dimanche 15 février 2009

Glass, Les Enfants terribles

Pour changer, je vais parler de musique, mais de musique que tout le monde connaît ! Si, si : Philipp Glass !

Quoi ? Vous ne connaissez pas ? Tout de même, je suis sûr qu'une petite génération bercée par La Belle et la Bête (de Cocteau, pas le honteux Walt Disney) a tressailli en voyant ce nom (mais je ne dirai pas s'il s'agit d'un tressaillement de plaisir ou d'effroi). Même aujourd'hui il y a une vague de glassiens incontrôlables qui revient (mais je ne dirai pas non plus le pourcetage d'entre eux qui est sous Prozac)...


Bref, vous l'avez compris, je ne voue pas un culte aux minimalistes répétitifs, Glass le premier. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce style, il s'agit la plupart du temps, toute mauvaise foi mise à part, bien entendu, de jolis arpèges d'accords parfaits qui s'enchaînent les uns aux autres avec une obstination forçant le respect et créant ainsi une élégante atmosphère qui rappellent les plus beaux voyages en ascenceur.




C'est ainsi que, après avoir entendu quelques oeuvres du cher Philipp mais ne voulant pas me résoudre à porter un jugement définitif, j'ai remarqué que son opéra Les Enfants terribles était donné au petit Théâtre de l'Athénée avec des place au prix dérisoire. Il n'en fallait pas moins pour éveiller mes penchants masochistes (qui ne dormaient déjà pas beaucoup) et me voir accourir quelques jours plus tard.
Seulement, je suis très naïf, je croyais enfin pouvoir me faire un avis figé bien confortable sur Glass, mais je crois que je vais être obligé d'en réécouter...
Je sais que Les Enfants Terribles n'est pas son chef d'oeuvre (même des amateurs de Glass m'ont avoué trouver ça ennuyeux), j'essaierai sans doute d'écouter le fameux Akhnaten dont on dit tant de bien.

En jetant un coup d'oreille aux post précédents sur Schreker ou Wagner, vous comprendrez aisément que j'aime les musiques un peu consistantes, et ici la présence de trois pianos a sans doute fait passer un peu la chose, ça m'a semblé moins vide que ce que je connaissais déjà. Le "prélude" et quelques passages uniquement instrumentaux étaient pas mal, pas si simple que ça et avec une écriture pianistique qui m'a semblé assez intéressante, mais dès qu'il s'agissait d'accompagner les voix, ça devenait mortel. La musique reste très illustrative, voire décorative, impossible de se concentrer sur cet élégant fond sonore sans s'ennuyer ; alors on écoute le chant... Mais encore, hormis quelques passages, c'est d'une platitude rare, Glass sacrifie la courbe vocale pour une prosodie proche de la voix parlée ; alors on écoute ce qu'ils disent... Et là, ça dépend du goût de chacun, j'ai bien aimé La Machine infernale, mais il faudra m'indiquer l'intérêt de cette pièce de Cocteau (encore et toujours). Je n'ai peut être pas tout perçu mais avec cette intrigue fade enrobée d'une poésie qui se regarde le nombril, je me pose des questions...
Ceci dit, je continue à trouver qu'il y a des qualités dans la musique : de la poésie parfois, dans les passages instrumentaux, le final aussi assez efficace même si on aurait pu attendre quelque chose d'un peu plus torturé (mais il y a déjà des dissonnances, il faut pas trop en demander). Bref, ça reste ponctuel, la plupart du temps ça se cantonne à une jolie ambiance superficielle, mais je ne désespère pas de Glass !

Quelques mots sur la représentation tout de même, où il faut signaler la performance des chanteurs, qui sont d'ailleurs plus acteurs que chanteurs à en juger par leur technique, mais une diction irréprochable et un jeu plutôt convainquant. Mise en scène avec de jolis effets visuels mais pas passionnante non plus, ça s'accordait finalement bien avec la musique et le livret...


Bref, je sais que le début de l'article (un peu le milieu et la fin aussi) laissent penser que je déteste Glass plus que tout mais en fait ce concert m'a donné un peu d'espoir, m'a laissé entrevoir des bribes d'intérêt diluées dans une heure et demie d'ambiaces surannées.

Wotan

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