lundi 29 novembre 2010

Chronique d'une haine peu ordinaire n°16

Tu seras un prof ma fille



Je tiens à m’excuser d’avance auprès de nos amis collégiens et lycéens, qui pourraient par inadvertance tomber sur ce petit billet haineux, que m’a dicté mon ego hypertrophié de théâtreuse pédante et sexuellement frustrée. Sachez mes jeunes amis que je n’ai strictement rien contre les 13-18 ans, je ne suis point atteinte d'éphébophobie, en fait je trouve l’être humain abject et ce, à chaque période de sa vie.

Dans mes connaissances, il y a un garçon assez particulier; qui entre deux cuites et deux soirées étudiantes ( pléonasme ) s’amuse à jouer les madame Soleil avec tous ceux qu’il croise.

C’est ainsi qu’un beau matin ce grand couillon à l’oeil vitreux se tourna enfin vers moi pour déclarer non sans une certaine nonchalance :

- Toi, tu vas finir prof !

Je m’y attendais, c’était prévisible, les gens me voient bien devant un tableau noir. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est ainsi. Il faut dire que je porte bien le cartable et la chemise blanche… A moins que cela n’ait un rapport avec mon magnétisme presque animal et cette incroyable éloquence qui ferait pâlir d’envie Ciceron lui-même, si ce brave homme était encore des nôtres…En plus de ça, je suis humble, ce qui ne gâche rien.

Pourtant en toute honnêteté je serais une enseignante des plus abjectes. Je serais élitiste, lunatique, sadique, je ne respecterais pas les programmes, je n’irais pas aux réunions parents profs, je ferais lire Sade à mes élèves et les inciterais à sécher les mathématiques.

De plus soyons clairs. Si au milieu de la lie des lycéens lambda j’avais le malheur de tomber sur un étudiant de valeur, je finirais sûrement par tenter d’abuser de lui…
Mais ne voulant pas rentrer dans ces détails plus que sordides, qui effraieraient le plus endurci des Psychanalystes, je décide de formuler les choses de façon plus décente.

Je lui réponds alors que je ne veux pas être de ceux qui affrontent chaque jour l’obscène stupidité des ados décérébrés suintant le sébum et puant l’arrogance à dix kilomètres !

Apparemment surpris par cette réponse, mon ami se contenta d’hausser les épaules et de déclarer le plus sérieusement du monde.

- oh je t’en prie c’est la planque, ils savent pas leur chance.

C’est vrai quand on y pense…Quelle chance !

Qui n’a jamais rêvé de parler du romantisme à de petits cons goguenards qui préfèrent cent fois se branler nerveusement devant des pornos japonais plutôt que savoir ce qu’était la bataille d’Hernani.
Quel est celui qui en plein milieu d’un cours d’histoire refuserait l’honneur extrême de regarder Stacy, avec son QI de Yorkshire, rire bêtement en braquant son regard vide et charbonneux sur son I-phone dernière génération .
Où est il le fou inconscient qui se priverait volontairement, de la joie indicible qui envahit un professeur de philosophie, quand celui-ci se rend compte tout ému, que ses élèves croient dur comme fer que Claude Lévi-Strauss est un fabriquant de jeans et que l’Épistémologie est le nom d’une maladie vénérienne…

C’est vrai que quand on regarde ces arguments tous plus aguichants les uns que les autres, la tentation est grande. Mais je ne puis me résoudre à embrasser une carrière dans l’enseignement.
En effet ma vie me semble déjà suffisamment tragique pour que je ne pousse le vice jusqu’à faire le choix aberrant de me retrouver volontairement en face d’adolescents alors que je les ai copieusement haïs durant toute mes études secondaires.

Je m’imagine déjà…Au milieu d’une classe de 35 élèves dont 26 redoublants, en train de tenter vainement de faire mon cours de littérature… Comme chaque année je devrais leur faire lire Zola ! ZOLA ! Ce connard qui comprend aussi bien la génétique que moi l’araméen! Ce sadique de Zola ! Moi qui abhorre tant ses grosses œuvres écœurantes et qui préfère cent fois le style superbe et tourmenté de Huysmans !

Lorsque que le plus excité de mes étudiants, fera une commotion cérébrale à un de ses camarades en le frappant avec l’édition Folio classique du « Docteur Pascal », peut être alors me révolterais je ?

- Dylan lâche ce bouquin ! Si tu veux vraiment faire mal à un de tes camarades avec un roman de Zola, lis lui en un chapitre !

- Zola je l’emmerde !

Devant tant d’insolence je dégainerais l’artillerie lourde.

- Dylan donne moi ton carnet ! Tu l’a cherché, tu vas avoir un mot!

Cette arme dérisoire n’empêchera certes pas le minable morveux béotien et médisant de rétorquer sans broncher :

- Mieux vaut avoir un mot que ta gueule !

