mercredi 25 juin 2008

Chronique d'une haine peu ordinaire n°5 - Traumatisme capillaire

Alors que la CIA vient d’avouer qu’elle utilisait la musique d’un générique d’émission pour enfants (l’équivalent de notre Casimir) comme moyen de torture à Guantanamo ou auprès des potentiels terroristes en la passant en boucle à un volume infernal, j’ai tout d’abord pensé à leur proposer de tenter l’expérience avec la discographie complète de Yann Tiersen. Manque de bol, il paraîtrait que ça les rend complètement fous au point d’avouer n’importe quoi et donc de livrer de mauvaises informations…
Heureusement, j’ai trouvé LA solution, pas plus tard que cet après midi en étant l’innocente victime d’actes aujourd’hui devenus trop banals. Vous croyiez que la torture avait été abolie en France ? Comme vous êtes naïfs… Il est grand temps de réutiliser ces méthodes barbares à des fins plus nobles et généreuses, c’est à dire éradiquer l’Axe du Mal et permettre à Monsieur Georges W. Bush d’aller au paradis.
Tout d’abord les instruments :
- le peignoir qui pue la mauvaise eau de Cologne
- le lavabo avec un trou pour la tête qui vous détruit la nuque jusqu’au coup du lapin (mais les « professionnels » vous en retirent juste avant le moment fatidique)
- les ciseaux mal taillés qui s’accrochent à la tignasse pour « enlever de l’épaisseur »
- la tondeuse qui semble s’étouffer avec les cheveux et émet des sons gutturaux assez inquiétants

Vous commencez à voir de quoi je veux parler ? Ça éveille en vous des souvenirs que vous aviez tenté d’enfouir le plus profond possible dans votre mémoire, n’est ce pas ?
Et ce n’est pas fini, il reste encore le rituel, ce fameux rituel auquel personne ne résiste, et surtout les bourreaux qui vous achèvent et font de votre passage un cauchemar.
Le supplice commence dès votre arrivée, à la première inhalation des effluves parfumées de shampooing, de laque et d’ammoniac mélangés qui vous rongent les poumons et vous font tourner la tête. Perdu, vous n’avez d’autre choix que de vous asseoir sur le premier fauteuil en cuir venu en attendant avec angoisse votre tour. C’est ici que commence la torture psychologique, progressivement, puisque vous n’avez d’autre choix que d’écouter les conversations creuses des ancêtres flageolants qui débitent des inepties météorologiques et médicales, ou bien lire les magazines people qui jonchent la table face à vous. C’est donc dans un état d’affaiblissement total que vient vous cueillir le premier bourreau, généralement de sexe féminin, en vous tendant le fameux peignoir et vous aidant à l’enfiler comme pour vous infantiliser et vous ridiculiser un peu plus. Celle-ci vous guide jusqu’au premier instrument briseur de cervicales et n’hésite pas à prolonger vos souffrances à l’aide d’une eau tour à tour brûlante et glacée, d’une inondation de shampooing que vous sentez vous décaper le crâne et d’un « massage du cuir chevelu » destiné à assurer son absolue domination.
La première épreuve passé, c’est au tour du bourreau en chef de vous affronter. La torture psychologique atteint son paroxysme lorsqu’il vous force à rester pendant une demi-heure, voire plus, face à un miroir où vous ne pouvez échapper à votre propre image, et une image de vous en plein châtiment, double humiliation ! Paniqué, vous indiquez vaguement au bourreau quel sort vous voulez qu’il réserve à vos cheveux tandis que vous constatez avec effroi son hochement de tête à l’expression de complète incompréhension, l’air de dire « oui, tu parles, je vais faire ce que je veux et t’as intérêt à être content ». Labourage de crâne, tirage de cheveux, écrasement d’oreilles, tout y passe, et les séquelles sont irréparables. Et je passe sous silence le résultat de ce génocide capillaire qui vous laisse neuf fois sur dix dans un état du frustration immense alors que votre bourreau, un petit miroir à la main, vous oblige à approuver d’un sourire hypocrite l’étendue des dégâts…
J’ai bien conscience que ces machinations perverses peuvent choquer les âmes sensibles et que nombreux d’entre vous se découvriront victimes à leur insu et pousseront peut être même le masochisme jusqu’à y retourner... Mais imaginez un instant cet arme redoutable placée entre de mauvaises mains. Imaginez le pouvoir de manipulation d’une personne qui en userait pour ses propres fins. Entre le lavabo et le miroir, vous pouvez même faire avouer à Staline qu’il a déjà lu Marx…

Une nouvelle torture qui dépasse l’entendement, allons nous nous en priver ?

Wotan

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