lundi 3 mars 2008

Chronique d'une haine peu ordinaire n°3

Dieu créa l’homme.
Et l’homme créa… la farine sur le pain.

Connaissez-vous la plus grande imposture de tous les temps ? L’invention la plus perverse que l’homme ait jamais mise au point ? La chose la plus insupportable à laquelle l’homme moderne doit faire face au quotidien ?
Eh bien oui mesdames et messieurs, il s’agit bel et bien de la farine sur le pain.
Avez-vous vu pratique plus abjecte ?
Certes pas, il n’y a rien de pire que ce petit fond de farine mesquine qui recouvre vos baguettes, se colle à vos doigts et laisse sur votre langue humide une pareille sensation d’avoir bouffé un kilo de poussière. Que celui qui ne s’est jamais épousseté en sortant d’une boulangerie me jette la première pierre…
Mais qui donc a bien pu mettre au point cette machination diabolique ? Pas un boulanger, c’est inconcevable, ce serait du pur sabotage. Peut être une confrérie secrète d’artisans sadiques dont le seul but et de vous pourrir la vie. Vous allez acheter, comme tous les samedis, un peu de pain dans votre petite boulangerie (et non un fournil !) et eux, là, tapis dans l’ombre, vous guettent et n’attendent plus que le piège se referme sur vous… Face à la vaste collection, vous prenez du temps pour répondre à la caissière au regard vide qui se tient plantée devant vous et attend, le bras levé et la main alerte, de saisir avec détermination le type de pain que vous choisirez alors que, avouons-le, c’est tout le temps la même chose. Vous finissez par désigner une jolie baguette de campagne « à l’ancienne » dont la teinte brune et la légère poudre blanche qui la recouvre vous laissent imaginer qu’elle a été faite artisanalement et est donc meilleure qu’une baguette surgelée de supermarché. Erreur. Mais vous ne pouvez plus faire demi-tour. Dès lors, tout va très vite : vous prenez en main la baguette et la plaquez contre vous le temps de régler, vous avez déjà senti le contact malsain de la farine mais n’avez pas eu le temps de réagir ; en vous retournant, vous admirez l’étendue des dégâts sur votre veste et regrettez déjà votre achat en vous rendant compte de l’épaisseur et de la ténacité inhabituelle de cette farine. Mais une fois de plus, vous continuez. Pendant ce temps la, les boulangers pervers vous observent et ricanent un peu plus à mesure que vous vous embourbez dans cette affaire. Et vous n’êtes pas au bout de vos peines. Dans la voiture, vous surprenez la baguette en train de vous narguer et, même si elle vous semble déjà moins appétissante qu’en présentoir, il est bientôt midi et vous avez faim. C’est là que tout bascule. Vous ne réfléchissez plus à vos mouvements, vous profitez d’un feu rouge pour vous pencher et détacher avec peine un croûton qui dépasse de son emballage en papier et l’engouffrez précipitamment dans votre bouche innocente. Les boulangers qui vous suivent rient alors à gorge déployée. Le choc a été terrible, vous n’avez rien pour rincer cette impression cotonneuse qui vous enrobe le palais et vous empêche de respirer. Utilisant vos dernières ressources, vous avalez dans une grimace le morceau de pain presque encore entier mais, sans vous rendre compte des enjeux de cette décision, vous ramenez tout de même la baguette chez en vous en songeant qu’elle pourrait plaire à quelqu’un…
Voilà comment ont été traumatisées des générations entières de consommateurs qui perpétuent ce crime tous les samedis et finissent mêmes par s’en habituer.

Offrez à vos enfants un monde meilleur que le votre…
Luttez contre ce fléau !
Refusez le despotisme des boulangers-farineurs !

À bas la farine sur le pain !



Wotan

2 commentaires:

Anonyme a dit…

niark niark niark les boulangers sont vraiment sadique, mais la plus sadique c'est en général la personne qui tient la caisse. Elle est la a faire des sourires hypocrite et des commentaires bidon sur notre choix "oh mais qu'elle gourmande dit donc" "a vous avez fini par vous laisser tenter" ba ouiiii evidemment sinon je ne serais meme pas rentrée dans la boulangerie. Ceci dit le coup de la farine sur le pain c'est quand meme très sadique je te l'accorde

Anonyme a dit…

C'est trop bien la facon d'on t'arive à decrire chaque petite moment irritant de la vie qui fond qu'elle est ... "uniique" mdr
nan serieux chapeeaau
laura n'avait pas mentii


Luciolette