Alors non, je ne veux pas enseigner… Pas tant que la strangulation et le démembrement ne remplaceront pas les mots et les heures de colle…


* une petite pensée émue et un grand merci à tous les profs qui m’ont passionnée, me passionnent et me passionneront *


Brünnhilde

mardi 26 octobre 2010

Chronique d'une haine peu ordinaire n°15

Et Dieu créa la Fac




Je ne suis pas d’une nature perverse, non, pas totalement…Pas autant qu’on semble le penser. Mon esprit est relativement sain, bien que Sade et Bukowski soient passés par là. C’est vrai, je m’en sors bien ! Je n’ai jamais violé personne, je ne porte pas de latex, je ne pratique pas la strangulation érotique et je ne tripote pas les enfants… Je suis d’ailleurs très fière de mon self-control et je pense pouvoir dire sans me vanter que je suis d‘une remarquable pureté…enfin…presque…

En début d’année, nous découvrîmes sur notre emploi du temps que nous avions quatre heures de poésie…Poésie…que ce mot est doux à l’oreille de l’élève de lettres modernes…Néanmoins malheureusement à l’université , quand la matière est alléchante le prof est à chier…
Donc, comme la fac est une machine à broyer les illusions, nous nous attendions à voir arriver un petit chauve ennuyeux et bedonnant avec un défaut d’élocution.
Quelle ne fut pas notre surprise quand monsieur « C », sorte de croisement improbable entre Daniel Craig et Jeremy Irons, fit irruption dans la salle en demandant d’une voix suave «  vous êtes bien là pour le cours de poésie ? ».

Après le cercle des poètes disparus, bienvenu au cercle des élèves éperdues…

Êtes-ce possible ? Un prof à la fois drôle, sexy et brillant ? Et qui enseigne la poésie en plus ? Non mais sérieusement, il ne pouvait pas se passionner pour autre chose ! Le tuning ou la collection des canettes de bière !
Nous voulûmes détourner nos yeux de cette apparition diabolique, mais hélas il était déjà trop tard !

l'Éternel fit tomber sur nous une pluie de soufre,de feu  et d’idées perverses !
Néanmoins Abraham, qui n’avait rien d’autre à foutre car il était en RTT, se tourna vers l’Éternel et lui dit :

« Peut-être y a-t-il cinquante…bon non cinquante c’est trop, je retire…disons cinq justes au milieu de cette classe de dépravées : les feras-tu périr aussi, et ne pardonneras-tu pas à la classe à cause des cinq justes qui sont au milieu d'elle ?  »

L’Éternel répondit

«  Écoute, franchement, Si tu trouves cinq justes au milieu de cette classe , moi je démissionne. »


Ô SEIGNEUR !!!Dis moi qui a eu l’idée de placer un cerveau de normalien dans un corps d’acteur de série américaine !!!

On ne met pas un type comme ça au milieu d’une classe composée de 95% de filles ! Surtout quand les filles en question ont passé la moitié de leur vie à côtoyer des garçons qui pensaient que Verlaine était le nom d’une tisane.
C’est cruel, c’est injuste, c’est dégueulasse !

Est-ce dieu qui me met ainsi à l’épreuve ? Veut t’il éprouver ma foi en envoyant sur ma route cette créature diabolique…

Que va-t-il advenir de moi ? Vais-je mourir d’un « accident auto-érotique » comme David Carradine? J’en doute car je ne suis pas assez souple…

Dans ces moments de trouble, il ne reste plus qu’une seule issue, la prière:

 Hum hum…Notre père qui êtes au cieux…vous n’êtes qu’un sale sadique détraqué et sénile. Et si votre règne arrive et que nous avons le malheur de nous croiser je vous foutrais mon poing sur la gueule !!! Au lieu de me refiler du pain comme à un putain de moineau, je préfèrerais que vous me faxiez les prochains numéros de l’euro million afin que je puisse sombrer définitivement dans l’oisiveté la plus navrante. Si vous avez une minute à vous, faites en sorte que je ne succombe pas à la tentation , car violer un prof d’université, ça fait toujours mauvais genre.

Amen

PS: Vous connaissez la dernière trouvaille du Vatican ? Apparemment maintenant, les apparitions du pape seront payantes. Du moins ça a été le cas en Grande Bretagne… J’ai peur que cette idée ne soit pas très judicieuse, surtout si elle a pour but de ramener les brebis égarées dans vos églises. Car il ne faut pas oublier une chose, pour les brebis aussi c’est la crise. Et aux dernières nouvelles, la foi ne paye pas le loyer.
En plus franchement, entre nous, quitte à payer pour voir un type en robe parler avec un accent bizarre, autant allez au putes.


Je viens de commettre un terrible blasphème, j’en ai pleinement conscience! C’est très mal ! Je vais me flageller ! J’espère que dieu me pardonnera mes offenses, comme il est censé le faire…sinon je m’en fous, je vais voir la concurrence, je me convertis au bouddhisme!

Brünnhilde

mercredi 20 octobre 2010

Immersion totale d'une sociopathe dans la médecine du travail

Je fouille nerveusement dans les poches de mon jean pour trouver un peu de monnaie afin d’acheter un ticket de métro. Il ne faudrait pas que j’arrive en retard, ça la foutrait vraiment mal, dans ma tête je repasse en revue le peu que je sais sur la médecine du travail.

La veille j’avais appelé un ami, insomniaque lui aussi, pour lui demander de me briefer un peu sur le sujet… Il m’avait raconté deux trois anecdotes sans grande conviction, derrière lui j’entendais « les clash » chantant «  rock the casebah » en sourdine et j’avais fini par le laisser tranquille de peur qu’il s’endorme sur le combiné.

