jeudi 27 novembre 2008

The Puppini Sisters

The Puppini Sisters




ARGGGG!!! un peu de musique au milieu de cette semaine qui n’est que souffrance contrôles et cartographie .

Un jour où je tournais en rond, je me suis mise à fouiner sur Internet et c’est là qu’elles me sont apparues The Puppini Sisters , oui tout à coup elles étaient là , Marcella, Stéphanie et Kate, semblant sortir comme par magie d’une pub des années 50.
Tout comme leur look de pin-up, leur style musical lui aussi est très rétro, voire même kitch, j’ai accroché à la seconde, que voulez vous, je suis une amoureuse des vinyles et des films en noir et blanc et pour le coup, elles sont en plein dans ce trip là !

Leurs influences ? La musique des années 30-40 avec des groupes comme les Andrews Sisters ou the Boswell Sisters, mais elle se disent aussi sensibles à des chanteurs beaucoup plus proches de nous, comme Tom Waits ou Marilyn Manson .
Des influences assez hétéroclites donc, mais avant tout un album particulièrement riche où l’on trouve d’habiles reprises de vieux standards ( Mr sandman , Tu vuo fa l’Americano ) ou de morceaux plus récents, qu’on prend un réel plaisir à redécouvrir, notamment une version jazz de « I will survive » totalement irrésistible sans parler de « Wuthering Heights » de Kate Bush ( dont j’ai enfin compris les paroles ).

ça vous donne soudainement envie de racheter un transistor et de porter des talons hauts ou des dessous en soie !
( enfin seulement si vous êtes une femme, bien sûr… quoi que peut être que si vous êtes un homme aussi, tout les goûts sont dans la nature…après tout c’est agréable les dessous en soie alors peut être que …. je trouve cette parenthèse embarrassante et exagérément longue, je vais la fermer)

Pour la petite histoire c’est le film Les Triplettes de Belleville qui a donné l’idée à Marcella de fonder le groupe, d’ailleurs leur producteur n’est autre que Benoît Charest.

So , to sump up ( OH YES I SPEAK ENGLISH !) De jolies voix claires avec un vrai sens du swing, qui vous feront chanter et claquer des doigts devant votre ordinateur! Je sais que tout ceux qui connaissent mon don inné pour la chanson doivent frémir d’effroi , mais tant pis.


( PS : elles ont déjà un album derrière elles )

bon je vous laisse une petite vidéo et quelques morceaux à écouter :


















Brünnhilde

mercredi 19 novembre 2008

Je voudrais sans la nommer vous parler d'elle...

oui , je voudrais vous parler d'elle...la filière ES qui se retrouve une fois de plus sur la sellette (C'est elle que l'on matraque,Que l'on poursuit que l'on traque...) bon plus serieusement.

Nous parlons rarement politique sur le blog ( les habitués le savent ) mais là c’est un cas un peu particulier, de plus j’ai l’appui de wotan, donc je me permet de le faire .
on va faire la version courte

Tout d’abord je tiens à poster ce petit paragraphe extrait d’un prospectus fort instructif que deux jeunes enseignants engagés distribuaient ce matin dans le froid , devant mon lycée

En l’état , les SES sont condamnées à mort par la réforme du lycée
  • Dans le projet de réforme de la seconde, préparé dans la plus grande précipitation pour la prochaine rentrée scolaire, l’enseignement des Science ECONOMIQUES ET SOCIALES est écarté du tronc commun des disciplines obligatoires, et relégué au rang d’option semestrielle ( 4 mois de cours ) . Les SES y seront en concurrence avec une quinzaine d’autres disciplines, dont des « modules d’approfondissement » de mathématique, littérature, histoire géographie, science expérimentales,langues vivantes…qui toutes ( à l’exception des langues ) subissent des réductions importantes au niveau des horaires du tronc commun. Autant dire que les SES ne survivront pas longtemps à une telle concurrence !!!! Or comment les élèves choisiraient-ils les SES en première et terminale, s’ils ne les découvrent pas auparavant.?
  • Cette marginalisation programmée des SES est d’autant plus incompréhensible que cette discipline a fait la preuve, depuis quarante ans qu’elle existe, de sa capacité à intéresser un nombres toujours croissant d’élèves ( 31% des bacheliers généraux ), à leur fournir des bases solides pour leurs études supérieures ( les élèves de ES sont les plus nombreux et ont de très bon taux de réussite dans plusieurs filière liées à l’économie ou au social : BTS-DUT, éco-gestion, droit, institut d’études politiques, etc. )


