samedi 4 avril 2009

Bad dreams in the night...




La nuit du chasseur

réalisé par Charles Laughton en 1955

Ahhhhh Robert Mitchum, je ne veux pas insister mais quand même ahhhh ROBERT MITCHUM … je me souviendrai toute ma vie de cette scène dans « River of no return. » où il frictionne Marilyn Monroe avec une couverture, un des grands fantasmes de mon début d’adolescence. Desproges avait dit de lui qu’il faisait « vibrer les femmes amoureuses de l’amour » qu’ajouter de plus ?




Bon pour en revenir au film un petit résumé . Harry Powell un homme charmant , Prêcheur et tueur psychopathe à ses heures perdues, sillonne le pays à la recherche de riches veuves à dépouiller et à charcuter … oui bon,c’est un film noir .
Un jour notre brave Harry se fait arrêter pour un vol de voiture, après avoir été jugé il va purger sa peine en prison. En taule il fait la connaissance d’un condamné à mort qui aurait apparemment caché le butin d’un braquage dans sa ferme. Bien décidé à mettre la main sur cet argent une fois dehors, Harry met le cap sur la ferme de son défunt compagnon de cellule.



La veuve, qui est une jeune femme bien sous tout rapport mais qui n’a néanmoins pas inventé la machine à cintrer les bananes tombe bien entendu sous le charme du prêtre itinérant et l‘épouse ( bon en même temps on la comprend, personnellement Robert Mitchum en soutane moi ça ne m’évoque que le viol et la dépravation ) . Et c’est à ce moment là que les choses se gâtent…tan tan tan .

J’ai pris un réel plaisir à voir ce film, je crois pouvoir dire sans trop m’avancer qu’il n’a pas mal vieilli.
Bien sûr Mitchum est impressionnant et pas seulement de par sa stature, son regard presque transparent a quelque chose qui vous glace , il est malsain et dérangeant, une incarnation du mal endormant les gens naïfs par des discours faussement vertueux.
Et si le personnage d’Harry résume le monde à l’amour et à la haine, comme en témoignent les tatouages sur chacune de ses mains, le film lui est tout en nuances.

Ce qu’il y a aussi de vraiment séduisant dans ce long-métrage c’est son esthétisme, le noir et blanc y est pour beaucoup mais l’utilisation de la lumière et la mise en scène sont ,on le sent bien, réglées au millimètre.
Notamment un passage dans la chambre à coucher entre Harry et la veuve qui est vraiment magnifique . Le jeu de lumière dans la pièce et sur le visage de Mitchum donne à la scène quelque chose d’irréel, un moment suspendu quelque part entre le beau et l’effroyable .



« le beau n'est rien que le premier degré du terrible » s’empresserait de souligner mon prof de philo.




Alors je vous l’accorde le film est peut être moins effrayant qu’au jour de sa sortie,c’est un fait. Mais l’angoisse est pourtant bien présente quand nous assistons impuissants au spectacle de cette jeune femme crédule qui laisse le grand méchant loup s’engouffrer sous son toit.
Alors que les enfants s’endorment, comme le chasseur tapis dans l’ombre , il attend.



« Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous, sous des vêtements de brebis; mais au-dedans, ce sont des loups rapaces. »







Brünnhilde

4 commentaires:

Gromovar a dit…

Un chef d'oeuvre absolu.

Sociopathe Eclairé a dit…

quoi donc ? Le film ou mon article ? :)

Brünnhilde

Anonyme a dit…

j'aime bien la petite référence à notre prof de philo ("vous n'avez rien ou bien c'est le rien qui vous grignote", hum hum seuls les initiés peuvent comprendre...)

Sociopathe Eclairé a dit…

moi en ce moment c'est le rien qui me grignote !


Brünnhilde