi. Il faut dire que je porte bien le cartable et la chemise blanche… A moins que cela n’ait un rapport avec mon magnétisme presque animal et cette incroyable éloquence qui ferait pâlir d’envie Ciceron lui-même, si ce brave homme était encore des nôtres…En plus de ça, je suis humble, ce qui ne gâche rien.

Pourtant en toute honnêteté je serais une enseignante des plus abjectes. Je serais élitiste, lunatique, sadique, je ne respecterais pas les programmes, je n’irais pas aux réunions parents profs, je ferais lire Sade à mes élèves et les inciterais à sécher les mathématiques.

De plus soyons clairs. Si au milieu de la lie des lycéens lambda j’avais le malheur de tomber sur un étudiant de valeur, je finirais sûrement par tenter d’abuser de lui…
Mais ne voulant pas rentrer dans ces détails plus que sordides, qui effraieraient le plus endurci des Psychanalystes, je décide de formuler les choses de façon plus décente.

Je lui réponds alors que je ne veux pas être de ceux qui affrontent chaque jour l’obscène stupidité des ados décérébrés suintant le sébum et puant l’arrogance à dix kilomètres !

Apparemment surpris par cette réponse, mon ami se contenta d’hausser les épaules et de déclarer le plus sérieusement du monde.

- oh je t’en prie c’est la planque, ils savent pas leur chance.

C’est vrai quand on y pense…Quelle chance !

Qui n’a jamais rêvé de parler du romantisme à de petits cons goguenards qui préfèrent cent fois se branler nerveusement devant des pornos japonais plutôt que savoir ce qu’était la bataille d’Hernani.
Quel est celui qui en plein milieu d’un cours d’histoire refuserait l’honneur extrême de regarder Stacy, avec son QI de Yorkshire, rire bêtement en braquant son regard vide et charbonneux sur son I-phone dernière génération .
Où est il le fou inconscient qui se priverait volontairement, de la joie indicible qui envahit un professeur de philosophie, quand celui-ci se rend compte tout ému, que ses élèves croient dur comme fer que Claude Lévi-Strauss est un fabriquant de jeans et que l’Épistémologie est le nom d’une maladie vénérienne…

C’est vrai que quand on regarde ces arguments tous plus aguichants les uns que les autres, la tentation est grande. Mais je ne puis me résoudre à embrasser une carrière dans l’enseignement.
En effet ma vie me semble déjà suffisamment tragique pour que je ne pousse le vice jusqu’à faire le choix aberrant de me retrouver volontairement en face d’adolescents alors que je les ai copieusement haïs durant toute mes études secondaires.

Je m’imagine déjà…Au milieu d’une classe de 35 élèves dont 26 redoublants, en train de tenter vainement de faire mon cours de littérature… Comme chaque année je devrais leur faire lire Zola ! ZOLA ! Ce connard qui comprend aussi bien la génétique que moi l’araméen! Ce sadique de Zola ! Moi qui abhorre tant ses grosses œuvres écœurantes et qui préfère cent fois le style superbe et tourmenté de Huysmans !

Lorsque que le plus excité de mes étudiants, fera une commotion cérébrale à un de ses camarades en le frappant avec l’édition Folio classique du « Docteur Pascal », peut être alors me révolterais je ?

- Dylan lâche ce bouquin ! Si tu veux vraiment faire mal à un de tes camarades avec un roman de Zola, lis lui en un chapitre !

- Zola je l’emmerde !

Devant tant d’insolence je dégainerais l’artillerie lourde.

- Dylan donne moi ton carnet ! Tu l’a cherché, tu vas avoir un mot!

Cette arme dérisoire n’empêchera certes pas le minable morveux béotien et médisant de rétorquer sans broncher :

- Mieux vaut avoir un mot que ta gueule !

Alors non, je ne veux pas enseigner… Pas tant que la strangulation et le démembrement ne remplaceront pas les mots et les heures de colle…


* une petite pensée émue et un grand merci à tous les profs qui m’ont passionnée, me passionnent et me passionneront *


Brünnhilde

mardi 26 octobre 2010

Chronique d'une haine peu ordinaire n°15

Et Dieu créa la Fac




Je ne suis pas d’une nature perverse, non, pas totalement…Pas autant qu’on semble le penser. Mon esprit est relativement sain, bien que Sade et Bukowski soient passés par là. C’est vrai, je m’en sors bien ! Je n’ai jamais violé personne, je ne porte pas de latex, je ne pratique pas la strangulation érotique et je ne tripote pas les enfants… Je suis d’ailleurs très fière de mon self-control et je pense pouvoir dire sans me vanter que je suis d‘une remarquable pureté…enfin…presque…

En début d’année, nous découvrîmes sur notre emploi du temps que nous avions quatre heures de poésie…Poésie…que ce mot est doux à l’oreille de l’élève de lettres modernes…Néanmoins malheureusement à l’université , quand la matière est alléchante le prof est à chier…
Donc, comme la fac est une machine à broyer les illusions, nous nous attendions à voir arriver un petit chauve ennuyeux et bedonnant avec un défaut d’élocution.
Quelle ne fut pas notre surprise quand monsieur « C », sorte de croisement improbable entre Daniel Craig et Jeremy Irons, fit irruption dans la salle en demandant d’une voix suave «  vous êtes bien là pour le cours de poésie ? ».

