Je sais, je sais, j'arrive très en retard...
Mais rien que d'imaginer le visage de Brünnhilde illuminé de joie face à cet article, ma repentence est faite !
De toute façon, Tetro n'est pas le genre le film qui gagne tellement à être vu au cinéma [ni le genre de film qui s'appuie uniquement sur cela en oubliant que le cinéma est un Art, pas un divertissement spectaculaire - suivez mon regard].
Bref, vous pouvez attendre la sortie prochaine en DVD... parce que ça vaut vraiment le coup !
Je vous le dis tout de go, je n'y suis pas allé sous les meilleurs auspices. Ma dernière fréquentation avec Coppola avait été plutôt désastreuse (oui, je m'étais fardé le Parrain I et II croyant à maintes reprises que j'allais littéralement mourir d'ennui... mais chut, c'est censé être des films cultes, alors ça ne se dit pas).
Ici, rien à voir. Bien sûr, on est toujours dans des histoires famailiales un peu tordues, mais c'est raconté de façon à la fois beaucoup léger et direct.
J'ai beaucoup aimé la première partie du film : un jeune homme débarque quelques jours à Buenos Aires chez son frère alors que celui-ci avait décidé de rompre tous les ponts avec sa famille. La cohabitation, plus longue que prévue, finira par réveiller toutes les tension et tous les secrets...
Pourtant, au fil du film, alors que tout se dévoile lentement sous nos yeux, j'ai trouvé que le mode de narration basculait aussi un peu, que le regard se faisait plus distant. On passe d'une histoire charamante, d'un ton assez comique, à un enchevêtrement d'intrigues obscures plus ou moins pertinentes. La fin, très belle, retrouve l'heureuse sobriété du début.
Ceci dit, ça reste excellent, mais on sent une véritable césure, comme deux actes aux textures assez différentes.
La photographie, en noir est blanc, est magnifique. On n'est pas dans une composition très pleine et léchée à la Haneke, ce sont plus des images aérées, naturelles, mais joliment équilibrées.
Il y a de très belles trouvailles comme ces flash lumineux et toute l'histoire qui va avec. Personnellement, j'ai trouvé les séquences de danse, dans la seconde partie, assez redondantes et peu esthétiques - soudainement de la couleur et de la 3D pas très bien utilisées.
Ah oui, il y a aussi Osvaldo Golijov, un compositeur qui signe sa première BO mais qui est plutôt connu dans le milieu de la musique "savante contemporaine", comme on dit. Autant le dire tout de suite, je n'aime pas du tout, c'est dans une mouvance néo-tonale creuse et simpliste qui pense avoir redécouvert l'eau tiède. Ici, ça oscille entre l'inintéressant et le franchement pénible, alors je crois qu'il vaut mieux oublier.
Côté acteurs on est quand même gâtés ! D'abord, Vincent Gallo dans le rôel du fameux Tetro, au physique très particulier (que certaines âmes perverses trouvent attirant) et expressif. Son personnage est sombre et mystérieux, un peu fou, ça lui va commme un gant !
Oh, et puis la belle Maribel Verdu... Elle dégage un tel charme, une telle sensualité, c'est littéralement envoûtant, parfait pour traduire les petites ambiguités du personnage.
Oh, et puis il y a aussi Alden Ehrenreich... Bon, là je ne vais pas commencer sinon dans deux pages j'y suis toujours... J'ajoute juste que c'est son premier film, ça se sent un peu parfois, mais il joue avec beaucoup de naturel et de spontanéité, on sent qu'il y a un vrai échange avec ses partenaire (qui sont tout de même des pointures).
Allez, je m'arrête là, et vous fait profiter de la bande annonce (n'oubliez pas de couper le son et surtout de mettre pause à la quatorzième seconde).
Wotan