Je finis par atteindre le lieu de rendez vous. J’aperçois une Clio bleu, c’est celle de Philippe Larue, je presse le pas.

Je m’engouffre à la hâte dans la voiture et boucle ma ceinture de sécurité. J’évite de dire à l’homme qui pianote nerveusement sur son I phone, qu’il est tout de même tombé sur la pire copilote de l’histoire de l’humanité.
En effet avec ma myopie, je suis quasiment incapable de repérer un panneau routier à part si on me tape sur la gueule avec…et encore ce dernier point reste à prouver…( ou pas, car je tiens à mes dents)

Après moult pérégrinations ( ça c’est un mot qui a de la gueule ) nous arrivons enfin à destination . C’est un petit bâtiment aux murs clairs à l’entrée de la zone d’activité de Martigues. Philippe Larue pousse la porte, je le colle comme son ombre. La salle d’attente est bondée. Chacun passe le temps comme il peut, certains feuillettent de vieux magazines sans grande conviction, d’autres fixent le mur d’un air absent.
Après qu’une secrétaire particulièrement perfide ait tenté d’usurper l’identité du médecin que nous devions voir ( ce qu’elle niera d’ailleurs farouchement, la fourbe) nous décidons d’attendre à l’extérieur qu’on puisse nous recevoir.

Les gens ayant fini leur visite acceptent de nous consacrer un peu de leur temps.
Un cordiste passe quelques minutes à nous parler de son boulot en tripotant nerveusement sa cigarette, difficile de lui donner un âge avec ses yeux clairs et ses traits taillés au couteau.
Et puis il y a cette petite femme pâle et fragile, atteinte d’une polyarthrite qui s’exprime avec une voix douce et mal assurée.
Si aucun d’entre eux n’est au courant des réformes menées par le gouvernement sur la médecine du travail, le sujet ne les laisse néanmoins pas indifférents. Leurs avis sont aussi divers que les raisons qui les conduisent ici. Et si certains affirment que ces visites sont cruciales, un ouvrier nous avoue en souriant qu’il trouve ça « carrément merdique ».

Après ces brèves rencontres et quelques notes au stylo vert dans un carnet. Nous somme reçus par Madame Évrard ( la vraie ) qui est médecin du travail depuis plus de trente ans.

Elle est franche et directe. Elle connaît la réalité du boulot et en parle sans détours.
Oui, elle voit des gens au bout du rouleau, elle en voit même beaucoup. Pour tout dire, de plus en plus ces dernières années. Ses dires confirment ce que l’on entend à longueur de journée sur la tension qui règne dans la plupart des entreprises. Et surtout sur cette logique de profit maximum qui finit par broyer les employés.
C’est triste à dire mais aujourd’hui ce ne sont plus seulement les substances toxiques qui font du lieu de travail un environnement pathogène. D’ailleurs, sur ma chaise, je me suis mise à penser aux gens que cette femme a dû croiser au fil de sa carrière. Son boulot est-il vraiment, comme elle le dit, moins éprouvant que celui d’un urgentiste ?
Est-ce mieux de voir des types tellement bousillés par leur job, que le quitter devient la seule issue envisageable pour sauver leur peau. Quand un médecin vous dit, mieux vaut envoyer quelqu’un au chômage qu’à la mort, ça fait froid dans le dos…

En plus d’être une femme lucide, Madame Evrard est une femme de poigne ( oui vous l’aurez remarqué, je suis fan) et il lui arrive de monter au créneau afin de réinstaurer le dialogue au sein d’une entreprise ou de désamorcer des conflits. D’ailleurs quand on voit sa détermination, je vous assure qu’on a pas envie de la contrarier…

Mais malgré toute l’énergie qu’elle déploie, il y a des situations sans issues. En effet pour certaines boites, améliorer les conditions de travail s’avère trop coûteux et pourrait être synonyme de faillite…Là je sens bien que je vous déprime et croyez moi de mon côté ça ne m’a pas franchement fait marrer non plus.
Surtout que j’ai gardé le meilleur pour la fin. En effet, il arrive que parfois, afin que certains sous-traitants puissent accéder à des sites Pétrochimique, les médecins du travail se retrouvent à signer ( tenez vous bien ) des certificats de non contre-indications aux risques cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction…

Bien que mes connaissances en médecine soient fort rudimentaires je ne suis pas non plus totalement niaise. Il est juste aberrant de faire signer un tel papier à un médecin. Car en cas de problème ( ce qui est d’ailleurs plus que probable) c’est vers lui qu’on se tournera. Mais une fois encore, la situation est sans issue car sans ce papier, le salarié se retrouve dans l’impossibilité de faire son job. C’est pour ça que des médecins qualifiés et totalement conscients de l’absurdité de la chose, se retrouvent à approuver ( excuser moi le terme) de telles conneries.
Oui je sais…si ce n’était pas aussi dingue et absurde ça pourrait presque être drôle.
Mais malheureusement quand ce genre de sujet prête à rire, c’est plutôt mauvais signe.

