mardi 31 août 2010

"Une saison en enfer"

Les sociopathes carbonisés

Un grand philosophe a dit (ma Tatie Josiane) : « A trop être éclairé on brûle ».

Enhardis par une année de dur labeur, nous arrivâmes auréolés de gloire en terre corse, bien décidés à dompter Phébus et ses rayons malins (putain elle est classe c’te phrase).

Déjà foulant du pied le sable fin, un vent de lyrisme nous emporta :

- Brünnhilde… la mer n’est finalement qu’une vaste baignoire…

- Oui, et les algues en seraient la pelouse…

- Les bateaux, des voitures…

- Non, des avions !

- Oh, une méduse !

- Allons la saluer, incarnation gélifiée de nos désirs tentaculaires…

C’est ainsi que le soleil jaloux brûla nos peaux diaphanes de poètes maudits et nous condamna à exposer aux yeux du monde les stigmates purpurins de notre inconscience. Ô rage ! Ô désespoir ! Passe-moi la Biafine !

- Ta gueule et va faire la vaisselle.

- Le fait que je possède un vagin ne me prédestine pas forcément aux travaux ménagers !

- Oui, j’avais bien remarqué. La dernière fois que tu as saisi le balai tu t‘es luxé l’épaule…

Nous ne laissâmes bien sûr pas la morosité nous envahir, et aux nourritures corporelles nous préférâmes les nourritures de l’esprit.

- J’ai réussi à ouvrir la boite de saucisses aux lentilles !

- Dépêche, y a Secret Story qui commence !

Sans parler de l’emploi du temps militaire qui rythmait nos journées : jusqu’à dix heures, sommeil profond ; puis premiers gestes gracieux destinés à l’assouplissement corporel ; 11h observation des pieds, assis au bord du lit ; 11h30 déplacement stratégique jusqu’à la cuisine ; midi fin du petit déjeuner et activités diverses dédiées à l’élévation de l’âme (solitaire et étude approfondie du ventilateur). Sept parties perdues et trois crises d’épilepsie plus tard, nous prenions enfin le chemin de la plage.

Là sans frémir, nous y affrontions le front haut, l’eau à 28 degrés et le sable blanc…

Bref chers lecteurs, cet été fut rude et éprouvant ! Mais telle une cellule cancéreuse dans un pancréas nous avons survécu ! Pour votre plus grand plaisir…Et surtout le notre.

Bonne fin d’été à tous, nous à la fac on a encore un mois de vacances !


Brünnhilde et Wotan