Après le cercle des poètes disparus, bienvenu au cercle des élèves éperdues…

Êtes-ce possible ? Un prof à la fois drôle, sexy et brillant ? Et qui enseigne la poésie en plus ? Non mais sérieusement, il ne pouvait pas se passionner pour autre chose ! Le tuning ou la collection des canettes de bière !
Nous voulûmes détourner nos yeux de cette apparition diabolique, mais hélas il était déjà trop tard !

l'Éternel fit tomber sur nous une pluie de soufre,de feu  et d’idées perverses !
Néanmoins Abraham, qui n’avait rien d’autre à foutre car il était en RTT, se tourna vers l’Éternel et lui dit :

« Peut-être y a-t-il cinquante…bon non cinquante c’est trop, je retire…disons cinq justes au milieu de cette classe de dépravées : les feras-tu périr aussi, et ne pardonneras-tu pas à la classe à cause des cinq justes qui sont au milieu d'elle ?  »

L’Éternel répondit

«  Écoute, franchement, Si tu trouves cinq justes au milieu de cette classe , moi je démissionne. »


Ô SEIGNEUR !!!Dis moi qui a eu l’idée de placer un cerveau de normalien dans un corps d’acteur de série américaine !!!

On ne met pas un type comme ça au milieu d’une classe composée de 95% de filles ! Surtout quand les filles en question ont passé la moitié de leur vie à côtoyer des garçons qui pensaient que Verlaine était le nom d’une tisane.
C’est cruel, c’est injuste, c’est dégueulasse !

Est-ce dieu qui me met ainsi à l’épreuve ? Veut t’il éprouver ma foi en envoyant sur ma route cette créature diabolique…

Que va-t-il advenir de moi ? Vais-je mourir d’un « accident auto-érotique » comme David Carradine? J’en doute car je ne suis pas assez souple…

Dans ces moments de trouble, il ne reste plus qu’une seule issue, la prière:

 Hum hum…Notre père qui êtes au cieux…vous n’êtes qu’un sale sadique détraqué et sénile. Et si votre règne arrive et que nous avons le malheur de nous croiser je vous foutrais mon poing sur la gueule !!! Au lieu de me refiler du pain comme à un putain de moineau, je préfèrerais que vous me faxiez les prochains numéros de l’euro million afin que je puisse sombrer définitivement dans l’oisiveté la plus navrante. Si vous avez une minute à vous, faites en sorte que je ne succombe pas à la tentation , car violer un prof d’université, ça fait toujours mauvais genre.

Amen

PS: Vous connaissez la dernière trouvaille du Vatican ? Apparemment maintenant, les apparitions du pape seront payantes. Du moins ça a été le cas en Grande Bretagne… J’ai peur que cette idée ne soit pas très judicieuse, surtout si elle a pour but de ramener les brebis égarées dans vos églises. Car il ne faut pas oublier une chose, pour les brebis aussi c’est la crise. Et aux dernières nouvelles, la foi ne paye pas le loyer.
En plus franchement, entre nous, quitte à payer pour voir un type en robe parler avec un accent bizarre, autant allez au putes.


Je viens de commettre un terrible blasphème, j’en ai pleinement conscience! C’est très mal ! Je vais me flageller ! J’espère que dieu me pardonnera mes offenses, comme il est censé le faire…sinon je m’en fous, je vais voir la concurrence, je me convertis au bouddhisme!

Brünnhilde

mercredi 20 octobre 2010

Immersion totale d'une sociopathe dans la médecine du travail

Je fouille nerveusement dans les poches de mon jean pour trouver un peu de monnaie afin d’acheter un ticket de métro. Il ne faudrait pas que j’arrive en retard, ça la foutrait vraiment mal, dans ma tête je repasse en revue le peu que je sais sur la médecine du travail.

La veille j’avais appelé un ami, insomniaque lui aussi, pour lui demander de me briefer un peu sur le sujet… Il m’avait raconté deux trois anecdotes sans grande conviction, derrière lui j’entendais « les clash » chantant «  rock the casebah » en sourdine et j’avais fini par le laisser tranquille de peur qu’il s’endorme sur le combiné.

Je finis par atteindre le lieu de rendez vous. J’aperçois une Clio bleu, c’est celle de Philippe Larue, je presse le pas.