En résumé cette journée fut plutôt enrichissante. Déjà parce que je suis revenue de Martigues un peu moins bête qu’en arrivant, ça c’est plutôt bien. Et surtout parce que c’est bon de voir qu’il existe des gens qui s’investissent dans leur job et le font avec passion.

Brünnhilde

vendredi 15 octobre 2010

Xavier Dolan - Les Amours imaginaires


Vite, vite, avant qu’il ne soit plus en salle il faut que je vous parle de ce film, ma dernière excellente surprise cinématographique (et elles sont rares, vu mon exigence pour cet art si souvent bafoué, et vu mon inculture surtout…) !



L’histoire n’est pas ici extrêmement originale, ça a déjà été de nombreuses fois relevé - un triangle amoureux, une ambigüité troublante, les affres de la passion et de la jeunesse - mais Xavier Dolan traite tous ces thèmes avec suffisamment de sensibilité, de pudeur, de distance et à la fois d’implication pour signer une deuxième film encore très personnel.
Oui, deuxième film, parce que le réalisateur n’a que 21 ans (il y a de quoi être complexé) et avait déjà ébouriffé Cannes l’année dernière avec J’ai tué ma mère. Depuis celui-ci, la technique s’est affermie, le style et la plastique se sont raffinés, et s‘il continue encore ainsi, vu la qualité amplement supérieure à ce que peuvent faire la majorité de ses ainés, on risque de voir venir de véritables chefs d‘œuvre.
Visuellement, c’est toujours très très étudié : l’on se retrouve ahuri du travail sur la couleur où tous les vêtements, les décors, les objets sont assortis avec soin, réunis de manière à créer des ambiances ou des contrastes plus ou moins marqués, et cela en faisant toujours sens avec l’action. Rien que ça, c’est admirable.
La bande-son aussi, évidemment ! Cet élément souvent relégué au deuxième plan, entre bruitages vulgaires et musique indigente pour combler le vide d’idées… Non, ici chaque son est pesé avec soin, la musique est de grande qualité, variée (de la techno à Dalida en passant par Wagner [forcément il marque des points]) utilisée avec parcimonie, et intelligence bien entendu.

Côté acteurs, Xavier Dolan semble presque aussi bon devant que derrière la caméra, accompagné de la belle Monika Chokri, qui exprime à merveille toutes les tensions et tourments amoureux. On croirait que le rôle de l’éphèbe impalpable a été écrit pour Niels Schneider (et c’est sans doute le cas), prêt à faire fondre n’importe qui. Mais surtout, c’est la complicité, l’entente véritable qui semble exister entre les acteurs qui leur donne tant de profondeur et de vérité. On sent que tourner à dû être un bonheur.
Il faut tout de même noter la brève intervention de Anne Dorval (parfois connue sous le nom de Criquette) qui jouait déjà génialement la mère dans le premier film de Dolan, ici comme un clin d’œil.

D’ailleurs, des clins d’œil, il y en a beaucoup - j’ai failli oublier ! Le jeune réalisateur n’oublie pas ses modèles et ses sources d’inspirations variées comme Cocteau, Pollock, Gropius, le Bahaus, et sans doute encore beaucoup que je n’ai pas remarqué…
Tout cela agrémenté d’un humour fin mais très efficace (pas seulement à cause de l’accent québécois), une certaine légèreté qui permet à l’œuvre de pas tomber dans le premier degré absolu et maladroit.


La même semaine sortaient Les Amours imaginaires et Kaboom, deux films qui, à en lire seulement les synopsis, parlaient à peu près de la même chose. Il suffit pourtant de regarder les deux bandes-annonces pour déceler le vrai film de la comédie pour ado qui se cherche. Un des deux réalisateur a compris que le cinéma était un Art, que l’on devrait l’aborder de la même manière que l’on va au théâtre, à l’opéra ou au musée ; pas comme on va au stade ou qu‘on allume sa télé.


Wotan

samedi 11 septembre 2010

Chronique d'une haine peu ordinaire n°14


Les enfants c’est bien, l’IVG c’est mieux !

Un des gros avantages du mois de septembre, outre la baisse des températures, c’est que la plupart des gamins hystériques qui peuplent nos lieux publics retournent traumatiser leur profs dans les écoles primaires…Comment ça, je n’aime pas les enfants? Moi ? Mais j’adore les enfants …du moins c’est ce que je me répète en boucle sur la plage pour ne pas étrangler les petits cons qui ensablent ma serviette…Non plus sérieusement, je ne suis pas allergique aux enfants…pas totalement…ça dépend lesquels…c’est sûr que quand tu vois un enfant grandir tu t’y attache…c’est comme les animaux…
En vérité ce que je redoute, le plus ce sont les accouchements…ou plutôt la première visite à la maternité. Le parcours est toujours le même

On entre dans l’hôpital, les femelles hystériques piaillent dans l’ascenseur, extatiques à l’ idée de voir le nouveau né. Chacune tente vainement de savoir de qui le petit têtard aura les yeux, la bouche, le nez…conversation aussi creuse qu’inutile vu que les enfants, à la naissance, se ressemblent tous… J’ai d’ailleurs toujours trouvé ridicule les gens, qui par hypocrisie, s’appliquent à trouver des ressemblances frappantes entre les jeunes parents comblés et la petite créature fripée qu’ils tiennent dans leurs bras. Mais passons…

