
Pièce de Vincent Delecroix
mise en scène de Marcel Bluwal
Avec Michel Aumont .
Depuis le mois d’Otcobre, souvent le weekend , ma prof de théâtre me prend par le bras et m’emmène bouffer de la culture ( pour la citer texto). C’est ainsi qu’il y a quelques temps je me suis retrouvée assise sur les strapontins du Toursky.
Les lumières baissent et dans la salle les conversations deviennent des murmures épars semblables à un feu qui crépite puis finit par s’éteindre.
Lumière, sur la scène une homme seul assis sur une chaise et non loin de lui une porte immense et rouge.

Une mise en scène et un décor très dépouillés, du moins c’est ce qu’on pense pendant les 5 premières secondes. Après ça, Michel Aumont vous empoigne par le col, et la puissance, la force de son jeux emplissent soudainement tout l’espace.
On comprend assez vite ce qui se passe, le personnage, un ancien prof de philosophie, après un entretien plus ou moins ennuyeux, se retrouve par inadvertance enfermé dehors, à la porte de chez lui.
A partir de là s’en suivent des réflexions très diverses et toujours pertinentes sur la vie et le monde qui nous entoure. Dans quelques années qui restera-t-il pour lire de la philosophie, que va devenir l’art ou qu’est il devenu…et nous que sommes nous devenus ?
Bien qu’au début tout soit clair, au bout d’un certain temps le doute s’installe, en effet en flânant dans Paris le personnage croise son père ainsi que sa fille pourtant tous deux décédés . De plus pourquoi parle t’il régulièrement des remarques des infirmières et d’une grande chambre blanche.
Où est ce personnage ? Est-il vraiment dans paris ou bien est-ce le délire passager d’un homme derrière les murs d’un hôpital, à moins que le monde soit lui-même devenu un hôpital, un lieu aseptisé et vide où les gens se croisent sans s’accorder le moindre regard, un monde si cloisonné et froid qu’il n’est pas tellement dur de s’en sentir exclu.
Et puis il y a ce corps qui s’éloigne de plus en plus de l’image que nous avons de nous même, ce corps qui finit par nous être étranger, si étranger qu’on finit presque par être à la porte de soi même .
Ça vous fout des frissons une prestation pareille, un jeu puissant, il faut dire aussi qu’il est servi par un texte d’une finesse et d’une intelligence assez rare. Mais parfois le texte ne suffit pas, il faut la présence, et ça tombe bien Michel Aumont a les deux.
Je suis ressortie vraiment secouée, mes jambes ne m’ont pas lâchée mais c’était pas loin, si je n’étais pas aussi handicapée des sentiments, je pense que j’aurais pleuré .
En résumé une pièce magnifiquement bien écrite , un acteur immense, simplement du théâtre.
Finalement ça vaut le coup d’être à la porte si c’est avec Michel Aumont.
Merci Cristelle
Brünnhilde

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire