
Des souris et des hommes de John Steinbeck
Ah! Qu’écrire, que dire sur un livre comme ça . Court mais poignant, tout en simplicité, Steinbeck nous livre cette histoire sans détours ni jugements .
L’amitié entre George le débrouillard et Lennie le géant simple d’esprit est aussi improbable que touchante et c’est avec un plaisir presque enfantin que je leur ai emboîté le pas sur les chemins qui les menaient toujours plus au sud, loin de Weed. Et perdue au milieu des descriptions de Steinbeck, il me semblait que leur décor et leur histoire devenait peu à peu la mienne si bien que quand George parlait de cette petite ferme, ce lopin de terre qui serai à eux, j’arrivais à l’imaginer assez distinctement .
Bien que le dénouement semble inévitable et flotte au dessus de nous tout le long du roman, je me suis surprise plusieurs fois à le repousser violemment comme si je pouvais d’une manière ou d’une autre empêcher l’inévitable ( la fin du livre, la fin du voyage, la fin du rêve ).
Car outre l’histoire des deux saisonniers, le rêve est l’un des principaux thèmes du livre, toute ces choses que nous gardons en nous et qui nous font avancer aussi utopiques soient-elles .
Une maison quelque part … un endroit où Lennie pourra s’occuper des lapins (George le lui a promis ), un potager, une vache, un poêle pour quand viendra l’hiver, le bruit de la pluie sur le toit … peu importe que leur rêve soit irréalisable, il les réunit .
Il y a dans ces pages quelque chose de brutal qui vous touche en plein cœur, une trace indélébile, toute la cruauté et la banalité de l‘existence.
Le livre semble durer à peine le temps d’une seconde, Steinbeck nous parle d’humanité, de courage, d’amitié, de différences… comment est-il possible de faire tenir autant de choses en si peu de pages .
C’est étrange mais parfois ce sont les histoires les plus simples qui vous restent.
Brünnhilde


