dimanche 28 février 2010

Tetro - Coppola


Je sais, je sais, j'arrive très en retard...

Mais rien que d'imaginer le visage de Brünnhilde illuminé de joie face à cet article, ma repentence est faite !
De toute façon, Tetro n'est pas le genre le film qui gagne tellement à être vu au cinéma [ni le genre de film qui s'appuie uniquement sur cela en oubliant que le cinéma est un Art, pas un divertissement spectaculaire - suivez mon regard].
Bref, vous pouvez attendre la sortie prochaine en DVD... parce que ça vaut vraiment le coup !

Je vous le dis tout de go, je n'y suis pas allé sous les meilleurs auspices. Ma dernière fréquentation avec Coppola avait été plutôt désastreuse (oui, je m'étais fardé le Parrain I et II croyant à maintes reprises que j'allais littéralement mourir d'ennui... mais chut, c'est censé être des films cultes, alors ça ne se dit pas).

Ici, rien à voir. Bien sûr, on est toujours dans des histoires famailiales un peu tordues, mais c'est raconté de façon à la fois beaucoup léger et direct.
J'ai beaucoup aimé la première partie du film : un jeune homme débarque quelques jours à Buenos Aires chez son frère alors que celui-ci avait décidé de rompre tous les ponts avec sa famille. La cohabitation, plus longue que prévue, finira par réveiller toutes les tension et tous les secrets...
Pourtant, au fil du film, alors que tout se dévoile lentement sous nos yeux, j'ai trouvé que le mode de narration basculait aussi un peu, que le regard se faisait plus distant. On passe d'une histoire charamante, d'un ton assez comique, à un enchevêtrement d'intrigues obscures plus ou moins pertinentes. La fin, très belle, retrouve l'heureuse sobriété du début.
Ceci dit, ça reste excellent, mais on sent une véritable césure, comme deux actes aux textures assez différentes.

La photographie, en noir est blanc, est magnifique. On n'est pas dans une composition très pleine et léchée à la Haneke, ce sont plus des images aérées, naturelles, mais joliment équilibrées.
Il y a de très belles trouvailles comme ces flash lumineux et toute l'histoire qui va avec. Personnellement, j'ai trouvé les séquences de danse, dans la seconde partie, assez redondantes et peu esthétiques - soudainement de la couleur et de la 3D pas très bien utilisées.
Ah oui, il y a aussi Osvaldo Golijov, un compositeur qui signe sa première BO mais qui est plutôt connu dans le milieu de la musique "savante contemporaine", comme on dit. Autant le dire tout de suite, je n'aime pas du tout, c'est dans une mouvance néo-tonale creuse et simpliste qui pense avoir redécouvert l'eau tiède. Ici, ça oscille entre l'inintéressant et le franchement pénible, alors je crois qu'il vaut mieux oublier.




Côté acteurs on est quand même gâtés ! D'abord, Vincent Gallo dans le rôel du fameux Tetro, au physique très particulier (que certaines âmes perverses trouvent attirant) et expressif. Son personnage est sombre et mystérieux, un peu fou, ça lui va commme un gant !
Oh, et puis la belle Maribel Verdu... Elle dégage un tel charme, une telle sensualité, c'est littéralement envoûtant, parfait pour traduire les petites ambiguités du personnage.
Oh, et puis il y a aussi Alden Ehrenreich... Bon, là je ne vais pas commencer sinon dans deux pages j'y suis toujours... J'ajoute juste que c'est son premier film, ça se sent un peu parfois, mais il joue avec beaucoup de naturel et de spontanéité, on sent qu'il y a un vrai échange avec ses partenaire (qui sont tout de même des pointures).

Allez, je m'arrête là, et vous fait profiter de la bande annonce (n'oubliez pas de couper le son et surtout de mettre pause à la quatorzième seconde).



Wotan

mardi 9 février 2010

Chéri



Le gros avantage de la fac c’est le temps libre, ainsi depuis le mois de septembre je m’applique à visionner tous les films qui me sont passés sous le nez quand je trimais comme une forcenée sur les tableaux statistiques ! ( je vous sens plein de compassion, mais surtout ne me plaignez pas, ça m’excite…)

Il y a quelques jours pour meubler un après midi pluvieux, j’ai jeté mon dévolu sur Chéri…
Alors je préfère vous prévenir tout de suite, « Chéri » n’est pas le nom d’un sombre gigolo androgyne que je paye afin de réaliser mes fantasmes sexuels les plus vils. C’est juste le titre d’un bouquin de Colette que Stephen Frears a porté sur grand écran.
Je sais d’avance que certains cinéphiles avertis associent le nom de ce réalisateur à l’image d’un Jonh Malchovich moitié nu servant de bureau à une Uma Thurman pré pubère mais autant vous prévenir tout de suite, on est loin des liaisons dangereuses.
En effet, dans l’ensemble le film est assez décevant.

Tous les éléments semblaient pourtant être réunis, une bonne histoire, du sexe et un casting de choix. Bon plantons un peu le décor. Léa de Lonval, une courtisane fortunée et proche de la retraite, va s’enticher du jeune Fred Peloux qui se trouve être le fils d’une de ses consoeur. Ce qu’elle prend au début pour une aventure sans conséquence va devenir une relation qui durera en tout six ans .Néanmoins les choses finissent par se gâter le jour où Madame Peloux décrète qu’il est grand temps de marier son fils. Léa mise au courant du projet un mois avant la date fatidique prend brutalement conscience qu’elle est follement éprise du jeune homme.
Si le début du film est réellement prenant il s’essouffle assez vite. En effet Frears ne nous laisse malheureusement pas le temps de nous attacher aux personnages ou au couple qu’ils sont censé former.
Certaines scènes sont néanmoins extrêmement bien ficelées. Je pense notamment aux dialogues entre madame Pelloux et Léa de Lonval qui valent bien les joutes verbales entre Valmont et la marquise de Merteuil.

De plus c’est un plaisir de retrouver à l’écran une Michelle Pfeiffer plus belle que jamais ainsi qu’une Kathy Bates toujours aussi géniale et qui semble être passée maîtresse dans l’art d’incarner les femmes détestables. Autre point positif, Rupert Friend, qui incarne le jeune « chéri » est une vrai bonne surprise. Avec sa belle gueule et ses yeux tristes, il donne corps à un Fred Peloux ressemblant trait pour trait à la description qu’en fait colette dans son roman.
Au final après des perles comme « Mrs. Henderson Presents » ou « the Queen » Stephen Frears nous donne l’impression de bâcler ce dernier long-métrage et de nous le balancer sans aucune conviction. Dommage car il y avait pourtant de quoi faire bien mieux.


Brünnhilde