- Si un invité meurt inopinément chez vous, ne prévenez surtout pas la police. Appelez un taxi et dites-lui de vous conduire à l’hôpital avec cet ami qui a un malaise. Le décès sera constaté en arrivant aux urgences et vous pourrez assurer, témoin à l’appui, que l’individu a trépassé en chemin. Moyennant quoi, on vous fichera la paix.
Bon début, n'est-ce pas ?
Mais difficile de parler de la fameuse Amélie Nothomb qui, à chaque rentrée, provoque son lot de critiques diverses ; entre les fanatiques désespérément ravis, les amateurs constamment frustrés et les érudits dubitatifs.
Une chose certaine ressort de tout cela : Le fait du prince est loin d'être son meilleur livre.
Je ne pourrais pas me situer entre les trois catégories, et je n'ai pas la prétention ni d'en représenter le juste milieu ni d'en faire la parfaite synthèse, mais simplement d'y apporter mon avis partagé.
J'avais beaucoup aimé ses deux derniers livres, Ni d'Eve ni d'Adam et Journal d'Hirondelle, avec une mention spéciale pour ce dernier où je trouvais que son écriture devenait de plus en plus singulière, extrèmement pure, certaines pages filrtant presque avec de la poésie en prose, en totale fusion avec le fond, cette histoire fascinante et quasi-hallucinatoire. Son livre suivant m'avait convaincu que son écriture avait véritablement mûri et annonçerait d'autres chefs-d'oeuvres. J'avoue avoir été un peu déçu en constatant le contraire. Non pas que ce soit mauvais, mais j'ai trouvé qu'elle renouait avec le type d'histoire du genre de Mercure, Les Catilinaires ou Acide Sulfurique.
Ça reste donc très correct, mais je m'attendais à suivre une véritable évolution. Ici, comme l'extrait présenté au début le suggère, une situation insolite, proche de l'absurde, des personages énigmatiques aux réactions inattendues, une intrigue qui tourne vite à l'invraisemblable, puis au déjà vu, et une fin étonamment attendue, un peu nunuche, jolie mais inconsistante. Passée la moitié du livre, la suprise vient de l'absence de surprise. Le personnage principal s'interrogeant sur toutes les éventualités du futur, on a l'impression que l'auteur sabote elle-même son intrigue en en enlevant toute spontanéité. On eût pu espérer qu'elle profite de son style si efficace pour décrire la situation d'immobilité complète (comme elle a pu le faire dans Ni d'Eve ni d'Adam). Non : on y passe aussi vite que sur tout le reste, avec un refus du moindre développement qui commencerait presque à agacer.
Bref, le récit est tout de même bien mené, l'histoire est assez prenante et il y a toujours cet humour un peu grincant qui lui est si particulier, mais j'ai eu un réel sentiment de retour en arrière, un peu comme si Amélie Nothomb signait un nouveau livre parmi d'autres, un peu baclé et qui ne fera pas trop de vagues. Et toujours cette impression, qui finit par être caricaturale, que dans chacun des livre elle ne peut s'empêcher de parler d'elle-même. Ce côté complaisemment égocentrique est assez fascinant, mais je préfère lorsque c'est fait de manière franche, dans ses ouvrages autobiographiques, plutôt que de distiller plus ou moins adroitement dans chaque roman quelques bribes d'un personnage énigmatique.
J'epère donc qu'elle nous livrera l'année prochaine quelque chose de plus neuf, ou bien le dangereux sentiment de lassitude générale finira par se faire sentir...
Wotan
Bon début, n'est-ce pas ?
Mais difficile de parler de la fameuse Amélie Nothomb qui, à chaque rentrée, provoque son lot de critiques diverses ; entre les fanatiques désespérément ravis, les amateurs constamment frustrés et les érudits dubitatifs.
Une chose certaine ressort de tout cela : Le fait du prince est loin d'être son meilleur livre.
Je ne pourrais pas me situer entre les trois catégories, et je n'ai pas la prétention ni d'en représenter le juste milieu ni d'en faire la parfaite synthèse, mais simplement d'y apporter mon avis partagé.
J'avais beaucoup aimé ses deux derniers livres, Ni d'Eve ni d'Adam et Journal d'Hirondelle, avec une mention spéciale pour ce dernier où je trouvais que son écriture devenait de plus en plus singulière, extrèmement pure, certaines pages filrtant presque avec de la poésie en prose, en totale fusion avec le fond, cette histoire fascinante et quasi-hallucinatoire. Son livre suivant m'avait convaincu que son écriture avait véritablement mûri et annonçerait d'autres chefs-d'oeuvres. J'avoue avoir été un peu déçu en constatant le contraire. Non pas que ce soit mauvais, mais j'ai trouvé qu'elle renouait avec le type d'histoire du genre de Mercure, Les Catilinaires ou Acide Sulfurique.
Ça reste donc très correct, mais je m'attendais à suivre une véritable évolution. Ici, comme l'extrait présenté au début le suggère, une situation insolite, proche de l'absurde, des personages énigmatiques aux réactions inattendues, une intrigue qui tourne vite à l'invraisemblable, puis au déjà vu, et une fin étonamment attendue, un peu nunuche, jolie mais inconsistante. Passée la moitié du livre, la suprise vient de l'absence de surprise. Le personnage principal s'interrogeant sur toutes les éventualités du futur, on a l'impression que l'auteur sabote elle-même son intrigue en en enlevant toute spontanéité. On eût pu espérer qu'elle profite de son style si efficace pour décrire la situation d'immobilité complète (comme elle a pu le faire dans Ni d'Eve ni d'Adam). Non : on y passe aussi vite que sur tout le reste, avec un refus du moindre développement qui commencerait presque à agacer.
Bref, le récit est tout de même bien mené, l'histoire est assez prenante et il y a toujours cet humour un peu grincant qui lui est si particulier, mais j'ai eu un réel sentiment de retour en arrière, un peu comme si Amélie Nothomb signait un nouveau livre parmi d'autres, un peu baclé et qui ne fera pas trop de vagues. Et toujours cette impression, qui finit par être caricaturale, que dans chacun des livre elle ne peut s'empêcher de parler d'elle-même. Ce côté complaisemment égocentrique est assez fascinant, mais je préfère lorsque c'est fait de manière franche, dans ses ouvrages autobiographiques, plutôt que de distiller plus ou moins adroitement dans chaque roman quelques bribes d'un personnage énigmatique.
J'epère donc qu'elle nous livrera l'année prochaine quelque chose de plus neuf, ou bien le dangereux sentiment de lassitude générale finira par se faire sentir...
Wotan

2 commentaires:
Han tu vois, j'l'ai pas trop aimé moi, 'fin voilà j'trouve que c'est dommage et décevant.
:'(
Vivement l'année prochaine quand même..
J'ai particulièrement aimé Journelle d'Hirondelle enfin le titre paraissait intéressant mais si l'oeuvre est sans plus je ne sais pas si je le lirais...quoique bon peut être le trouverais-je bien.
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