Bon, je me doute qu'en parlant d'un auteur hongrois aujourd'hui octogénaire, ça ne va pas parler à énormément de monde... Quoique, le monsieur a reçu le prix Nobel de Littérature il y a quelques années ! Mais enfin, on a fait plus populaire.
Il faut dire que le style est très spécial, ça se lit sans difficulté mais c'est toujours sigulier. Résumer Le refus sans passer à côté de toute sa substance est proprement impossible tant l'écriture repose sur la suggestion, le non-dit, l'ignorance même. Nous ne savons strictement rien du/des héros, d'où il vient et où il arrive, ce qu'il faisait et ce qu'il deviendra, à peine un nom, une personnalité un peu étrange que l'on suivra pendant un temps. Rien de plus.
Evidemment, les éléments extra-textuels que l'on tente de glaner nous laissent deviner qu'il s'agit d'une sorte d'autobiographie à la troisième personne. Que la ville où se déroule l'action donc sans doute Budapest, et que la crainte que l'on perçoit en filigrane derrière chaque dialogue est celle d'un régime communiste oppressant. Maistoutes les cartes nous sont volontairement brouillés.
Ajoutons à cela une multitude de récits imbriqués, comme une double, une triple mise en abîme !
La première moitié du réçit, disons le premier cadre narratif, nous présente simplement un auteur en panne d'inspiration, ressasant ses vieux brouillons, ses lettres de refus d'éditeurs.
Le style y est un peu lourd mais très drôle, jouant sur les répétitions et frolant même l'absurde. Ici, aucun doute, il s'agit de Kertész, évoquant même son premier livre Être sans destin sur son expérience de la déportation nazie.
Mais celui-ci commence finalement un nouveau livre, deuxième cadre narratif, où le style devient beaucoup plus flou. Et pourtant, les pensées du personnage principal, Köves, sont toutes rendues avec spontanéité. On s'y projette très rapidement, comme si nous faisions tout à fait partie de son esprit. En tout cas, je me suis senti très proche de cette manière de raisonner, même si ses actions sont parfois incompréhensibles. Bref, s'ensuit un semblant d'intrigue sans début ni dénouement, avec encore moult récits secondaires...
Avec ce livre livre entre les mains, on a l'impression d'un objet bizarre dont on ne peut mesurer ni la portée ni la profondeur... Mais on y prend beaucoup de plaisir.
Wotan

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