Arrivée au bon étage on se renseigne pour connaître le numéro de la chambre. Une infirmière quadragénaire nous indique « la 312 » sans même lever les yeux de ses mots croisés.
Une fois devant la bonne porte, on tape et une voix lointaine nous dit d’entrer…

C’est alors que la mère apparaît, la figure boursouflée par six heures de travail certes, mais un sourire béat placardé sur le visage…Bien qu’elle ait l’air de Rocky balboa après une cuisante défaite, chacun la trouve magnifique et rayonnante.
En particulier l’heureux Papa, qui bien qu’il n’ait dormi que deux heures, se repasse en boucle la vidéo de l’accouchement. Tout le monde nage dans la guimauve, on change le bébé, on parle du bébé, on pèse le bébé, on prend en photo le bébé…Et fatalement à un moment, chacun à son tour, on doit porter le bébé…Horreur !!! C’est à ce moment là que mon sang se glace…Mais bien entendu quand la nouvelle mère se tourne vers moi, elle ne voit jamais mon regard terrifié et l’ombre qui tombe sur mon visage.
Ce qui donne immanquablement lieu à une conversation de ce style:

- tu veux le prendre. Ah ah ah ( Rire de la jeune mère totalement épanouie en tant que femme)

- non, ça va merci.

- mais si voyons, vas y !!

- non je t’assure, je préfère pas.

- ohhhh mais VAS Y, ça va te plaire je te dis!!!

- je ne crois pas…

- mais c’est magnifique de tenir un enfant dans ses bras ! hi hi hi ( rire stupide et crispant)

- je préfère les chiens…

- oh que tu es bête, prends le, regarde comme il est beau, tu veux pas le voir de près ?

- non ça va, la vue est bonne d’ici.

- Prends le ! Tu dis non maintenant mais après ça va te plaire !!!!!

- tu sais, c’est exactement ce que disent les violeurs…

- Ahaha ( petit rire forcé et nerveux )

- bon je vais y aller…

- MAIS PRENDS LE, BORDEL !!!

C’est à ce moment précis que l’heureuse maman persuadée que je passe à côté d’une expérience extraordinaire, me fout de force son rejeton somnolant dans les bras…Et là, viens la question cruciale, celle que je redoute le plus.

- alors ça te fait quoi ?

Vous voulez savoir la vérité…ça ne me fait Rien…Rien ne frémit dans mes entrailles quand on me fout un chiard dans les bras, à part peut être l’ulcère que j’ai à l’estomac, mais je crois que ça ne compte pas.
Je ne sens pas monter en moi un cri venu du fond des âges, mes ovaires ne frissonnent pas et je ne m’imagine pas soudainement le ventre arrondi et les mamelles chargées de lait.
La seule chose dont j’ai vraiment envie, c’est de me décharger de cet être minuscule qu’une mère comblée et inconsciente a eu le malheur de me foutre dans les bras, moi qui ai toujours eu un don pour abîmer les choses fragiles.

Brünnhilde

mardi 31 août 2010

"Une saison en enfer"

Les sociopathes carbonisés

Un grand philosophe a dit (ma Tatie Josiane) : « A trop être éclairé on brûle ».

Enhardis par une année de dur labeur, nous arrivâmes auréolés de gloire en terre corse, bien décidés à dompter Phébus et ses rayons malins (putain elle est classe c’te phrase).

Déjà foulant du pied le sable fin, un vent de lyrisme nous emporta :

- Brünnhilde… la mer n’est finalement qu’une vaste baignoire…

- Oui, et les algues en seraient la pelouse…

- Les bateaux, des voitures…

- Non, des avions !

- Oh, une méduse !

- Allons la saluer, incarnation gélifiée de nos désirs tentaculaires…

C’est ainsi que le soleil jaloux brûla nos peaux diaphanes de poètes maudits et nous condamna à exposer aux yeux du monde les stigmates purpurins de notre inconscience. Ô rage ! Ô désespoir ! Passe-moi la Biafine !

- Ta gueule et va faire la vaisselle.

- Le fait que je possède un vagin ne me prédestine pas forcément aux travaux ménagers !

- Oui, j’avais bien remarqué. La dernière fois que tu as saisi le balai tu t‘es luxé l’épaule…

Nous ne laissâmes bien sûr pas la morosité nous envahir, et aux nourritures corporelles nous préférâmes les nourritures de l’esprit.

- J’ai réussi à ouvrir la boite de saucisses aux lentilles !

- Dépêche, y a Secret Story qui commence !

Sans parler de l’emploi du temps militaire qui rythmait nos journées : jusqu’à dix heures, sommeil profond ; puis premiers gestes gracieux destinés à l’assouplissement corporel ; 11h observation des pieds, assis au bord du lit ; 11h30 déplacement stratégique jusqu’à la cuisine ; midi fin du petit déjeuner et activités diverses dédiées à l’élévation de l’âme (solitaire et étude approfondie du ventilateur). Sept parties perdues et trois crises d’épilepsie plus tard, nous prenions enfin le chemin de la plage.