Je m’engouffre à la hâte dans la voiture et boucle ma ceinture de sécurité. J’évite de dire à l’homme qui pianote nerveusement sur son I phone, qu’il est tout de même tombé sur la pire copilote de l’histoire de l’humanité.
En effet avec ma myopie, je suis quasiment incapable de repérer un panneau routier à part si on me tape sur la gueule avec…et encore ce dernier point reste à prouver…( ou pas, car je tiens à mes dents)

Après moult pérégrinations ( ça c’est un mot qui a de la gueule ) nous arrivons enfin à destination . C’est un petit bâtiment aux murs clairs à l’entrée de la zone d’activité de Martigues. Philippe Larue pousse la porte, je le colle comme son ombre. La salle d’attente est bondée. Chacun passe le temps comme il peut, certains feuillettent de vieux magazines sans grande conviction, d’autres fixent le mur d’un air absent.
Après qu’une secrétaire particulièrement perfide ait tenté d’usurper l’identité du médecin que nous devions voir ( ce qu’elle niera d’ailleurs farouchement, la fourbe) nous décidons d’attendre à l’extérieur qu’on puisse nous recevoir.

Les gens ayant fini leur visite acceptent de nous consacrer un peu de leur temps.
Un cordiste passe quelques minutes à nous parler de son boulot en tripotant nerveusement sa cigarette, difficile de lui donner un âge avec ses yeux clairs et ses traits taillés au couteau.
Et puis il y a cette petite femme pâle et fragile, atteinte d’une polyarthrite qui s’exprime avec une voix douce et mal assurée.
Si aucun d’entre eux n’est au courant des réformes menées par le gouvernement sur la médecine du travail, le sujet ne les laisse néanmoins pas indifférents. Leurs avis sont aussi divers que les raisons qui les conduisent ici. Et si certains affirment que ces visites sont cruciales, un ouvrier nous avoue en souriant qu’il trouve ça « carrément merdique ».

Après ces brèves rencontres et quelques notes au stylo vert dans un carnet. Nous somme reçus par Madame Évrard ( la vraie ) qui est médecin du travail depuis plus de trente ans.

Elle est franche et directe. Elle connaît la réalité du boulot et en parle sans détours.
Oui, elle voit des gens au bout du rouleau, elle en voit même beaucoup. Pour tout dire, de plus en plus ces dernières années. Ses dires confirment ce que l’on entend à longueur de journée sur la tension qui règne dans la plupart des entreprises. Et surtout sur cette logique de profit maximum qui finit par broyer les employés.
C’est triste à dire mais aujourd’hui ce ne sont plus seulement les substances toxiques qui font du lieu de travail un environnement pathogène. D’ailleurs, sur ma chaise, je me suis mise à penser aux gens que cette femme a dû croiser au fil de sa carrière. Son boulot est-il vraiment, comme elle le dit, moins éprouvant que celui d’un urgentiste ?
Est-ce mieux de voir des types tellement bousillés par leur job, que le quitter devient la seule issue envisageable pour sauver leur peau. Quand un médecin vous dit, mieux vaut envoyer quelqu’un au chômage qu’à la mort, ça fait froid dans le dos…

En plus d’être une femme lucide, Madame Evrard est une femme de poigne ( oui vous l’aurez remarqué, je suis fan) et il lui arrive de monter au créneau afin de réinstaurer le dialogue au sein d’une entreprise ou de désamorcer des conflits. D’ailleurs quand on voit sa détermination, je vous assure qu’on a pas envie de la contrarier…

Mais malgré toute l’énergie qu’elle déploie, il y a des situations sans issues. En effet pour certaines boites, améliorer les conditions de travail s’avère trop coûteux et pourrait être synonyme de faillite…Là je sens bien que je vous déprime et croyez moi de mon côté ça ne m’a pas franchement fait marrer non plus.
Surtout que j’ai gardé le meilleur pour la fin. En effet, il arrive que parfois, afin que certains sous-traitants puissent accéder à des sites Pétrochimique, les médecins du travail se retrouvent à signer ( tenez vous bien ) des certificats de non contre-indications aux risques cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction…

Bien que mes connaissances en médecine soient fort rudimentaires je ne suis pas non plus totalement niaise. Il est juste aberrant de faire signer un tel papier à un médecin. Car en cas de problème ( ce qui est d’ailleurs plus que probable) c’est vers lui qu’on se tournera. Mais une fois encore, la situation est sans issue car sans ce papier, le salarié se retrouve dans l’impossibilité de faire son job. C’est pour ça que des médecins qualifiés et totalement conscients de l’absurdité de la chose, se retrouvent à approuver ( excuser moi le terme) de telles conneries.
Oui je sais…si ce n’était pas aussi dingue et absurde ça pourrait presque être drôle.
Mais malheureusement quand ce genre de sujet prête à rire, c’est plutôt mauvais signe.

En résumé cette journée fut plutôt enrichissante. Déjà parce que je suis revenue de Martigues un peu moins bête qu’en arrivant, ça c’est plutôt bien. Et surtout parce que c’est bon de voir qu’il existe des gens qui s’investissent dans leur job et le font avec passion.

Brünnhilde