Cela faisait longtemps que je ne vous avais plus parlé de la fac et c’est un tort! En effet je pourrais disserter des heures sur les mille et un avantages de ce lieu enchanteur. Mais je ne peux en un article parler de tout. Ainsi je n’évoquerai pas aujourd’hui la pizza en bois de la cafétéria ou la moustache de la prof de latin, mais rassurez vous il y a mieux.
L’ancien français

Un beau matin de janvier un jeune professeur plein d’espoir et un brin extatique nous déclara avec un sourire carnassier que l’ancien français était « une matière passionnante, pleine de subtilité et fortement appréciée des étudiants! »
Bon, soyons clair, tout ça est totalement faux . L’ancien français enthousiasme les jeunes à peu prés autant que l’herpès génital. En même temps vu les oeuvres au programme j’aurais du m’en douter. En effet « les lais de Marie de France » ne sont pas vraiment une promesse de rigolade . C’est même au contraire l’assurance de s’emmerder sévère pendant au moins un mois.
Je crois qu’en fait, ces cours sont une façon d’achever tous ceux qui ont eu l’outrecuidance de survivre à la phonologie.
Après avoir postillonné gaiement pendant tout le premier semestre, l’heureux élève de lettres modernes va maintenant pouvoir traduire des textes médiévaux et ce, pendant cinq heures d’affilée…pour cet exercice il est conseillé de se munir d’un stylo, d’une feuille et d’une grande boite d’antidépresseurs.
Car en plus d’être incompréhensible, la langue de Marie de France est aussi remarquablement laide. A mi chemin entre le chti et le breton, cette langue est à la musicalité ce que Patrick Sébastien est au bon goût.
Nul homme sur cette planète ne mérite de voir au grand jour le rictus cruel qui déforme le visage hâve de notre professeur lorsqu’il nous rend nos évaluations écrites.
Les partiels d’ancien français c’est un peu comme koh-lanta sauf qu’à la fin il ne reste plus aucun survivant …ah non! je dis une bêtise, il reste le prof et oui bien sûr, vu qu’il est le seul à comprendre son cours.
Je ne veux pas paraître paranoïaque mais j’ai l’intime conviction que cette matière n’est rien de plus qu’un moyen de détruire tout ce qu’il reste encore d’humain dans l’élève de lettres modernes, car après avoir subi « Chrétien de Troyes » on n’est plus qu’une bête.
En résumé tout ce que je peux dire c’est que si il n’existe pas déjà en enfer un cercle réservé aux profs d’ancien français, je veux bien aller le creuser moi-même.
Brünnhilde
