
"Les compagnons de la grappe" de John Fante
John Fante le retour ! après avoir lu « mon chien stupide » je me disais qu’il serait bon de retourner faire un tour du côté de chez Fante ( et non de chez Swan comme le chantait une jolie blonde un peu poilue ) . Après mure réflexion j’ai finalement jeté mon dévolu sur « les compagnons de la grappe ».
Le décor est le suivant , une famille américano-italienne dont le narrateur, Henry un écrivain quinquagénaire, fait bien malgré lui partie.
Le père, Nick Molise, un poseur de briques de talent, accumule tout les pires défauts du macho italien , alcoolique, joueur, infidèle, égoïste, brutal, en effet à 73 ans il trouve encore la force de rouer sa femme de coups. C’est justement un peu à cause de ça que l’histoire commence.
« un soir de septembre dernier mon frère m’a téléphoné de San Elmo pour m’annoncer que papa et maman voulaient une fois encore divorcer.
- tu n’as rien de plus original à me raconter ?
- cette fois c’est pour de vrai, a dit Mario. »
Henry se retrouve donc obligé de faire un retour aux sources,en plus des retrouvailles plus ou moins froides avec ses frères et sœurs , une fois là bas son père réussit à l’entraîner dans ce qui sera sa dernière construction.
Un livre assez bien foutu, parfois un peu plat mais jamais languissant, de plus Fante aborde des sujets assez universels. Les relations que l’on peut entretenir avec ses parents , cette impuissance qui fait que peu importe notre âge, un père reste un père et que sa présence aussi pesante soit-elle est un repère indispensable .je pense à un passage particulièrement poignant ou le narrateur décrit les sentiments qui se bousculent en lui lorsqu il voit son père pleurer : colère , tristesse ,dégoût.
Henry semble déchiré entre ses origines et ce qu’il a toujours voulu être, entre son père et Dostoïevski.
Les personnages à la fois attachants et détestables semblent être la marque de fabrique de Fante. Nick est une représentation vibrante des excès à l’italienne, trop de vin , trop de femmes, trop de bruit, qu’on l’aime ou qu’on le déteste on ne peut pas le juger, c’est un être farouchement attaché a la vie , il est tout d’un bloc aussi dur que les briques qu’il pose depuis toujours.
En résumé le livre n’a rien de vraiment transcendent ( pas de quoi molester un canard) mais il est plaisant, sincère et ponctué par cet humour un peu grinçant qui m’avait déjà séduite dans "mon chien stupide ".
Brünnhilde