Là sans frémir, nous y affrontions le front haut, l’eau à 28 degrés et le sable blanc…

Bref chers lecteurs, cet été fut rude et éprouvant ! Mais telle une cellule cancéreuse dans un pancréas nous avons survécu ! Pour votre plus grand plaisir…Et surtout le notre.

Bonne fin d’été à tous, nous à la fac on a encore un mois de vacances !


Brünnhilde et Wotan

mardi 6 juillet 2010

Jean de Tinan - Penses-tu réussir !


Mes goûts pervers pour les fruits trop mûrs de l’art décadent ne vous sont plus étrangers, et après m’être repu des parfums capiteux et délétères qui font de Huysmans l’un des maîtres du genre – dont je suis encore honteux de ne vous en avoir rien dit – il fallait que je me penche sans plus tarder sur le cas du trop méconnu Jean de Tinan.

À travers ces descriptions des « amours de [son] ami Raoul de Vallonges », l’auteur semble signer une véritable autobiographie où la première personne, par le biais de divers récits imbriqués, finit par devenir dominante, se fondant étrangement avec la voix du narrateur, observateur cynique de ces déboires sentimentaux . Parce que, oui, l’une des principales qualité de ce roman est aussi son humour acerbe, son sens de l’autodérision qui pointe derrière chaque phrase et crée toujours une subtile distance avec ses personnages ; un peu comme le fait Flaubert par exemple. L’histoire ressemblerait d’ailleurs à une espèce d’Education sentimentale fin de siècle, acide et délavée, sans en avoir pourtant les proportions ni même l’ambition.

Un tout jeune homme, Raoul, nous rapporte ses différents attachements à l’amour ; du rêve d’enfant emprunt de lyrisme sucré jusqu’au cynisme des assouvissements sexuels les plus brutaux, c’est une véritable évolution, une maturation qui se développe sous nos yeux. Mais il n‘en reste jamais à l’un de ces deux extrêmes, tout est fait avec subtilité, donc les anecdotes ou réflexions parviennent à faire écho à notre propre vécu, à nos propres errements dans les domaines de l’amour. C’est un roman dont on peut sortir vraiment grandi, ou bien simplement touché par ce qui semble finalement être une description de nous-même.
Inutile de dire que la langue de Jean de Tinan porte tout cela à merveille, alternant entre des styles froids et tranchants ou de longues arabesques de couleurs miroitantes et fugaces.
Le livre étant assez difficile à trouver, je vous laisse ici le lien Gallica vers le texte intégral (mais aussi son roman suivant : Aimienne, ou le Détournement de mineure – tout un programme !) avant de vous en proposer un court extrait :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k213800x.pdf



« Et elle partit.
(Oh ! les attentes sur les quais de gares, du train n°8 qui va emporter votre pauvre petit bonheur… !)
Elle agita son mouchoir par la portière, – diminua… diminua… – et tout s’engouffra au tournant.
Je rentrai lentement. Je me mis à table – tout seul.
La mère Suque me consola :
– Faut pas vous désoler comme ça, M’sieu Vallonges, elle était bien gentille et bien mignonne, cette petite dame, mais que voulez-vous… Voyez-vous, M’sieu Vallonges, je dis ça à tous les jeunes gens, – et Dieu sait qu’il en passe au printemps, des jeunes gens qui ont des histoires de femmes ! – je leur dis : faut pas vous attacher… vaut mieux changer plus souvent. Pas vrai ?
– Oui. Certainement...

Je sus très bien jouir de mon chagrin.
Interminables marches à travers la forêt, ou le long de la rivière. Griserie des tristes solitudes d’hiver. Bruit lent du vent dans les branches.
Tous mes éternels lyrismes ; toutes mes ironies ; tous mes lambeaux dépareillés d’anciens rêves ; toutes mes pauvres naïvetés entêtées parmi toutes mes sécheresses (tout ce qui qui vous agace depuis 200 pages), tout cela est repassé en moi à propos de cette petite Jeanne pâle… »





Wotan

jeudi 20 mai 2010

Imre Kertész - Le refus



Bon, je me doute qu'en parlant d'un auteur hongrois aujourd'hui octogénaire, ça ne va pas parler à énormément de monde... Quoique, le monsieur a reçu le prix Nobel de Littérature il y a quelques années ! Mais enfin, on a fait plus populaire.

Il faut dire que le style est très spécial, ça se lit sans difficulté mais c'est toujours sigulier. Résumer Le refus sans passer à côté de toute sa substance est proprement impossible tant l'écriture repose sur la suggestion, le non-dit, l'ignorance même. Nous ne savons strictement rien du/des héros, d'où il vient et où il arrive, ce qu'il faisait et ce qu'il deviendra, à peine un nom, une personnalité un peu étrange que l'on suivra pendant un temps. Rien de plus.
Evidemment, les éléments extra-textuels que l'on tente de glaner nous laissent deviner qu'il s'agit d'une sorte d'autobiographie à la troisième personne. Que la ville où se déroule l'action donc sans doute Budapest, et que la crainte que l'on perçoit en filigrane derrière chaque dialogue est celle d'un régime communiste oppressant. Maistoutes les cartes nous sont volontairement brouillés.
Ajoutons à cela une multitude de récits imbriqués, comme une double, une triple mise en abîme !