  • Ce que nous voulons


    • En seconde: qu’un enseignement de SES soit donné à tous les élèves pour leur permettre de recevoir une formation équilibrée, et de faire des choix d’orientation raisonnés. Pour cela, il est indispensable d’inclure cet enseignement dans le tronc commun afin de constituer un vrai « pôle de sciences sociales » avec l’histoire-géographie, à égalité avec le « pôle littéraire » (français et deux langues vivantes) et le « pôle scientifique » (maths, physique-chimie et sciences de la vie et de la terre).
    • En cycle terminal: le maintien d’une filière de formation à dominante « sciences de la société » ( comme l’actuelle série ES), où le SES conserveront une place importante, car cette filière assurera aux élèves d’importants débouchés et une bonne réussite dans l’enseignement supérieur.
    • Pour tous les lycéens: La possibilité de pouvoir étudier les SES en option ( cela a existé dans le passé).

      … Parce que la crise financière, la mondialisation, les questions d’emploi, les inégalités posent des questions qui chaque jour interpellent les élèves, et que notre enseignement leur permet justement de mieux comprendre ces réalités.
      … Parce que demain, quelque soit leur profession, nos élèves seront tous des citoyens et que les SES leur donnent les moyens de comprendre les médias et les débats de société.

      Ce que nous pouvons faire ensemble
      A Marseille, à partir de 14h, est organisée une manifestation rassemblant les professeurs de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire et les associations de parents d’élèves. Les professeurs de SES organiseront un cortège spécifique, auquel chacun de vous peut se joindre . La réforme du lycée inquiète également les parents, en particulier d’enfants aujourd’hui en collège. Plus nous serons nombreux à demander au moins un report de cette réforme avec une phase d’expérimentation, plus nous augmenterons nos chances de nous faire entendre.
      Si vous ne pouvez vous joindre à nous le 20, vous pouvez nous soutenir en signant la pétition pour la défense des SES en ligne sur le site de l’Association des professeurs de Sciences Économiques et sociales :
      http://www.apses.org/


    ( aller signer une pétition ça prend pas 5 minutes !)

    Personnellement je ferai partie de ceux qui iront user le pavé demain après midi. Je vais pas m’étendre ni sortir les violons , tout ce que j’ai à dire c’est que si mes profs de SES ne m’ont jamais enseigné l’amour de l’entreprise, ils ont au moins le mérite de m’avoir fait mieux comprendre la société dans laquelle je vis ( sans parler de ce que certains enseignants vraiment passionnés peuvent vous apporter humainement.) , il me semble que c’est déjà bien .
    N’en déplaise à certains, les SES ne sont pas là pour vous mettre des œillères mais au contraire pour vous les enlever .

    juste pour le plaisir :


    Découvrez Georges Moustaki!

    Brünnhilde

    samedi 15 novembre 2008

    Depuis qu'elle est en cloque…




    Juno Réalisé par Jason Reitman


    Résumé (allociné) : Juno McGuff, 16 ans, est une jeune fille qui n'a pas la langue dans sa poche mais qui, sous ses airs de dure, se cherche comme toutes les adolescentes de son âge. Alors que la plupart de ses copines de lycée passent leur temps sur Internet ou au centre commercial, Juno ne fait rien comme les autres. C'est ainsi qu'un jour où elle s'ennuie, elle couche avec Bleeker, garçon aussi charmant que peu prétentieux.Mais quand elle tombe enceinte accidentellement, elle décide de trouver le couple de parents adoptifs idéal qui pourra s'occuper de son bébé. Avec l'aide de sa meilleure amie Leah, elle repère dans les petites annonces du journal local Mark et Vanessa Loring qui rêvent d'adopter leur premier enfant. Soutenue par sa famille, Juno fait la connaissance des Loring. Tandis que le terme de sa grossesse approche, Juno va devoir faire preuve de maturité et de courage


    Jason Reitman le retour !! Après mon ( merveilleux ,incroyable, désarmant ) article sur « thank you for smoking » je m’en vais reparler du réalisateur et d’un de ses films les plus récents , une comédie geek, drôle et totalement décalée : « Juno »

    Reitman comme dans « Thank you for smoking » accorde une fois de plus beaucoup d’importance au générique de début qui est fait cette fois-ci sous forme d’un petit dessin aminé avec des photos colorisées sur une musique de Barry Louis Polisar un chanteur méconnu qui semble tout droit sorti d’ « O’brother » . Dés le départ on sent qu’on a mis les pieds dans un film original , ce qui n’est pas toujours forcement le cas des long-métrages sur les adolescents dont nous bombarde quotidiennement le cinéma.


