mardi 14 octobre 2008

Le maître des illusions



Le maître des illusions - Donna Tartt





resumé : Introduit dans le cercle privilégié d'une université du Vermont, un jeune boursier californien s'intègre peu à peu à un petit groupe d'étudiants de la grande bourgeoisie. Il découvre un monde insoupçonné de luxe, d'arrogance intellectuelle et de sophistication, en même temps que l'alcool, la drogue et d'étranges pratiques sataniques. très vite, il préssent qu'on lui cache quelque chose de terrible et d'inavouable, un meurtre sauvage et gratuit qui l'entraîne, lui et ses camarades, dans un abîme de chantage, de trahison et de cruauté."


Sans hésitation LE LIVRE qui a marqué mon mois de septembre ( oui, désolé Michel Houellebecq , pardon Steinbeck et Aragon ) et le début de mon mois d’octobre . C’est vraiment une chance inouïe que je soit tombée sur ce bouquin, il n’est pas récent et je ne pense pas qu’ il ait fait un grand bruit lors de sa sortie . Mais pourtant j’ai eu la chance qu’il atterrisse dans mes mains, il faut dire qu’ il avait tout pour me plaire .
La langue et la civilisation grecque ont toujours exercé sur moi une sorte de fascination mystérieuse, souvenir d’un prof d’histoire féru de mythologie et de citations d’Aristote ( ah! la sixième ) .



Quand j’ai eu vent de l’existence « du maître des illusions » je me le suis procuré sur l’heure, de retour chez moi je me suis assise dans un coin de ma chambre et j’ai littéralement englouti les 200 premières pages .
J’ai tout de suite été séduite par ce groupe de jeunes étudiants cultivés qui passaient le plus clair de leur temps, perdus dans les vapeurs d’alcool et la littérature classique.
Henry riche à millions et extrêmement érudit, qui vous glace d’un regard et balade sa silhouette sombre et imposante dans les allées du campus, Francis raffiné et piquant avec ses allures de dandy et son pince nez, Charles et Camilla les deux jumeaux éthérés aux relations ambiguës et Bunny avec ses vestes usées et son rire reconnaissable entre mille …
On les découvre au début du livre à travers les yeux de Richard et il est dur de ne pas partager son enthousiasme, de ne pas vouloir intégrer ce petit groupe fermé, cette bulle extérieure au temps, qu’ils se sont inventé pour se couper d’un monde qui de toute façon ne les intéresse pas .
Mais comment parler des personnages sans évoquer Julian, le charismatique et mystérieux professeur de grec . J’avoue, je suis « tombée amoureuse » du personnage dés les premières pages, Julian a tout du mentor rêvé : brillant et magnétique, plongé constamment dans une sorte de flou assez attirant et déroutant ( malsain ? ).



Mais surtout il est le lien qui les unit tous, celui qui les fait se réunir chaque jour au Lyceum autour de tasses de thé, pour évoquer Homère, les orgies dionysiaques , la vie éternelle.
Voilà la toile de fond, voilà ce qu‘ils sont au tout début du livre, car les choses vont changer. Un soir une Bacchanale dans la forêt du Vermont, un acte motivé certainement par un mélange d’ennui et de curiosité, encouragé par un professeur qu’on a de plus en plus de mal à situer à mesure que l’histoire avance et tout leur petit monde, tout ce semblant de stabilité, le cadre familial qu’il avait tenté de se recréer lors de leurs week-end dans la maison de campagne de Francis va lentement se désagréger sous le regard d’un Richard ( et d’un lecteur ) totalement impuissant. Le sang entraîne le sang et Bunny a tort de sous estimer ses compagnons, le chantage est une spirale infernale.

Les masques vont tomber, les secrets vont être révélés, de souffrance en déception on découvre ce qui se cache derrière la façade de luxe et d’arrogance : la manipulation , l’égoïsme, la perversité …. Le désespoir ?
L’histoire est captivante Donna Tartt réussit avec brio à nous tenir en haleine durant les 700 pages et nous fait même regretter qu’il n’y en ait pas plus .
Je ne saurai trop vous conseiller de lire ce livre, d’aller par vous-même faire la connaissance de ces personnages, de les aimer ou de les détester, de les comprendre ou de les juger. Moi, ils m’ont accompagné pendant deux semaines et je ne le regrette vraiment pas. D’ailleurs, même encore maintenant, quand mon esprit vagabonde et que la lumière baisse un peu, j’ai toujours l’espoir fou de croiser l’un d’entre eux au détour d’un couloir, marchant d’un pas décidé avec un livre de grec ancien sous le bras .



Brünnhilde

4 commentaires:

Gromovar a dit…

Il va falloir que j'essaie.

Anonyme a dit…

OoOh ce livre me plait, je sens que je vais l'acheter et le lire !!

Sociopathe Eclairé a dit…

allez y essayez ,franchement il m'a vraiment emballée.


quant à toi, que ce ne soit pas une excuse pour sombrer un peu plus dans la débauche !



Brünnhilde

Anonyme a dit…

qui a parlé de débauche???