La première moitié du réçit, disons le premier cadre narratif, nous présente simplement un auteur en panne d'inspiration, ressasant ses vieux brouillons, ses lettres de refus d'éditeurs.
Le style y est un peu lourd mais très drôle, jouant sur les répétitions et frolant même l'absurde. Ici, aucun doute, il s'agit de Kertész, évoquant même son premier livre Être sans destin sur son expérience de la déportation nazie.
Mais celui-ci commence finalement un nouveau livre, deuxième cadre narratif, où le style devient beaucoup plus flou. Et pourtant, les pensées du personnage principal, Köves, sont toutes rendues avec spontanéité. On s'y projette très rapidement, comme si nous faisions tout à fait partie de son esprit. En tout cas, je me suis senti très proche de cette manière de raisonner, même si ses actions sont parfois incompréhensibles. Bref, s'ensuit un semblant d'intrigue sans début ni dénouement, avec encore moult récits secondaires...

Avec ce livre livre entre les mains, on a l'impression d'un objet bizarre dont on ne peut mesurer ni la portée ni la profondeur... Mais on y prend beaucoup de plaisir.


Wotan

lundi 22 mars 2010

Chronique d'une haine peu ordinaire n°13


Cela faisait longtemps que je ne vous avais plus parlé de la fac et c’est un tort! En effet je pourrais disserter des heures sur les mille et un avantages de ce lieu enchanteur. Mais je ne peux en un article parler de tout. Ainsi je n’évoquerai pas aujourd’hui la pizza en bois de la cafétéria ou la moustache de la prof de latin, mais rassurez vous il y a mieux.



L’ancien français


Un beau matin de janvier un jeune professeur plein d’espoir et un brin extatique nous déclara avec un sourire carnassier que l’ancien français était « une matière passionnante, pleine de subtilité et fortement appréciée des étudiants! »

Bon, soyons clair, tout ça est totalement faux . L’ancien français enthousiasme les jeunes à peu prés autant que l’herpès génital. En même temps vu les oeuvres au programme j’aurais du m’en douter. En effet « les lais de Marie de France » ne sont pas vraiment une promesse de rigolade . C’est même au contraire l’assurance de s’emmerder sévère pendant au moins un mois.
Je crois qu’en fait, ces cours sont une façon d’achever tous ceux qui ont eu l’outrecuidance de survivre à la phonologie.
Après avoir postillonné gaiement pendant tout le premier semestre, l’heureux élève de lettres modernes va maintenant pouvoir traduire des textes médiévaux et ce, pendant cinq heures d’affilée…pour cet exercice il est conseillé de se munir d’un stylo, d’une feuille et d’une grande boite d’antidépresseurs.
Car en plus d’être incompréhensible, la langue de Marie de France est aussi remarquablement laide. A mi chemin entre le chti et le breton, cette langue est à la musicalité ce que Patrick Sébastien est au bon goût.
Nul homme sur cette planète ne mérite de voir au grand jour le rictus cruel qui déforme le visage hâve de notre professeur lorsqu’il nous rend nos évaluations écrites.
Les partiels d’ancien français c’est un peu comme koh-lanta sauf qu’à la fin il ne reste plus aucun survivant …ah non! je dis une bêtise, il reste le prof et oui bien sûr, vu qu’il est le seul à comprendre son cours.
Je ne veux pas paraître paranoïaque mais j’ai l’intime conviction que cette matière n’est rien de plus qu’un moyen de détruire tout ce qu’il reste encore d’humain dans l’élève de lettres modernes, car après avoir subi « Chrétien de Troyes » on n’est plus qu’une bête.

En résumé tout ce que je peux dire c’est que si il n’existe pas déjà en enfer un cercle réservé aux profs d’ancien français, je veux bien aller le creuser moi-même.

Brünnhilde


dimanche 28 février 2010

Tetro - Coppola


Je sais, je sais, j'arrive très en retard...

Mais rien que d'imaginer le visage de Brünnhilde illuminé de joie face à cet article, ma repentence est faite !
De toute façon, Tetro n'est pas le genre le film qui gagne tellement à être vu au cinéma [ni le genre de film qui s'appuie uniquement sur cela en oubliant que le cinéma est un Art, pas un divertissement spectaculaire - suivez mon regard].
Bref, vous pouvez attendre la sortie prochaine en DVD... parce que ça vaut vraiment le coup !

Je vous le dis tout de go, je n'y suis pas allé sous les meilleurs auspices. Ma dernière fréquentation avec Coppola avait été plutôt désastreuse (oui, je m'étais fardé le Parrain I et II croyant à maintes reprises que j'allais littéralement mourir d'ennui... mais chut, c'est censé être des films cultes, alors ça ne se dit pas).

Ici, rien à voir. Bien sûr, on est toujours dans des histoires famailiales un peu tordues, mais c'est raconté de façon à la fois beaucoup léger et direct.
J'ai beaucoup aimé la première partie du film : un jeune homme débarque quelques jours à Buenos Aires chez son frère alors que celui-ci avait décidé de rompre tous les ponts avec sa famille. La cohabitation, plus longue que prévue, finira par réveiller toutes les tension et tous les secrets...
Pourtant, au fil du film, alors que tout se dévoile lentement sous nos yeux, j'ai trouvé que le mode de narration basculait aussi un peu, que le regard se faisait plus distant. On passe d'une histoire charamante, d'un ton assez comique, à un enchevêtrement d'intrigues obscures plus ou moins pertinentes. La fin, très belle, retrouve l'heureuse sobriété du début.
Ceci dit, ça reste excellent, mais on sent une véritable césure, comme deux actes aux textures assez différentes.