    Donc, Un jour où elle s’ennuie, Juno décide de coucher avec son meilleur ami Bleeker ( sorte de créature asexuée portant des shorts jaunes fluo ) et quelques semaines plus tard … « Papa maman je suis enceinte… »
    A la grande surprise de ses parents et de sa meilleure amie ( une pom-pom-girl un brin irresponsable ) elle choisit de garder l’enfant .
    Et c’est là que ça aurait pu mal virer en tombant dans le sacro-saint discourt puritain à l’américaine ( limitons les avortements because in god we trust ) mais heureusement on comprend vite que sa décision est un choix personnel, plus motivé par des valeurs humaines que religieuses. En cherchant à faire adopter son bébé elle va tomber sur Marc et Vanessa qui, à première vue ,ont tout du couple de rêve ( façon pub pour le dentifrice ou les assurances ), on retrouve Jennifer Garner très touchante dans son rôle de femme en mal d’enfant cherchant constamment à maintenir un équilibre dans sa vie, malgré ce sentiment de vide qui la ronge depuis de nombreuses années et son mari qui a du mal à rompre avec ses rêves de jeunesse.



    On rentre dans ce film comme dans un bain chaud et on s’attache tout de suite à Juno avec sa jolie bouille, son franc parler et ses vieilles baskets . C’est une jeune fille atypique qui tente tant bien que mal d’être en accord avec ce qui lui semble juste sans prêter attention aux regards en coin et aux murmures douteux . C’est une facette de la jeunesse peu exploitée au cinéma comme je le disais plus haut, on est pas dans le cliché bancal du genre « stacey qui déprime à mort par ce que kevin sort avec Mandy » , c’est une histoire émouvante et drôle qui montre avec pudeur cette période d’ennui et de doute qu’est souvent l’adolescence , étrange parcelle de vie broyée entre l’enfance et l’âge adulte. La jeune héroïne avance donc de façon un peu hésitante et naïve, rencontrant successivement espoirs et désillusions en tentant de façon parfois maladroite de mettre des mots sur ses sentiments .


    Sous les traits de l‘héroïne en cloque , il y a Ellen page que j’avais remarquée pour la première fois dans Hard Candy ( un film habile et dérangeant sur la pédophilie ). Ce qu’elle a fait de Juno vaut le détour, on voit bien qu’elle a saisi toute les possibilités du personnage . Sinon on retrouve J.K. Simmons déjà présent dans « Thank you for smoking »qui comme toujours fait un super boulot , il fait partie de ces seconds rôles qu’il est toujours bon de retrouver au détour d’un film .Cette fois ci Jason Reitman n’est pas scénariste c’est une certaine Diablo Cody qui s’y colle, ancienne stripteaseuse repérée grâce à son blog .


    Bien filmé , plein de couleurs, de fraîcheur et de bonnes répliques. La bande son est fantastique , fatalement c’est que du folk , en résumé un film aigre doux avec de vrais moments de poésie.



    JUNO
    envoyé par Lesrenards




    Brünnhilde

    mercredi 5 novembre 2008

    Tristan et Isolde à Bastille


    Tristan et Isolde,
    Richard Wagner

    Orchestre et Choeurs de l'Opéra de Paris
    Direction : Simon Bychkov

    Mise en scène : Peter Sellars
    Vidéo : Bill Viola

    Tristan : Clifton Forbis
    Isolde : Waltraud Meier
    Brangäne : Ekatarina Gubanova
    Marke : Franz Josef Selig
    Kurwenal : Alexander Marco-Buhrmester
    Melot : Ralf Lukas


    Du 30 octobre au 3 décembre - Opéra Bastille.



    Une ancienne production reprise ici certainement pour la dernière fois à Paris, il ne fallait pas la rater ! Et puis mon premier Tristan en live, je m'en souviendrai...