La photographie, en noir est blanc, est magnifique. On n'est pas dans une composition très pleine et léchée à la Haneke, ce sont plus des images aérées, naturelles, mais joliment équilibrées.
Il y a de très belles trouvailles comme ces flash lumineux et toute l'histoire qui va avec. Personnellement, j'ai trouvé les séquences de danse, dans la seconde partie, assez redondantes et peu esthétiques - soudainement de la couleur et de la 3D pas très bien utilisées.
Ah oui, il y a aussi Osvaldo Golijov, un compositeur qui signe sa première BO mais qui est plutôt connu dans le milieu de la musique "savante contemporaine", comme on dit. Autant le dire tout de suite, je n'aime pas du tout, c'est dans une mouvance néo-tonale creuse et simpliste qui pense avoir redécouvert l'eau tiède. Ici, ça oscille entre l'inintéressant et le franchement pénible, alors je crois qu'il vaut mieux oublier.




Côté acteurs on est quand même gâtés ! D'abord, Vincent Gallo dans le rôel du fameux Tetro, au physique très particulier (que certaines âmes perverses trouvent attirant) et expressif. Son personnage est sombre et mystérieux, un peu fou, ça lui va commme un gant !
Oh, et puis la belle Maribel Verdu... Elle dégage un tel charme, une telle sensualité, c'est littéralement envoûtant, parfait pour traduire les petites ambiguités du personnage.
Oh, et puis il y a aussi Alden Ehrenreich... Bon, là je ne vais pas commencer sinon dans deux pages j'y suis toujours... J'ajoute juste que c'est son premier film, ça se sent un peu parfois, mais il joue avec beaucoup de naturel et de spontanéité, on sent qu'il y a un vrai échange avec ses partenaire (qui sont tout de même des pointures).

Allez, je m'arrête là, et vous fait profiter de la bande annonce (n'oubliez pas de couper le son et surtout de mettre pause à la quatorzième seconde).



Wotan

mardi 9 février 2010

Chéri



Le gros avantage de la fac c’est le temps libre, ainsi depuis le mois de septembre je m’applique à visionner tous les films qui me sont passés sous le nez quand je trimais comme une forcenée sur les tableaux statistiques ! ( je vous sens plein de compassion, mais surtout ne me plaignez pas, ça m’excite…)

Il y a quelques jours pour meubler un après midi pluvieux, j’ai jeté mon dévolu sur Chéri…
Alors je préfère vous prévenir tout de suite, « Chéri » n’est pas le nom d’un sombre gigolo androgyne que je paye afin de réaliser mes fantasmes sexuels les plus vils. C’est juste le titre d’un bouquin de Colette que Stephen Frears a porté sur grand écran.
Je sais d’avance que certains cinéphiles avertis associent le nom de ce réalisateur à l’image d’un Jonh Malchovich moitié nu servant de bureau à une Uma Thurman pré pubère mais autant vous prévenir tout de suite, on est loin des liaisons dangereuses.
En effet, dans l’ensemble le film est assez décevant.

Tous les éléments semblaient pourtant être réunis, une bonne histoire, du sexe et un casting de choix. Bon plantons un peu le décor. Léa de Lonval, une courtisane fortunée et proche de la retraite, va s’enticher du jeune Fred Peloux qui se trouve être le fils d’une de ses consoeur. Ce qu’elle prend au début pour une aventure sans conséquence va devenir une relation qui durera en tout six ans .Néanmoins les choses finissent par se gâter le jour où Madame Peloux décrète qu’il est grand temps de marier son fils. Léa mise au courant du projet un mois avant la date fatidique prend brutalement conscience qu’elle est follement éprise du jeune homme.
Si le début du film est réellement prenant il s’essouffle assez vite. En effet Frears ne nous laisse malheureusement pas le temps de nous attacher aux personnages ou au couple qu’ils sont censé former.
Certaines scènes sont néanmoins extrêmement bien ficelées. Je pense notamment aux dialogues entre madame Pelloux et Léa de Lonval qui valent bien les joutes verbales entre Valmont et la marquise de Merteuil.

De plus c’est un plaisir de retrouver à l’écran une Michelle Pfeiffer plus belle que jamais ainsi qu’une Kathy Bates toujours aussi géniale et qui semble être passée maîtresse dans l’art d’incarner les femmes détestables. Autre point positif, Rupert Friend, qui incarne le jeune « chéri » est une vrai bonne surprise. Avec sa belle gueule et ses yeux tristes, il donne corps à un Fred Peloux ressemblant trait pour trait à la description qu’en fait colette dans son roman.
Au final après des perles comme « Mrs. Henderson Presents » ou « the Queen » Stephen Frears nous donne l’impression de bâcler ce dernier long-métrage et de nous le balancer sans aucune conviction. Dommage car il y avait pourtant de quoi faire bien mieux.


Brünnhilde