    La mise en scène est donc bien connue du public (ce qui ne l'a pas empêché de huer Sellars à la première...) et fait toujours autant d'avis partagés. Personnellement, j'ai globalement beaucoup aimé : le principe est de diffuser en fond de scène, sur un énorme écran, des vidéos censées plus ou moins illustrer l'opéra, tandis que la mise en scène est des plus minimalistes (décors noirs, costumes sobres, très peu de mouvements de la part des acteurs).
    Petite réserve pour certaines parties vidéos qui collaient plus ou moins bien avec ce qui se passait sur scène et happaient parfois complètement l'attention : les réalisation les plus "figuratives" en fait (acteurs représentant Tristan et Isolde), alors que dès que ça tombe dans l'esthétique quasi-abstrait ça fait de merveilleuses toiles de fond qu'on ressent sans pour autant avoir les yeux rivés dessus. La présence de l'eau dans toute les vidéos est très intéressante, et traduit bien le livret qui est souvent très lié à la mer et aux flux et reflux de la sublime musique de Wagner. Mais pendant tout le premier acte (là où j'ai le moins aimé les vidéos) j'ai trouvé que suivre la vidéo, la scène et les sur-titres demandait un effort de concentration tellement intense qu'on finit invariablement par occulter l'un des trois. Sur scène, ça reste très statique mais finalement tant mieux, ça fonctionne bien, ça n'a pas besoin de bouger dans tous les sens. De toute façon avec la vidéo en plus ça aurait été infernal. Quelques solutions scéniques aussi ne m'ont pas trop convaincu (arrivées et départs de Tristan et Kurwenal au I, carrés de lumière pour illustrer des pièces, absence quasi totale d'accesoires donc Kurwenal qui tue Marke à mais nues) et qui, dans cette même logique d'épuration extrème auraient pu être mieux rendus selon moi, mais ça reste des détails.

    Pour ce qui est des chanteurs, la distribution était plutôt idéale :
    Forbis en Tristan peu subtil au premier acte, aux aigus un peu criards, mais qui se fait beaucoup plus nuancé au fil du spectacle. En fait c'est même lui plus que Waltraud Meier (une chanteuse dont je suis profondément amoureux) qui m'a fait verser la larmichette pendant le duo du deuxième acte. Bon, Meier c'était évidemment merveilleux, mais je ne l'ai pas trouvé si fatiguée que ça contrairement à ce qu'on entend partout à cause de son âge, il manque certaines notes aigues (elle est mezzo-soprano au départ mais a souvent donné des rôles de soprano comme Isolde) mais on sent qu'elle les tente en sachant très bien qu'elle ne les aura pas, et finalement ça repart. Elle ne se lâche pas complètement mais je ne l'ai pas sentie dans l'économie, ni dans le manque de moyen, juste une incarnation un peu moins enflamée que ce qu'elle a pu donner mais tout aussi convaincante et envoûtante. Vraiment, c'est extrèmement émouvant de l'entendre en vrai, avec son timbre si chaleureux, son phrasé et sa diction si spéciaux... on ne peut qu'être sous le charme !
    (En plus je suis allé la harceler à la fin de spectacle pour avoir un autographe, je ne vous raconte même pas à quel point je tremblais...)
    Egalement des Marke et Brangäne (ses appels au II !) vraiment magnifiques, de belles découvertes, Kurwenal aussi dans une moindre mesure, ils campent tous parfaitement leurs roles un peu plus secondaire.

    La direction d'orchestre de Bychkov m'a semblé tout à fait réussi, peut être pas aussi tourmentée et puissante qu'on pourrait l'attendre, quelques manques de clarté parfois, mais en plus l'orchestre est magnifique, c'était vraiment très coloré (mais j'avoue que mon attention sur l'orchestre précisément s'est un peu estompée pendant la soirée).

    Bref, j'ai passé vraiment une soirée magnifique, je compte bien y retourner (deux ou trois fois, eh oui je ne m'en lasse pas ^^) donc je préciserai ou contredirai sûrement quelques élément dont je parle trop rapidement ici !


    Ici une petite vidéo où Gérard Mortier, le directeur de l'Opéra de Paris, présente un peu le spectacle, puis un extrait avec la mort d'Isolde (aux alentours d'1:20 pour les impatients). Ecoutez-moi ça, il faut vaiment ne pas avoir de coeur pour ne pas trouver ça beau...


    Wotan